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mercredi 16 mai 2012,
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Lesieur/Sofiproteol: Prééminence aux Marocains
La transaction a été réalisée en Bourse vendredi
SNI a également cédé 13% aux institutionnels
Elle cèdera le reste de sa participation d’ici la fin du premier semestre

Lesieur/Sofiproteol: Prééminence aux Marocains

Lesieur Cristal vaut actuellement 108,10 DH après un gain de 8,10% depuis début janvier. La valeur remonte la pente après avoir chuté de plus de 31% en 2011. A noter qu’un split a été réalisé sur la valeur nominale de l’action en février 2011

   

NOUS sommes à la conclusion de l’opération de désengagement de SNI dans Lesieur Cristal dont L’Economiste a fait écho dans son édition du 13 juillet 2011.
Le feu vert des autorités de la concurrence a été suivi dans la foulée par les transferts d’actions en Bourse le vendredi 10 février. Sofiproteol a donc repris auprès de SNI plus de 11,3 millions actions Lesieur (41% du capital) à un cours de 115 DH. Cela valorise l’opération à 1,3 milliard de DH.
En dehors de cette opération, SNI surprend le marché avec la finalisation de la cession aux institutionnels. Cette cession était attendue plus tard dans l’année concomitamment à l’OPV. Mais, la holding a réalisé une sorte de pré OPV. «Nous avons pu avancer dans les discussions avec les institutionnels pendant que nous attendions les autorisations administratives pour l’opération Sofiproteol-Lesieur», confie à L’Economiste Aymane Taud, directeur à la SNI.
Les institutionnels, principalement la CIMR, la CMR, MAMDA MCMA et Wafa Assurance ont acquis 13% du capital au cours de 110 DH. L’écart de prix par rapport à celui de Sofiproteol s’explique sans doute par l’ancienneté des institutionnels dans le tour de table de Lesieur Cristal. Ils détenaient déjà 9% du capital. Ils le portent désormais à 22%.
«L’idée derrière cette cession est de garder une place importante aux investisseurs marocains dans le tour de table », révèle Taud. Effectivement, le pacte d’actionnaires prévoit une implication importante des institutionnels dans la gestion de l’entreprise. Ce sont eux qui nommeront le président de Lesieur Cristal.
L’entreprise fonctionnera désormais avec un Conseil d’administration avec à sa tête un président. Autrement dit, la fonction de PDG sera en quelque sorte scindée en deux. Le directeur général, lui, sera choisi par Sofiproteol. Selon Taud, «Sofiproteol maintient sa confiance au directeur général actuel». Samir Oudghiri occupe actuellement ce poste.
Les institutionnels seront également représentés dans les comités RH, d’audit ou encore stratégiques. « Il y a certaines décisions qui ne peuvent pas passer sans l’aval des institutionnels marocains », soutient Taud. «Nous avons voulu garder un certain équilibre dans la gouvernance de l’entreprise entre le partenaire international et les actionnaires marocains», poursuit-il.
A cet effet, Sofiproteol ne devrait pas se renforcer dans le tour de table, même si l’industriel français s’apprête à lancer une OPA sur les titres Lesieur Cristal. Il s’agit d’une obligation réglementaire qu’il doit remplir, pas d’une volonté stratégique de prendre le contrôle. En tout cas, «un mécanisme a été mis en place pour qu’il ne dépasse pas ce niveau », annonce notre interlocuteur
Dans une seconde étape, SNI cèdera au marché le reste de sa participation (22%) dans Lesieur Cristal avant la fin du premier semestre dans le cadre d’une OPV. Elle déposera la note d’information auprès du CDVM cette semaine. Il faut compter 2 à 3 mois pour que le gendarme de la Bourse donne son feu vert. Cette opération répond à la volonté annoncée d’élargir le flottant en Bourse de Lesieur Cristal. Il atteindra 37%.
Au niveau de l’activité, le rapprochement entre Lesieur Cristal et Sofiproteol devrait ouvrir de nouvelles perspectives à la société marocaine. Cela pourrait se traduire par une diversification des métiers, de l’offre et le renforcement sur certains segments. En 2010 et la première moitié de 2011, les indicateurs de rentabilité du spécialiste de l’huile étaient en baisse. Pour le premier semestre 2011, «les résultats sont mauvais en raison de la hausse des prix des matières premières et leur non-répercussion sur les prix de ventes», explique Aymane Taud.

 

Franck Fagnon