Société

Liberté de conscience
Pourquoi Ayouch prend position

Par L'Economiste | Edition N°:3743 Le 19/03/2012 | Partager
«Nous réclamons une position claire de notre pays»
Des partis politiques ont manqué de courage

«De quel droit peut-on interdire à une femme de porter le voile au travail si c’est-là son choix et sa volonté? C’est une forme d’ostracisme!», tient à préciser Ayouch

- L’Economiste: Quelle est votre définition de la liberté de conscience et votre position par rapport à la laïcité?
- Noureddine Ayyouch:
La liberté de conscience est en même temps une liberté de pensée, une liberté d’expression, et une liberté religieuse. C’est le choix que peut avoir chaque citoyen de croire ou pas, et de le revendiquer. L’article 18 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques la décrit comme suit : «Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion. Ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa religion, tant en public qu’en privé».
Tant que cela s’introduit dans la sphère publique, le respect est donc un cadre nécessaire. Respect des autres, mais aussi respect des religions. Dans ce sens là, je pense que le Mouvement alternatif pour les libertés individuelles (MALI) a fait l’erreur de ne pas respecter une religion, au-delà du message qu’ils ont voulu véhiculer.
Il existe différents types de laïcités. La laïcité à la française ne nous intéresse aucunement. Elle a prouvé ses limites. De quel droit peut-on interdire à une femme de porter le voile au travail si c’est là son choix et sa volonté? C’est une forme d’ostracisme ! La liberté de conscience trouverait tout son sens dans un état séculaire,  religieux, qui garantit cette liberté à tous ses citoyens.

- Pourquoi avoir attendu pour la tenue de ce colloque ?
- Nous nous devions d’attendre que l’agitation des élections passe pour que les intervenants laissent derrière eux leurs a priori politiques et la peur de la sanction électorale. Nous voulions que toutes les réactions émanent des consciences individuelles.

- Que proposez-vous pour un Maroc des libertés de conscience?
- La liberté de conscience était inscrite et proposée par la commission chargée de la rédaction de la nouvelle Constitution. Certains courants politiques (le PJD notamment), se sont élevés contre l’article la consacrant, et refusaient de voter la Constitution s’il était signé. Ce qui a manqué, c’est le courage de partis politiques historiquement de gauches, qui auraient pu réagir. La société civile ne pouvait s’ériger pour faire valoir ce droit au regard du manque de temps. Ce que nous réclamons aujourd’hui, c’est une position claire de notre pays. La liberté de conscience n’est pas différente du respect. Nous préparons actuellement un plaidoyer pour faire adopter la liberté de conscience par les partis politiques. Le but ultime étant, bien entendu, sa constitutionnalisation.
Propos recueillis par RA

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