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dimanche 23 novembre 2014,
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Maroc-USA
Quand Washington courtise Rabat
Dialogue stratégique et coopération militaire
Un combat commun contre le terrorisme

   
Maroc-USA Quand Washington courtise Rabat
Les Chefs des diplomaties américaine, Hillary Clinton, et marocaine, Saâd Eddine Othmani ont à charge de remettre les relations et la coopération entre les deux pays sur les bons rails

Washington et Rabat ont décidé de se lancer dès ce jeudi dans un «Dialogue stratégique». Bien que la délégation marocaine à cette rencontre soit conduite par le ministre pjdiste, Saâd Eddine Othmani, il faut rendre à César ce qui appartient à César: c’est Youssef Amrani, ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères et de la coopération qui a balisé le terrain pour assurer toutes les chances de succès à cette grande manifestation diplomatique. Celle-ci doit couper court aux rumeurs farfelues faisant état, ces dernières semaines, d’un «froid» dans les relations entre les deux pays, depuis que le Royaume a retiré sa confiance à Christopher Ross, Envoyé personnel du Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, au Sahara. La décision de se retrouver aujourd’hui à Washington et le thème choisi pour cette réunion ne laissent plus aucune place au doute: les deux pays sont des alliés stratégiques et comptent le prouver à la communauté internationale. Cette réunion est également synonyme d’une «reconnaissance» du Royaume en tant que «pilier régional majeur» incontournable.
En outre, bon nombre d’observateurs des relations maroco-américaines voient dans cette réunion autour du Dialogue stratégique entre les deux pays «une reconnaissance des avancées réalisées par le Maroc notamment dans les domaines des droits de l’Homme, des réformes démocratiques et d’ouverture». C’est ce qui constitue en soi un désaveu du rapport élaboré il y a deux semaines par la Fondation Kennedy. Sa présidente, Kerry Kennedy, a estimé, après une visite de trois jours à Laâyoune et seulement trois heures à Tindouf, que les droits de l’Homme n’étaient pas respectés au Maroc. Un rapport dont la partialité a été dénoncée tant par le gouvernement marocain que par les organisations de la société civile nationale.
Mais, il est certain que ce Dialogue stratégique ne va pas se limiter aux seules questions d’intérêt économique. Les observateurs estiment que les Etats-Unis «ont grandement besoin de partenaires stratégiques disposant d’une vision claire de ce que doit être une société ouverte et portée sur l’avenir». Ceci est d’autant plus important, comme l’a relevé un ancien diplomate américain, Michael Ussery, vu la situation qui prévaut actuellement dans la région du Moyen-Orient, d’Afrique du nord et dans le Sahel. A travers le lancement de ce Dialogue stratégique, Washington cherche à raffermir davantage ses relations avec le Maroc. Cela, dans le but de mieux appréhender les questions d’intérêt commun aux plans bilatéral, régional et international.
Même le prestigieux Washington Post a écrit mardi dernier que le Maroc est un «allié stable, un pilier et un point d’ancrage dans une région en proie à l’incertitude et à des soubresauts». Et d’ajouter que le Dialogue stratégique entre Washington et Rabat est aussi un «message destiné aux autres pays de la région, en ce sens qu’il les incite à s’inspirer du modèle de réformes marocain portant sur la modernisation de l’économie, la consolidation de l’Etat de droit et l’élargissement des droits de la femme et des libertés civiles». Le Maroc, souligne l’organe de presse américain, est «un exemple d’évolution politique réussie» dans la région du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord. Ce Dialogue stratégique constitue donc «le couronnement d’un partenariat construit avec diligence durant les treize dernières années sous trois administrations américaines», et vient raffermir une «relation et une coopération déjà fortes», notamment en matière de coopération militaire, écrit encore le journal. Il est évident que Washington ne peut continuer à pratiquer la politique de l’autruche et ignorer ce qui se passe en Afrique subsaharienne. Le terrorisme qui se développe dans cette partie de l’Afrique, ne peut laisser indifférent un pays qui porte encore les séquelles et les stigmates des attentats du 11 septembre 2001. D’ailleurs, Washington a tiré encore une fois la sonnette d’alarme prévenant de la collusion établie entre l’organisation terroriste, Al Qaida dans le Maghreb islamique (Aqmi) et le Front Polisario.

 

ALE, MCA et OTAN

Dans le cadre du Dialogue stratégique, les délégations américaine et marocaine vont également se pencher sur les moyens de renforcer le partenariat bilatéral notamment en donnant une plus grande impulsion à l’Accord de libre échange, entré en vigueur en 2006 et le seul conclu par les Etats-Unis avec un pays africain. Les avancées du «Millenium Challenge Account» (MCA), intervenu en reconnaissance des mesures en faveur de la croissance économique et de la lutte contre la pauvreté au Maroc seront également abordées. Autre sujet dont il sera question, le choix du Royaume en tant qu’allié majeur des Etats-Unis hors OTAN.

Jamal Eddine HERRADI