Culture

Festival de Fès des Musiques sacrées
Le bonheur de l’instant pour oublier la crise

Par L'Economiste | Edition N°:3802 Le 11/06/2012 | Partager
Une création hommage à Omar Al Khayyam
Gospel Blues et Idir pour enchanter les jeunes

Lalla Salma à l’inauguration du Festival des musiques sacrées de Fès.

COUP d’envoi du Festival de Fès des Musiques sacrées du monde, vendredi dernier. Une scène particulière à Bab Makina pour un spectacle création mis en œuvre par le réalisateur Tony Gatlif d’après une idée originale de Faouzi Skali, le directeur de l’événement.
A 21h, les officiels ont accueilli SAR la princesse Lalla Salma qui inaugure officiellement depuis 6 ans (13e édition) le Festival des Musiques sacrées de Fès. Vendredi dernier, elle était attendue à la sortie par une énorme foule. Comme pour chaque ouverture du Festival et ce, depuis deux ans, jeunes et moins jeunes accèdent à la place Moulay El-Hassan pour assister au concert inaugural qui devrait, par la suite, partir en tournée mondiale afin de promouvoir l’Esprit de Fès. «Sois heureux un instant», à l’affiche ce 6 juin, se produit devant des milliers de personnes. Sur scène, une trentaine d’artistes venus d’Ouzbékistan, d’Iran, d’Egypte, d’Inde, du Liban et bien sûr du Maroc. Ils ont célébré l’œuvre universelle du grand poète Omar Khayyâm qui symbolise le réenchantement du monde, thème de cette 18e édition du Festival. Deux heures durant, le spectacle a rendu hommage à la philosophie sereine de ce grand poète qui prônera une vie tournée vers le moment présent.
Cette pensée continue à travers le «Forum de Fès : une âme pour la mondialisation» qui a débuté le lendemain matin au musée Batha. Amie du Festival, Katherine Marshall (USA), conseillère du président de la Banque Mondiale, introduira cette première matinée par «les défis du monde actuel, la crise économique et financière et les repères de résonance trouvés dans les réflexions des intellectuels». Ce n’était qu’un prélude au débat qui s’en est suivi sur «le poète et la cité». Pour la sociolinguiste nigérienne, Salamatou Sow, «la générosité est la plus impressionnante des qualités chez les hommes. Chez les femmes, la beauté est aussi un point fort. Mais si l’on veut la générosité absolue, la vache est la femelle la plus généreuse, son lait nourrit les siens et les autres». Lors de ce forum, philosophes, penseurs, diplomates et intellectuels écoutent et réagissent par rapport à l’évolution du monde de l’après printemps arabe. Le but, leur dit l’essayiste français, Frédéric Ferney, est «de véhiculer la pensée de la sagesse et de trouver la voie de l’émerveillement pour sortir de l’enfermement et du désenchantement».
Par ailleurs, le public a aussi répondu présent sur la scène du musée pour le spectacle de l’Ensemble Gipsy Sentimento Paganini dirigé par Gyuszia Horvath de Hongrie. Le soir, le Gospel & Blues Ensemble s’est produit devant près de 4.000 personnes dont une majorité de jeunes. A Bab Boujloud, la soirée offerte gratuitement a attiré une marée humaine pour voir, entre autres, l’Algérien Idir.

 

Youness SAAD ALAMI

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