Les Cahiers de l'Émergence

Festival des musiques sacrées
10 jours de visibilité mondiale

Par L'Economiste | Edition N°:3801 Le 08/06/2012 | Partager
Joan Baez, Wadîi El Safi, Björk,… le programme In
Idir, Souiri, Hatim Idar,…le festival off

Parmi les stars du festival cette année, la chanteuse américaine Joan Baez, la soprano, souvent surnommée «la reine du folk», et l’excentrique musicienne et chanteuse islandaise, Björk dont le répertoire est si large qu’il est bien difficile de le faire entrer dans une catégorie musicale précise. Il reste très influencé par le pop avec des teintes punk et jazzy

LE Festival de Fès des musiques sacrées du monde, le Forum «une âme pour la mondialisation», et le festival dans la ville, démarrent ce week-end. Les trois événements se tiendront du 8 au 16 juin, autour de la thématique «Ré-enchanter le monde».
Pour Mohamed Kabbaj, président de la Fondation Esprit de Fès, organisatrice du Festival, «la nouvelle édition nous invite à renouer avec l’énergie de l’espérance qui seule nous fait regarder, comme dirait le poète, «plus haut que l’horizon», pour entrevoir, par-delà un monde largement désenchanté, la possibilité de lendemains qui enchantent. Les Musiques Sacrées du Monde sont, selon Kabbaj, déjà les mémoires vivantes de cette aspiration à l’élévation et à la transcendance. «A cette dimension émotionnelle il nous faut aussi rajouter celle de la réflexion et d’une force de proposition qui est la vocation même du Forum « une âme pour la mondialisation», poursuit-il. Et d’affirmer «une façon de réconcilier le cœur et la raison pour la réalisation de projets porteurs de sens. C’est aussi la vocation de la Fondation « Esprit de Fès »».
D’un coût global de 17 millions de DH dont la billetterie ne rapporte que 4 millions et le reste est pris en charge par les sponsors et partenaires, ce 18eme Festival de Fès promet d’offrir un programme à la fois riche et varié composé de concerts et de spectacles venus tout droit de Tunisie, d’Inde ou encore d’Egypte, avec notamment un hommage particulier au grand poète perse «Omar Khayyam». En fait, une centaine d’artistes venant des quatre coins du monde y participent. Il y a également des penseurs de haut niveau dont notamment Jacques Attali, Edgar Morin, et Katherine Marshall… qui animeront ses tables rondes sous le chêne du musée Batha. «Durant 9 jours, notre Festival cherchera à ouvrir une réflexion sur les causes profondes des transmutations qui traversent notre monde actuel tant sur un plan idéologique que politique et social», indique Faouzi Skali, directeur de l’Esprit de Fès.
Pour Skali, «la nouvelle édition sera une occasion d’entrevoir les possibilités de nouveaux rapports à celui-ci où la fatalité, et donc la dictature du fait accompli n’a plus de place». Plus de 200 journalistes couvriront l’évènement.
En termes d’audience, l’édition 2012 du Festival attirera encore plus de spectateurs que lors des années précédentes. Ainsi, selon Skali, pas moins de 100.000 personnes sont attendues cette année, sans oublier le festival «off» qui à lui seul en rassemblera entre 30.000 et 50.000 par soir. Y participeront notamment le Franco-algérien Idir, des vedettes marocaines comme Abderrahim Souiri, Fouad Zbadi, Badr Rami, Asmae El Azrak, Laeila Lamrini, Nabila Maâne, et Hatim Idar. Le Tunisien Lotfi Bouchnak se produira aussi sur la scène de Bab Boujloud. En parallèle, les nuits de la médina et les concerts soufis seront tenus à  Dar Tazi, le Musée Batha, Dar Batha, Dar Mokri, et Dar Adyel.
Comme pour ces endroits mystiques, le Festival qui a acquis au fil du temps une renommée universelle, se veut un espace de convivialité, de dialogue et de connaissance entre les cultures et civilisations du monde, à travers la musique sacrée. Côté programmation, le Festival rendra, dès son ouverture, un hommage posthume à un personnage du 11e siècle hors du commun. «Il s’agit d’Omar al Khayyâm, poète, homme de science, philosophe, spirituel, dont l’œuvre apparaît, on ne peut plus d’actualité, et dont les paroles seront mises en scène, pour l’ouverture de ce Festival, par le réalisateur Tony Gatlif», explique Skali. «Ce spectacle-création sera reproduit un peu partout dans le monde pour promouvoir Fès et son Festival», poursuit-il. Pour les autres concerts, cette 18e édition promet un voyage des chants du Maroc à l’Islande, d’Egypte à l’Inde, de Tunisie à la Hongrie, de France, d’Espagne ou d’Italie aux Etats-Unis. Dès l’ouverture, Tony Gatlif présentera, à Bab Makina, des artistes d’Asie centrale, du monde oriental et occidental dans une scénographie inédite. Le 9 juin, le public découvrira un extrait de l’opérette «La Comtesse Marica» de Kalman Imre. Avec l’ensemble Gipsy Sentimento Paganini dirigé par Gyuszia Horváth de Hongrie, le show est intitulé «Chante moi Tsigane, Chante moi ta chanson…Jusqu’à ce que les cordes se brisent en mille directions». Le soir, la place Bab Makina accueillera Wadîi El Safi et Lotfi Bouchnak pour un spectacle inédit. Le jazzman Archie Shepp, proposera un spectacle aux racines du Blues et du Gospel.

Fiesta dans la médina

L’enchantement sera également célébré aux détours des ruelles de la Médina pendant trois nuits successives par de nombreux artistes à travers des musiques tsiganes, cubaines, occitanes, des danses indiennes et un hommage sera rendu à Mahmoud Darwich dans une création de Rodolph Burger. L’artiste islandaise, Björk viendra à Fès pour présenter son nouveau spectacle d’hymne à l’espace et à la nature, Biophilia. Joan Baez, célèbre chanteuse populaire américaine,  pour sa part est programmée pour la clôture. Elle veut partager son engagement et son combat pour la liberté et la dignité humaine avec le public de Fès.

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