Analyse

Le Ramed, une manne pour l’industrie pharmaceutique

Par | Edition N°:3744 Le 20/03/2012 | Partager
Le programme est doté d’un budget de 3 milliards de DH
Une enveloppe de 2,3 milliards de DH allouée aux médicaments

Avec 400 DH de dépenses par an, le Maroc reste le pays le plus sous-médicalisé d’Afrique du Nord. Le Ramed devra permettre à 8,5 millions de démunis d’accéder à un même niveau de médicamentation que les personnes mutualisées

Nouveau souffle pour l’industrie pharmaceutique? Le budget alloué au programme Ramed s’élève à 3 milliards de DH pour 2012. Les professionnels s’attendent à un marché annuel d’environ 2,3 milliards dédiés à l’achat de médicaments destinés aux structures hospitalières. Toutefois, auprès de la tutelle, la prudence est de mise. Une chose est sûre: en 2011, le montant consacré à l’achat de médicaments a déjà atteint 1,5 milliard de DH.
A l’image de l’entrée en vigueur de l’assurance maladie obligatoire (AMO), le budget du Ramed contribuera sans doute à redynamiser l’industrie pharmaceutique. Rappelons qu’à fin 2011, le secteur a réalisé un chiffre d’affaires global de 8,3 milliards de dirhams contre 7,9 milliards en 2010. A lui seul, le générique représente 2,5 milliards de dirhams.
«Evidemment, l’impact de la généralisation de Ramed sur l’industrie pharmaceutique sera très positif. Le ministère de la Santé propose de procéder à des achats groupés de médicaments destinés à la prise en charge des malades, notamment chroniques», explique Hassan Semlali, chef de la Divion assistance médicale au ministère de la Santé. Autre proposition de la tutelle, le relèvement du montant des bons de commande de médicaments à 2 millions de DH au profit des hôpitaux au lieu de 200.000 DH actuellement. Reste à obtenir le feu vert du ministère des Finances.
La consultation publique n’est pas une démarche nouvelle, mais ce qui va changer, c’est le volume de la commande publique de médicaments. «Nous assisterons à une augmentation des appels d’offres. Ce qui entraînera inéluctablement une chute des prix», déclare Mohamed Houbachi, président de Polymédic. Toutefois, cette baisse ne se répercutera pas sur les clients des officines.
Une question subsiste tout de même : les laboratoires seront-ils capables de faire face à un accroissement de la demande de médicaments dans le cadre de la généralisation de Ramed? Selon Houbachi, «les unités de production pharmaceutique tournent actuellement à 40% de leurs capacités de production. Il suffira donc de redimensionner notre production en fonction de la nouvelle demande. Ce qui ne posera aucun problème, d’autant plus que même la matière première reste disponible».


Hassan EL ARIF

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