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Evénement

8% du PIB en déficit commercial!

Par | Edition N°:3785 Le 17/05/2012 | Partager
Il franchit la barre des 64 milliards de DH à fin avril…
… et dépasse la valeur de l’export de plus de 4 milliards de DH

Au terme des quatre premiers mois de l’année, le déficit atteint 64 milliards de DH. C’est 15 milliards de plus qu’en mars et 4 milliards de plus par rapport à la même période de 2011. Désormais, la facture représente plus de 7,8% du PIB. Sur les trois dernières années, c’est une bombe de plus de 20%. De quoi donner encore des frayeurs sur l’état de l’offre exportable et les effets sur la balance des paiements.
Cette année ne devrait pas faire exception. Plusieurs facteurs pourraient affecter la balance commerciale. A commencer par la flambée des cours des produits énergétiques dont le Maroc est fortement dépendant. A cela s’ajoute un recours important aux achats de céréales à l’étranger en raison des récoltes céréalières qui seront très «moyennes» cette année.
Au-delà de ces éléments, l’une des explications de ce déficit structurel tient aussi à la perte de compétitivité extérieure du pays. Même si la progression des importations ne représente plus le double de celle des exportations, elle reste tout de même plus importante que celle des nos ventes à l’étranger. En effet, lorsque les exportations progressent de 4,3%, les importations, elles, augmentent de 5,2%. Le même rapport est valable en valeur absolue. A fin avril, l’import culmine à plus de 123 milliards de DH tandis que les exportations ne se sont élevées qu’à 60 milliards de DH. Résultat: un déficit commercial qui se creuse de 6%. Sur les quatre premiers mois de l’année, il représente près de la moitié du déficit commercial de toute l’année 2011 et dépasse plus de 4 milliards de DH la valeur de l’export. Toutefois, le taux de couverture se stabilise à 48,2%.
La progression des importations reste en grande partie imputable à la flambée de la charge des produits énergétiques. Celle-ci s’est appréciée de près de 14% pour culminer à 32,3 milliards de DH. Cette évolution fait, notamment, ressortir un bond de 19,5% du gas-oil et de 22,8% du gaz de pétrole. Les importations de brut en revanche voient leur progression ralentir à 3,4%. Aux côtés de la facture énergétique, la majorité des biens et services importables augmentent, à l’exception des produits alimentaires, boisson et tabac (-11,2%) ainsi que des produits bruts (-5,6%). Les produits d’équipement progressent de 7,8%, preuve de la reprise des investissements des entreprises pour soutenir leur production. Les demi-produits font certes légèrement moins bien mais s’apprécient tout de même de 3,1%. Les importations de biens finis de consommation, pour leur part, s’accroissent  de 9,6%. Une hausse qui se matérialise particulièrement au niveau des voitures de tourisme (+10,4) et de leurs composantes (+39%) ainsi qu’au niveau des tissus (+12,5%) et des médicaments (+3,2%).         
A contrario, l’évolution de l’offre exportable du Maroc à fin avril fait ressortir la poursuite de la diminution de 1,6% des expéditions de dérivés de phosphates à 10,4 milliards de DH. Les exportations de phosphate, elles, se maintiennent (+15,7%) à 4,3 milliards de DH. 
Les produits alimentaires suivent un  trend baissier. Les expéditions de légumes frais vers l’étranger régressent de 53% et celles des agrumes de près de 19%. La baisse pour les conserves de légumes est moins soutenue (10%). En revanche les ventes de tomates fraîches à l’étranger stagnent. Les expéditions des produits de la mer font mieux. Les ventes de conserves de poisson marocaines se sont appréciées de 32% à 1,6 milliard de DH. Celles de poisson frais de 17%. Progression (8%) également pour les exportations de crustacés, mollusques et coquillages qui atteignent 1,7 milliard de DH.
De leur côté, la commercialisation de véhicules industriels à l’étranger a bondi de 62%, celle des voitures de tourisme a plus que doublé en raison probablement de l’effet Renault. Même tendance pour les expéditions d’huile de pétrole, lubrifiants, gas-oils et fuel-oils. Les exportations d’articles d’habillement, pour leur part, baissent pour ce qui est de la confection de vêtements à 6,5 milliards de DH. Les articles de bonneterie, eux,  progressent de 5,8%.

Méforme des transferts MRE

Au niveau des flux financiers, ce n’est pas l’euphorie. En raison du contexte difficile chez nos principaux partenaires européens, les transferts MRE ne progressent que de 3,7% à 17,7 milliards de DH. Dans ce sillage, le solde des ressources de voyages ressort en hausse de 3,9% pour se fixer à 13,6 milliards de DH. En revanche, les recettes des investissements directs étrangers se replient de 3,7% pour ne pas dépasser 8,6 milliards de DH.

M. A. B.

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