Economie

8 ans d’espérance de vie gagnés depuis 1987!

Par | Edition N°:3725 Le 22/02/2012 | Partager
L’espérance de vie moyenne nationale est de 75 ans
En ville, on vit cinq ans de plus en moyenne qu’à la campagne
Le HCP vient de publier une nouvelle table de mortalité

Source: HCP
Du fait de la surmortalité masculine, qui est un phénomène observé sur le plan mondial, les femmes vivent, en moyenne, trois ans de plus que les hommes; l’espérance de vie à la naissance de la femme est de 76 ans contre 73 ans pour l’homme

Les assureurs comme les organismes de prévoyance sociale et de retraite vont scruter avec attention la nouvelle table de mortalité publiée hier par le Haut commissariat au plan (HCP). Cet outil leur permet de fixer les niveaux de cotisations et de prestations de leurs assurés. La table du HCP est basée sur des références de l’année 2009-2010, la dernière ayant été publiée en 1987, il y a près de 25 ans.
Les Marocains ont gagné 8 ans d’espérance de vie grâce, entre autres, à l’élévation du niveau de vie, à l’urbanisation, à l’accès aux soins, l’évolution du statut de la femme et la baisse de l’indice de fécondité, etc. L’estimation du nombre moyen d’années à vivre dès la naissance dans les conditions de vie de l’année de référence de l’enquête est de 75 ans contre 65 ans en 1987. C’est un élément de plus dans les débats sur la réforme des retraites dont le recul de l’âge de départ est un pilier central. En neutralisant l’effet de conditions de vie et de stage, pour les caisses de retraite, cette donnée signifie que chaque assuré toucherait une pension de retraite en moyenne 15 ans après la fin de sa vie active.
Du fait de la surmortalité masculine, qui est un phénomène observé sur le plan mondial, les femmes vivent, en moyenne, trois ans de plus que les hommes; l’espérance de vie à la naissance de la femme est de 76 ans contre 73 ans pour l’homme. De même, en raison de la surmortalité rurale, les citadins vivent, en moyenne, cinq ans de plus que les ruraux. L’espérance de vie à la naissance en ville est de 77 ans contre 72 ans en milieu rural (70 ans et 62 ans respectivement en 1986-87, soit un écart de 8 ans). En raison de facteurs biologiques et socioéconomiques, et comme c’est le cas dans la plupart des pays, la mortalité masculine est généralement plus élevée à la naissance que la mortalité féminine. Pour les enfants de moins de cinq ans, le quotient de mortalité des garçons est de 18% supérieur à celui des filles.
De même, sous l’impact de facteurs inhérents aux milieux de résidence, la mortalité rurale est plus forte que la mortalité urbaine quel que soit l’âge. Pour les enfants de moins de cinq ans, le quotient de mortalité qui est de 31 pour mille en milieu urbain passe à 42  pour mille en milieu rural, soit une surmortalité de 35%. Cette surmortalité rurale s’élève à 39% pour les enfants de moins d’un an et à 19% pour ceux âgés de 1 à 4 ans.
Ce désavantage en matière de mortalité des ruraux par rapport aux citadins et des hommes par rapport aux femmes concernent tous les âges, de 0 à 95 ans. La surmortalité masculine est plus accentuée en milieu urbain. En effet, les quotients de mortalité des hommes sont supérieurs de 40% environ, à ceux des femmes entre 10 et 55 ans, alors qu’en milieu rural, les rapports de surmortalité masculine à ces âges sont relativement modestes. Après 55 ans, les rapports de surmortalité en milieu urbain diminuent progressivement jusqu’à l’âge de 95 ans alors qu’en milieu rural, ils commencent à augmenter pour plafonner à 1,60  à 70 ans puis baissent progressivement jusqu’à l’âge de 95 ans.
Ces différences de mortalité entre milieux de résidence et à l’intérieur de ceux-ci, entre sexes, sont déterminantes dans le différentiel de niveau de survie, et corrélativement, dans les écarts de niveaux en matière d’espérance de vie ou de vie moyenne.

Le taux brut de mortalité en forte baisse

Entre fin juin 2009 et fin juin 2010, le taux brut de mortalité qui mesure le niveau de la composante  naturelle qui freine l’accroissement démographique, s’élève à 5,7 décès pour mille individus. C’est ainsi que sur dix mille individus, 57 sont décédés pendant l’année de référence de l’enquête contre 74 décès en 1987.

500.000 personnes touchées par l’enquête

La table de mortalité reflète le niveau de mortalité d’un pays et donne sa structure selon plusieurs caractéristiques sociodémographiques (âge, sexe, milieu de résidence, etc.). La table de mortalité de 2009-2010 est la deuxième du genre réalisée au Maroc après celle de 1986-1987. Elle a été élaborée sur la base des résultats de l’enquête à passages répétés réalisée auprès d’un échantillon représentatif de la population marocaine de près de 105.000 ménages, soit l’équivalent de 500.000 individus, enquêtés trois fois à six mois d’intervalle.

A. S.

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