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La consommation d’eau doublera en 2030

Par L'Economiste | Edition N°:3747 Le 23/03/2012 | Partager
En moyenne, 386.000 m3/jour actuellement
Lydec traque le gaspillage
22.000 fuites identifiées et traitées en 2011

Lydec développe une nouvelle expertise dans le diagnostic structurel des conduites d’eau potable. Ce qui permet d’avoir une vision précise de l’état du patrimoine et de réaliser des économies de la ressource

634.000 m3 d’eau potable est le record de consommation journalière enregistré par Lydec dans le Grand Casablanca. Ce chiffre a été atteint le 11 août 2010, coïncidant avec le premier jour du Ramadan de l’année. En 2011, la consommation moyenne d’eau s’est chiffrée à 386.000 m3 par jour. En suivant la tendance actuelle, cette consommation journalière pourrait atteindre 570.000 m3 en 2030. Les projections du Schéma directeur d’aménagement urbain (SDAU) de la région dépassent ce chiffre et fixent, dans 18 ans, la consommation moyenne d’eau potable à 600.000 m3 par jour. Comment couvrir les besoins actuels et futurs, surtout que l’on prévoit d’ouvrir 20.000 ha à l’urbanisation à l’horizon 2030? Allons-nous manquer d’eau dans les prochaines années? A l’occasion de la journée mondiale de l’eau, célébrée le 22 mars de chaque année, la Lyonnaise des eaux de Casablanca a organisé un atelier sur «la distribution de l’eau potable dans le Grand Casablanca». L’objectif est de présenter les résultats de son plan d’actions pour la préservation de cette ressource et de participer à la sensibilisation et l’information. 
En 2011, Lydec a distribué 186 millions de m3 d’eau potable, en hausse de 1,5% par rapport à 2010. Depuis le démarrage de son activité en 1997 à 2011, l’entreprise économise chaque année près de 34 millions de m3 d’eau, soit le volume nécessaire à une population de plus de 1 million d’habitants. «A partir de 2007, nous avons décidé de mener plusieurs approches et techniques innovantes pour économiser davantage la ressource», indique Serge Lescouet, directeur d’exploitation eau et assainissement de Lydec. Le délégataire adopte ainsi une nouvelle stratégie de recherche de fuites appelée «sectorisation périodique». «Cette technique consiste à découper le réseau en petits secteurs pour mieux déceler les zones où se situent les fuites lors de la surveillance des débits nocturnes», explique Lescouet. Testée en 2009 dans l’ancienne médina, la méthode a été appliquée courant 2010 au front littoral casablancais pour atteindre en 2011 la totalité du littoral, ce qui représente près de 70% du réseau.
Lydec poursuit ses opérations d’écoute des réseaux de desserte, effectuées généralement de nuit. Ce qui a permis de détecter et de réparer plus de 1.250 fuites invisibles en 2011. Au niveau des branchements et des compteurs des clients, ce sont 22.000 fuites qui ont été identifiées et traitées au cours de la même année contre 25.000 en 2010. Pour limiter les pertes en eau, la filiale du groupe Suez Environnement a révisé aussi ses principes de renouvellement des branchements et des compteurs de gros diamètres. Elle a ainsi procédé à l’équipement d’une centaine de grands clients de débitmètres électromagnétiques, en remplacement des compteurs mécaniques classiques, pour une mesure encore plus précise des consommations d’eau.
Parallèlement à cela, une nouvelle expertise a été développée dans le diagnostic structurel des conduites d’eau potable. Les inspections menées par les équipes de Lydec, complétées par des modélisations, donnent désormais une vision précise de l’état du patrimoine. L’ensemble des investissements réalisés et des actions engagées a permis, en 2 ans seulement, un gain de 3% du rendement du réseau d’eau potable, soit une économie de 5 millions de m3. A fin décembre 2011, le taux du rendement du réseau s’est élevé à 75,5%, sachant qu’il n’était que de 64,1% en 1996. Lydec projette ainsi d’atteindre les 80% d’ici 2015.

«Labelma»

En marge de l’atelier initié par Lydec sur la distribution de l’eau potable dans la région, une visite de «Labelma» a été organisée pour la presse. Ce nouveau laboratoire d’analyse de la qualité des eaux a été aménagé et réalisé par le délégataire pour un investissement de 16 millions de DH. Mis en service il y a à peine trois mois, ce laboratoire est équipé d’un matériel de pointe. Outre le contrôle de la qualité de l’eau potable, ce laboratoire prévoit de réaliser des analyses des eaux usées pour surveiller, notamment, les rejets issus des industries ou des stations d’épuration. Il compte ainsi proposer une expertise complémentaire aux tiers (industriels, régies, particuliers, etc.). Fin 2012, ce nouveau laboratoire devrait achever l’élaboration d’une cartographie des goûts et des odeurs de l’eau potable du Grand Casablanca. L’objectif est d’étudier les pistes d’amélioration de la qualité organoleptique de l’eau en concertation avec les producteurs. Labelma ambitionne de se hisser aux meilleurs niveaux des standards internationaux. Il a déjà lancé la démarche d’accréditation ISO 17025.

Bouchra SABIB

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