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mercredi 16 avril 2014,
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SNI: Méga deal sur Centrale Laitière
Danone va détenir 2/3 du capital
L’opération valorisée à 6,1 milliards de DH
Le marché disposera du tiers restant

   
SNI: Méga deal sur Centrale Laitière
Suite à la cession du contrôle de Centrale Laitière à Danone, le flottant en Bourse de la société sera porté à 33%. Il faudra toutefois passer par une offre publique d’achat obligatoire et une offre publique de vente

Et de deux pour SNI. Après Lesieur-Cristal, la holding vient de céder le contrôle absolu de Centrale Laitière à Danone. Les deux groupes ont, d’ailleurs, signé un protocole d’accord, hier, portant sur la cession de 37,8% du capital de Centrale Laitière pour un prix de 1.700 DH par action, soit un total du deal de 6,1 milliards de DH. Comparé au cours de 1.248 DH de la séance d’hier, qui a connu la suspension de la valeur, la prime ressort à plus de 34%.
Cinq fois plus grosse que celle de Lesieur, cette transaction est l’une des plus importantes de l’histoire d’une société cotée à la Bourse de Casablanca, d’autant plus qu’elle intervient dans un contexte difficile. Cependant, le deal doit être soumis à l’approbation des autorités de la concurrence, avant finalisation. Comme pour Lesieur, il faudra l’accord du chef du gouvernement, qui sollicitera probablement l’avis du Conseil de la concurrence. En pratique, cette procédure nécessite un délai maximal de 6 mois. Par conséquent, la réalisation définitive de l’opération est prévue pour fin 2012, voire début 2013.
Par cette opération, Danone, qui détenait déjà plus de 29,2%, monte sa participation à plus de 2/3. La présence de SNI sera, ainsi, réduite à 24%, dans un premier temps. Contrairement à Lesieur, le désengagement de Centrale Laitière présente un schéma différent. Dans cette opération, SNI cède la majorité absolue. «Au terme de la cession, Danone sera en effet l’actionnaire majoritaire, ce qui en soit diffère totalement de l’opération Lesieur», confie à L’Economiste, Ayman Taud, directeur de SNI. Cependant, le point commun entre les deux deal est l’élargissement des flottants en Bourse des deux sociétés cédées. Il faudra impérativement passer une offre publique d’achat obligatoire, c’est la loi! OPAO, à laquelle ne participera probablement pas SNI puisque son intention est de se désengager totalement via la Bourse. Raison qui justifie la réalisation ultérieure d’une offre publique de vente qui interviendrait après le «closing» de la transaction avec Danone. «Cette OPV aura donc lieu courant 2013», soutient Taud. A terme, le capital de Centrale Laitière sera réparti à hauteur de 67%  pour l’actionnaire de référence et 33% pour le marché. Ce qui permettra de rendre la valeur plus liquide en Bourse, elle qui a longtemps souffert de sous-liquidité compte tenu de la petite partie qui était ouverte au marché.   
A l’image de Sofiproteole dans le cas de Lesieur, le choix de Danone pour CLT est tout à fait naturel. Il s’explique par plusieurs facteurs. A commencer par la volonté du groupe français de renforcer sa présence dans le tour de table de CLT depuis le départ. «Danone a, en effet, manifesté son intérêt pour consolider sa participation dans Centrale Laitière, et ce dès que SNI a annoncé en mars 2010 sa réorganisation et son programme de cessions», affirme Taud. Au-delà, Danone est le partenaire historique de Centrale Laitière depuis des décennies. D’ailleurs, elle exploite la marque française depuis plus de 50 ans. De plus, «les deux sociétés sont liées par des accords d’assistance technique. Elles se connaissent bien et coopèrent de manière fructueuse», note Taud. Par ailleurs, le groupe Danone est également un partenaire historique de SNI. «Il s’agit de l’un des plus anciens actionnaires de l’ONA», rappelle le directeur. 
Ce changement ne devrait pas impliquer, selon nos informations, de chamboulement de gouvernance de la société et de stratégie de développement. A ce titre, CLT devrait accélérer sa croissance, en poursuivant le développement des filières laitières locales. Une stratégie qui va de paire avec les valeurs de Danone qui «favorise les actions de partenariat avec les acteurs locaux dans une logique de co-développement».       
Avec cette vente, SNI poursuit sa stratégie de réorganisation annoncée en mars 2010. La holding avait, alors, basculé vers une holding d’investissement et de portefeuille sans contrôle opérationnel au lieu d’un groupe industriel multi-métiers contrôlant opérationnellement ses participations. C’est ainsi que les produits de cession issus du programme de désengagement de SNI serviront principalement à soutenir la vocation d’investissement de la holding.

Grosse entrée de devise

Avec cette transaction, la sortie à l’international du Trésor pourrait être remise en cause. Compte tenu de l’importance de l’opération, ce ne sont pas moins de 700 millions de dollars qui devraient renflouer les caisses de l’Etat entre fin 2012 et début 2013. Reste à savoir si l’état des finances publiques pourra permettre d’attendre jusque là!

Moulay Ahmed BELGHITI