Economie

Découverte de pétrole
L’étrange annonce de Longreach Oil & Gas

Par | Edition N°:3754 Le 03/04/2012 | Partager
La compagnie britannique avance des estimations de 2,1 milliards de barils et de 1.000 milliards de pieds cubes de gas
Foum Draa et Sidi Moussa, les zones de «découverte»
Silence gêné au ministère de l’Energie et à l’Onym

L’information suscite la prudence surtout après l’affaire Talsint. Le Maroc disposerait de «réserves abondantes» de pétrole et de gaz à Foum Draa du côté de Tan-Tan et à Sidi Moussa : les estimations pour les deux sites seraient en moyenne de 2,1 milliards de barils de pétrole et de 1.000 milliards de pieds cubes de gaz.  Le prospect le plus important, Apricot,  présenterait des ressources estimées à 584 millions de barils de pétrole.
Ces informations ont été publiées presque en catimini sur le site de la compagnie britannique Longreach Oil & Gas qui détient 7,5% des licences de Foum Draa et de Sidi Moussa. La compagnie s’appuie sur les  résultats des évaluations réalisées par le groupe Netherland, Sewel &Associates (NSAI). Les plus avertis préfèrent parler d’indices encourageants et recommandent d’attendre la suite des recherches avant de faire des commentaires. En tout cas, ni le ministère de l’Energie, ni l’Onhym n’ont confirmé ou démenti l’information(1). Le silence presque gêné des  autorités est une surprise. Le dossier Talsint et les faux espoirs suscités à l’époque par la découverte du pétrole, sont encore dans toutes les mémoires. En 2000, le ministre de l’Energie avait annoncé en grande pompe près de 2 milliards de barils de réserves, suscitant de l’enthousiasme dans la population. Le tout ponctué par un discours du Roi. Même la Bourse a été prise d’assaut par les entreprises qui pouvaient avoir un lien avec les activités de mise en exploitation.  
Mais aujourd’hui, place à la prudence. Avant  toute annonce, il faudra d’abord terminer les études, les vérifications…toutes les précautions nécessaires avant de donner de nouveaux espoirs. Il est même difficile de confirmer la présence d’une accumulation des hydrocarbures sans forages. Dans le processus de prospection, plusieurs opérations sont nécessaires, des études sismiques 2D et 3D, des forages stratigraphiques et des forages d’exploration..etc.
A en croire, les informations publiées sur le site de la compagnie britannique Longreach Oil & Gas, des forages seraient programmés mais auparavant, le groupement détenteur de la licence sur les deux sites serait à la recherche de partenaires industriels.  Sous-exploré, le Maroc a mis en place depuis 2003 un cadre fiscal incitatif qui a permis de drainer une trentaine de sociétés pétrolières internationales. Les concessions d’exploitation pour les gisements qui s’y prêteront sont accordées pour une durée de validité de 25 ans. Une prorogation de 10 années est possible. La part d’intérêt de l’Etat étant fixée à 25% maximum. Les entreprises bénéficient d’une exonération totale de l’IS pendant 10 années à compter de la date de mise en production régulière de toute concession d’exploitation. Aucune surtaxe n’est appliquée et tous les équipements sont exemptés des droits de douane et de la TVA. Les bénéfices et les dividendes des concessions d’exploitation et les actionnaires des sociétés concessionnaires  sont exonérés de la taxe sur les produits des actions, parts sociales et revenus assimilables. Ils sont aussi librement transférables en dehors du Maroc sans limitations pour les entités étrangères.

Un gazoduc de 55 km dans le Gharb

C’est au niveau de la région du Gharb et d’Essaouira, que l’Onhym dispose de gisements de production du gaz. Dans le Gharb, les gisements ne posent pas de problèmes d’exploitation et de commercialisation. Ils alimentent les usines de la région. L’Onhym dispose de réseaux de gazoducs d’une longueur globale de 213 Km dans le bassin du Gharb et de 160 Km dans le bassin d’Essaouira. Depuis février 2012, l’Office  en partenariat avec Circle Oil a réalisé un nouveau gazoduc sur 55 km dans la région du Gharb. Ce qui permettra d’accroître la capacité de transport afin d’alimenter les industries.

K. M.

A l’heure où nous mettions sous presse les responsables du ministère de l’Energie étaient toujours injoignables alors que les réponses de l’Onhym aux questions de l’Economiste n’étaient pas encore parvenues.

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