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L'économiste, le premier quotidien économique au Maroc

vendredi 28 novembre 2014,
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Liquidités bancaires
Le déficit va persister en 2012
Paiement de l’IS, des dividendes… les facteurs restrictifs sont nombreux
Seule une sortie à l’international pourrait le résorber

   

Le déficit de liquidité bancaire n’est pas prêt de s’estomper de sitôt, du moins pour les six prochains mois. Le besoin des trésoreries des banques, qui a atteint 60 milliards de DH (cf. L’Economiste du 16 juillet 2012) va, au contraire, poursuivre son aggravation. Plusieurs facteurs restrictifs devraient maintenir la pression sur le système bancaire dans les semaines et mois à venir, avance BMCE Capital Market (BKM). Le paiement du deuxième acompte de l’IS et l’accélération du rythme de levée du Trésor ne manqueront certainement pas d’assécher les trésoreries des banques. Le paiement des dividendes en faveur des actionnaires étrangers des sociétés cotées également. Il nécessitera au bas mot 9 milliards  de DH. A cela, il faudra ajouter les 4 milliards de DH pour le paiement des produits de monopole et participations de l’Etat via l’OCP, sans oublier, la sortie massive de la monnaie fiduciaire compte tenu de la période estivale, le ramadan et l’Aid, périodes traditionnellement propices à la consommation des ménages.
Pour faire face à la situation, Bank Al Maghrib qui est sans conteste le premier fournisseur de liquidité du système monétaire, va, sans doute, maintenir le rythme de ses injections à un niveau élevé. La dernière injection datant d’hier fait état d’un montant servi de 56,5 milliards de DH à travers ses avances à 7 jours, en plus des 15 milliards de DH de la pension à long terme. «Cependant, la contrainte du manque de collatéral pourrait limiter l’accès à ce canal de financement à quelques banques de la place», soutient BKM.
Le déficit de liquidité pourrait, cependant, s’alléger. Il faudrait obligatoirement recourir à un emprunt international via une émission en Euro bonds ou sur le marché américain. Il faut dire que le moment est propice. La Tunisie vient de lever un montant de 485 dollars sur le marché américain en bénéficiant de la garantie de remboursement de l’Etat américain de 100% sur le principal et les intérêts. «Pas sûr qu’il fasse pareil pour le Maroc qui a déjà failli au remboursement de sa dette en 1983», explique un économiste.
Ceci dit, les opérations de capital pourraient aussi exercer un effet expansif sur les liquidités bancaires. Le marché attend la finalisation de l’élargissement du flottant de Lesieur en Bourse ainsi que le closing de la vente des 38% du capital de Centrale Laitière à Danone (cf. L’Economiste du 28 juin 2012) prévu pour ce second semestre. En attendant, l’aggravation du déficit de liquidité obère quelque peu la capacité des banques à financer l’économie. «Notre scénario central prévoit un assouplissement des conditions de crédit, dans le cadre d’une politique monétaire expansionniste», suggère BKM. Et d’ajouter, «dans un contexte de maîtrise de l’inflation et d’un repli de l’activité économique, BAM devrait revoir à la baisse le principal directeur de 3 à 2,75%». En effet, la hausse des prix devrait rester modérée sur le reste de l’année 2012 pour se situer aux alentours de 1,4%. C’est un niveau inférieur à 1,7% prévu préalablement. De quoi permettre à BAM de faire un petit effort!

Solutions pour le commerce extérieur

Sous la pression du déficit commercial et de la stagnation des flux financiers entrants, les avoirs extérieurs nets sont en recul depuis décembre 2010. «La persistance de cette situation donnera lieu à un déficit chronique qui nécessitera non pas le recours à des leviers déjà existants mais à des mesures radicales pour sa résorption», préconise BKM. Deux pistes sont à surveiller.  «La possible taxation de certains biens de consommation, au travers de barrières non tarifaires, ou l’ouverture d’un débat sur la valeur de la monnaie domestique pourraient ainsi faire l’objet de réflexions».

M. A. B.