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Analyse

Enseignement/Plan d’urgence
Premières victoires contre l’abandon scolaire

Par | Edition N°:3726 Le 23/02/2012 | Partager
380.000 élèves de plus inscrits en 2010-2011
29,5 milliards de DH engloutis en 4 ans

Après une longue absence, l’Istiqlal revient au ministère de l’Education. Cette fois-ci, dès sa première sortie publique, Mohamed El Ouafa annonce la couleur: «Le département, très important pour le pays, ne peut être accaparé par un parti ou un courant de pensée politique». Pour l’heure, son ministère procède à l’évaluation du plan d’urgence 2009-2012 destiné à accélérer la réforme de l’enseignement. Ce plan d’urgence a mobilisé 29,5 milliards de DH, dont 8,1 milliards pour 2009. Pour 2010, le ministère a consacré 6,5 milliards de DH et 7,4 milliards de DH pour 2011. Pour cette année, le département a réservé 7,37 milliards de DH.
En dépit des difficultés à réaliser toutes ces dépenses, le plan a insufflé une nouvelle dynamique. Ce qui a fini par impacter positivement le système d’éducation. Cela est perceptible à travers plusieurs indicateurs. L’un concerne l’amélioration du taux de scolarité. Pour les enfants âgés de 6 à 11 ans, ce taux a atteint 97,5% pour l’année 2010-2011 contre 91,4% en 2007-2008. On approche la généralisation de la scolarité. Même tendance haussière pour les enfants âgés de 12 à 14 et de 15 à 17 ans dont le taux de scolarité a atteint respectivement 79,1% (contre 71,3%) et 52,8% (48,1%). L’impact a été également positif sur le niveau de l’abandon scolaire qui a reculé. En effet, le nombre d’élèves scolarisés au primaire, au collège et au lycée a progressé pour atteindre 6,38 millions en 2010-2011 contre 6 millions d’élèves en 2007-2008, soit une progression de 5,8%. Pour l’examen de fin du primaire, le niveau de réussite a également augmenté pour atteindre 88,56% contre 81%. Pour la 3e année du collège, la hausse est de 5,75%. Elle est encore plus importante au baccalauréat puisqu’elle atteint 14,04%. L’une des premières actions du ministre a concerné la gouvernance. Mohamed Al Ouafa a annulé les modèles d’école proposés par le plan d’urgence. C’est le cas d’une école à Rabat, baptisée «école de l’excellence». Pour ses promoteurs, l’idée initiale est de réunir, dans un même établissement, les meilleurs élèves et professeurs. Le verdict du ministre est tombé: «C’est contraire à l’école de l’égalité des chances», dit-il. L’année prochaine, cet établissement reviendra au système éducatif normal. Idem pour le «lycée de référence» qui aura coûté 40 millions de DH. Là encore, la sentence est identique: la formule est contraire au principe de l’égalité des chances. En plus, «il n’est pas raisonnable de dépenser autant d’argent pour un seul lycée», souligne le ministre. Sur le chapitre du contrôle, Mohamed Al Ouafa a évoqué le rapport de la Cour des comptes sans entrer dans le détail. Le ministre n’a pas encore pris «le temps nécessaire de l’analyser». En tout cas, il compte organiser une grande réunion en mai prochain pour évaluer, avec les professionnels, tout le système éducatif.

Marge de liberté

Dès son arrivée au ministère, Mohamed El Ouafa a annulé deux notes circulaires (122 et 204). La première est consacrée à la gestion de l’emploi du temps, l’autre à l’approche par compétence. Ces deux décisions ont été applaudies par les centrales syndicales. «Trop de circulaires. Même les emplois du temps des enseignants sont tracés par des cadres de l’administration centrale au lieu de laisser cette tâche aux intéressés et aux directeurs des établissements», dit-il. C’est pour cela qu’il veut décentraliser pour laisser une marge de liberté aux délégués régionaux et aux directeurs des établissements.

Mohamed CHAOUI

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