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vendredi 28 novembre 2014,
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Education nationale
Les syndicats font reculer le ministère
Annulation de deux notes objets de discorde
Appel à proposition pour la refonte du statut des enseignants
Un calendrier de dialogue ministère/syndicats

   
Education nationale Les syndicats font reculer le ministère
Les mesures adoptées lors de la réunion de Mohamed El Ouafa avec les centrales syndicales permettraient d’atténuer l’intensité des grèves dans l’Education nationale. Parallèlement, une commission de résolution des conflits a été mise en place pour trancher les différends au sein des Académies régionales

Mohamed El Ouafa, ministre de l’Education nationale arrivera-t-il à mettre fin aux grèves récurrentes dans les écoles? Pour l’instant, il a réussi à séduire les centrales syndicales les plus représentatives. Des syndicalistes s’accordent à dire que leur rencontre avec El Ouafa, vendredi dernier, «était positive et a permis d’avancer sur plusieurs points concernant le dossier revendicatif des enseignants». Actuellement, «un regain d’espoir que les revendications soient prises au sérieux, est incontestable», avance Mohamed S’himad, secrétaire général de la Fédération libre de l’enseignement (UGTM). Cette réunion a permis d’aboutir à «la mise en place de mesures concrètes», note de son côté Allal Belarbi, secrétaire général du Syndicat national d’enseignement (CDT). Elle s’inscrit dans le cadre du programme de rencontres mensuelles mis en place en coordination avec le ministère. «Nous constatons une volonté de travail en commun afin de résoudre les problèmes des enseignants, sur la base d’une feuille de route précise», souligne Abdallah Attach, secrétaire général adjoint de la Fédération nationale des fonctionnaires de l’enseignement (UNTM). D’autres syndicalistes, à l’image de S’himad, estiment que le ministre de l’Education «s’est montré courageux en adoptant certaines décisions comme l’annulation des deux notes ministérielles (122 et 204)». Les représentants des enseignants soulignent que celles-ci, relatives respectivement à la gestion du calendrier scolaire et à la formation par la méthodologie d’intégration, «étaient l’une des principales causes des grèves et des sit-in organisés durant les dernières années». «Ces notes avaient été adoptées sans consulter les syndicats, qui se sont opposés à leur application», rappelle Attach. Le calendrier scolaire, «devra désormais être géré par les directeurs des établissements en coordination avec les enseignants», fait savoir Belarbi.

«Réhabiliter le rôle du directeur d’école en
l’impliquant dans toutes les questions relatives
à son établissement»

La formation par la méthodologie d’intégration, quant à elle, avait soulevé beaucoup de critiques. «Nous sommes satisfaits de l’annulation du contrat avec les coopérants étrangers qui géraient ce programme», avance le chef du syndicat affilié à la CDT. Ceux-ci auraient «profité de la naïveté des responsables précédents du ministère», de l’avis du représentant de l’UGTM. Aujourd’hui, «il n’est pas raisonnable de poursuivre l’application de ce programme au moment où 380.000 élèves quittent l’école à l’âge de 15 ans», affirme Belarbi. Les syndicalistes avancent qu’il est «important de réévaluer la stratégie de formation en se basant sur les compétences marocaines». La rencontre avec le ministre de l’Education nationale a également permis d’adopter des mesures pour «réhabiliter le rôle du directeur d’école en l’impliquant dans toutes les questions relatives à son établissement». Il est «responsable de l’opération éducative dans sa globalité, et devrait disposer des moyens nécessaires pour accomplir sa mission», ajoute Belarbi. Ceci devra être consacré dans le nouveau statut des fonctionnaires de l’Education nationale, prévu avant fin 2012. Il permettra de «dépasser les problèmes posés par celui de 2003, notamment pour le personnel des directions des établissements et les attachés éducatifs et économiques», de l’avis de Attach. «Ce nouveau texte accordera au personnel éducatif un statut spécial qui le différencie des autres fonctionnaires publics», ajoute-t-il. Les centrales syndicales les plus représentatives ont été appelées à formuler leurs propositions, avant d’organiser des rencontres entre le ministère et les partenaires sociaux pour aboutir à une version consensuelle. Autre motif de grève qui est en cours d’être résolu: les mutations des enseignants. Les syndicalistes affichent leur satisfaction concernant la décision de limiter la période annuelle des transferts à fin juin, et exceptionnellement au 15 juillet. «Cela permettra aux enseignants de se concentrer sur leur travail lors de la rentrée scolaire, en évitant les mouvements qui intervenaient souvent durant les mois de septembre ou décembre», explique Belarbi. Des critères seront également mis en œuvre pour pouvoir bénéficier du mouvement national. La rencontre a permis en outre de débattre d’autres points du dossier revendicatif des syndicats, notamment ceux relatifs aux logements et aux examens professionnels. Un calendrier des réunions, entre les syndicats et le ministère, a été fixé pour poursuivre les discussions.


M. A. M.