Evénement

Rapport de la Cour des comptes
RAM: Une flotte surdimensionnée

Par | Edition N°:3751 Le 29/03/2012 | Partager
La Cour dénonce la rémunération des membres du CA
Des billets gratuits et à vie aux anciens cadres supérieurs

Royal Air Maroc a eu droit au rapport le plus exhaustif des magistrats de la Cour des comptes. Le rapport revient de manière détaillée sur les différents dysfonctionnements qui ont entaché la gestion de la compagnie, sur la période 2004-2009. Le document formule des critiques sur la gouvernance, la gestion et l’exploitation de la flotte, la programmation des vols, les procédures de passation de marchés, la facture carburant ou encore «l’octroi d’avantages non justifiés aux membres du conseil d’administration et anciens cadres supérieurs…». Certes, le rapport est accablant, mais il peut paraître dépassé vu que plusieurs chantiers ont été ouverts depuis 2009. Le document revient sur la période 2004-2009, il a été rédigé en 2010 et publié en 2012.  Autrement dit, le contenu du rapport a déjà trois ans derrière lui. Entre-temps, une série de chantiers ont été enclenchés: plan de restructuration, départs volontaires, cession d’avions, rationalisation des dépenses, contrat-programme… Toute une stratégie de restructuration interne qui tire son fondement des recommandations de la Cour des comptes.  C’est la raison pour laquelle Driss Benhima (PDG) insiste sur «la contextualisation» des conclusions du rapport. N’empêche, la compagnie traîne de nombreux boulets liés à l’héritage et à la culture de l’entreprise. Sur ce point précis, les magistrats relèvent la rémunération et l’octroi d’avantages non justifiés, sous forme d’indemnités kilométriques, aux membres du conseil d’administration, qu’ils soient privés ou représentants de l’Etat. Une pratique qui est en contradiction avec les dispositions réglementaires  (circulaire 12/99 et 24/99 du Premier ministre) qui interdisent l’octroi de primes en nature ou en espèces aux membres du CA des entreprises publiques. La Cour des comptes dénonce également l’absence de convention relative au contrôle financier de l’Etat, tel que prévu par la loi n°69-00.
Le rapport révèle aussi des dysfonctionnements liés à la gestion du plan de flotte 2002-2012. Selon les magistrats, ce programme d’acquisition d’appareils ne s’inscrit pas dans une stratégie globale et claire qui prend en compte la composante financière et l’évolution de l’aérien sur une longue période (10 ans). La compagnie n’a pas eu recours à l’avis d’experts internationaux. De plus, le programme de RAM s’est basé sur l’acquisition d’appareils en propre au lieu d’affréter des avions compte tenu de l’aspect cyclique de l’aérien et des contraintes de souplesse de la flotte. Du coup, la flotte pâtit de manque de convergence. Une hétérogénéité qui a été accentuée depuis l’acquisition des Airbus A321 en 2004. Résultat: une flotte surdimensionnée qui a entraîné l’immobilisation de plusieurs appareils, un taux d’utilisation et un coefficient de remplissage des avions jugés faibles et par ricochet une rentabilité insuffisante. D’ailleurs, la situation financière de RAM s’est détériorée depuis 2009, aboutissant à une perte de 930 millions de DH en 2010 avec des conséquences lourdes sur les fonds propres et l’endettement, déduit le rapport. Résultat: malgré les annulations de commandes et reports de livraisons d’avions, la trésorerie sera déficitaire de 850 millions de DH en 2012.

Billets gratuits à vie...

Autre aberration signalée, et qui remonte à une circulaire interne datant de 2007, «les cadres supérieurs partis à la retraite bénéficient de facilités dans le transport». En clair, les présidents, directeurs généraux et directeurs adjoints ainsi que leurs épouses et enfants bénéficient de gratuité (100%) à vie et sans aucune limite, sur la billetterie! Curieusement, des représentants de l’Etat bénéficient également de cette gratuité sur les billets.

Amin RBOUB

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