Entreprises

Mediaco se restructure dans la difficulté

Par L'Economiste | Edition N°:3817 Le 02/07/2012 | Partager
Les commissaires aux comptes refusent de certifier les comptes
Le management conteste leurs appréciations
Des perspectives meilleures pour la société

(Source: Finaccess-Six Financial Information)
Compte tenu de sa situation financière difficile, le cours de Mediaco est en forte chute. L’action cote à 46 DH, affichant une perte annuelle de 19%. Par conséquent, une bonne partie des sociétés de Bourse de la place ont suspendu leur recommandation sur la valeur

En attendant de trouver un accord avec ses principaux créanciers, Mediaco Maroc reçoit un gros coup sur la tête de la part de ses commissaires aux comptes. Comme pour 2010, ils se sont refusés à certifier les comptes annuels 2011 de la société. Et pour cause, ils se disent «incapables de s’assurer de la concordance des informations données dans le rapport de gestion du conseil d’administration destiné aux actionnaires avec les états de synthèse». Selon leur rapport, les remarques portent principalement sur les provisions constatées qu’ils jugent insuffisantes et certaines créances qu’ils pensent irrécouvrables. «La provision pour dépréciation des comptes clients, qui s’élève à 69,44 millions de DH contre 8,47 millions de DH l’an dernier, pourrait s’avérer insuffisante», indiquent-ils dans leur rapport. «L’issue des créances clients qui totalisent un montant de 46 millions de DH est aujourd’hui incertaine», est-il relevé. A cela s’ajoutent des créances sur des sociétés apparentées d’un montant de 16,72 millions de DH qui présentent, selon les auditeurs, des risques de non-recouvrabilité même s’ils s’estiment «dans l’incapacité d’en déterminer l’impact éventuel sur les comptes».
Pour Nicolas Mayet, PDG de Mediaco Maroc, «cette non-certification résulte d'une mauvaise appréciation du risque client de la part de nos commissaires aux comptes». D’après lui, «ce risque n'a pas augmenté, bien au contraire, un effort important de provisionnement a été effectué au cours de l'année 2011 atteignant 70 millions de DH».
En parallèle, Mediaco poursuit les négociations avec ses principaux créanciers, particulièrement les banques pour trouver un accord amiable au sujet de son endettement. Les sommes concernées se chiffrent à pas moins de 255 millions de DH (dont 50 millions de DH d’emprunt obligataire contracté en 2007). Il faut rappeler que la société, compte tenu d’une conjoncture difficile en 2010 et 2011, s’était déclarée incapable d’honorer ses dettes. Toutefois, elle a été déboutée de sa demande de mise sous dispositions des articles 560 et suivants du code du commerce relatifs au redressement judiciaire des sociétés en difficulté.
«A partir de ce moment, il était indispensable de se mettre à table avec nos créanciers pour négocier et en parallèle sauvegarder notre activité», confie Mayet. Il soutient, d’ailleurs, que différentes solutions seraient en cours avec les banques et espère «vivement clôturer des accords avant la fin de l'année».
Sur le plan opérationnel, le management s’est principalement attelé à «remettre en route l'activité pour retrouver la rentabilité». Selon nos informations, la société aurait déjà commencé à retrouver le chemin de la croissance malgré le ralentissement engendré par le règlement des conflits sociaux au cours du 1er trimestre (cf. L’Economiste du 13 janvier 2012). «L’excédent brut d’exploitation de la société, qui s’est équilibré au cours du premier trimestre, dépasserait les 2 millions de DH au terme du second quart de l’année», confie une source proche de l’entreprise. Dans ces conditions, le management aurait tout mis en œuvre pour clôturer les comptes semestriels de la société début juillet et ainsi parvenir enfin à faire certifier ses agrégats. Au moins ceux des six premiers mois!

Conjoncture plus favorable?

La conjoncture semble être plus favorable pour le secteur du levage et du transport en général et pour Mediaco (leader du secteur) en particulier. La société a pu ainsi remporter, en mars, le transport et la mise en place de 21 transformateurs 100 Méga WA (90 tonnes unitaires) pour le fabricant italien Getra commandés par l'ONE. A cela s’ajoutent les 3 autres transformateurs avec Alstom mis en place, en juin, sur le site de l'OCP à Khouribga.
Plus globalement, l'étendue des travaux du projet OCP à Jorf Lasfar et Khouribga (port, 10 unités de fabrication d'engrais...) devrait apporter à l'ensemble des sociétés du secteur la masse d'activité nécessaire pour les 4 prochaines années.

Moulay Ahmed BELGHITI

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