Habillage_leco
Régions

Fès/artisanat: Les zelligeurs en colère

Par | Edition N°:3755 Le 04/04/2012 | Partager
Smig, sécurité sociale, transport… les revendications
Ils souhaitent la sauvegarde de leur métier, pourtant réputé dans le monde

«Notre art et savoir-faire est en perte de vitesse. Pourtant, il est présent un peu partout dans le monde… il faut qu’il soit sauvegardé et soumis au code du travail en vigueur», scandent les artisans qui souhaitent que leur métier gagne en respectabilité

LE secteur de l’artisanat souffre d’une crise sans précédent à Fès. Autrefois grand pourvoyeur d’emplois (plus de 50.000 postes au début des années 2000), aujourd’hui, il est source de plusieurs maux et de sit-in en enchaînement. Le dernier en date est celui qu’ont initié, lundi, quelque 200 zelligeurs, devant le siège de la Chambre de l’artisanat. Ils y ont dénoncé leur situation précaire et appelé à des solutions immédiates.
«Nous sommes payés à 70 DH la journée. Nous ne bénéficions d’aucune couverture sociale… et notre situation se détériore de jour en jour et nous chômons dans la plupart du temps», dit l’un d’entre eux. Ce 2 avril,  c’est une forte mobilisation qui est constatée devant la Chambre sous l’œil vigilant des services de l’ordre. Ces mono-artisans ont profité de la présence de la presse pour évoquer les vrais problèmes. A commencer par l’absence de dialogue avec les responsables du secteur. Dans un dossier revendicatif qu’ils comptent présenter à l’autorité locale, ils dénoncent nommément le mutisme de Naji El Fakhari, président de la Chambre de l’artisanat (Parti de l’Istiqlal). Lequel était d’ailleurs absent lors du mouvement ainsi que Aziz Tachi, secrétaire général de l’UNTM-Fès, le syndicat du PJD. Ce qui laisse croire à une «guerre de positionnement» surtout en préparation des élections des chambres professionnelles. Essayant de couper la route à une telle rumeur, Tachi a noté que «la manifestation des artisans est saine de tout calcul politicien… et vise seulement l’amélioration de leur quotidien». En tout cas, loin des «combats de coqs» ardus à la veille des élections, les artisans ne demandent que justice et dignité pour leur profession. «Notre art et savoir faire est en perte de vitesse. Pourtant, il est présent un peu partout dans le monde… il faut qu’il soit sauvegardé et soumis au code du travail en vigueur», scandent-ils. «Nous réclamons le Smig, le paiement des heures supplémentaires, le droit au logement,…bref un travail digne», poursuivent-ils. 
Les manifestants affirment, par ailleurs, qu’ils ne profitent pas de congés et rares sont ceux parmi eux qui sont déclarés à la CNSS. Certains parlent aussi de l’absence de transport en commun et de l’insécurité au village artisanal Benjellik. Pour ce dernier volet, dès son lancement en 2010, l’opération de transfert vers Benjellik avait suscité de vives réactions de la part des potiers-zelligeurs. Elle s’inscrit dans le cadre de la délocalisation des activités polluantes à l’extérieur de la ville de Fès. Le coût de réalisation de ce projet (27 ha) s’élève à 33 millions de DH. De quoi regrouper les potiers-zelligeurs de la ville de Fès afin d’augmenter leur productivité, améliorer leurs conditions de travail et leurs revenus et les appuyer, entre autres, en termes d’équipement en fours à gaz, ce qui permettra d’améliorer la qualité et le volume de la production et de réduire l’impact négatif sur l’environnement... Des objectifs qui semblent difficiles à réaliser, surtout dans un contexte de crise.


De notre correspondant, Youness SAAD ALAMI

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc