
L’OCDE veut encourager les élèves à terminer leurs études en améliorant la qualité des programmes d’enseignement secondaire professionnel, notamment les formations en alternance et en accordant une valeur équivalente aux différentes filières du secondaire
Aujourd’hui, de nombreux élèves ne maîtrisent pas les compétences élémentaires, et un élève sur cinq en moyenne dans l’OCDE abandonne l’école avant d’avoir fini ses études secondaires. C’est ce qui ressort du nouveau rapport de l’OCDE «Equité et qualité dans l’éducation-comment soutenir les élèves et les établissements défavorisés». Le taux d’abandon va de 2% en Corée à 58% en Turquie pour les 25-34 ans. En Espagne, en Grèce, en Italie, en Islande, au Mexique et au Portugal, il est de 25% ou plus. L’OCDE estime qu’en abandonnant l’école aussi tôt, ces jeunes n’ont pas le temps d’acquérir les compétences dont ils auront besoin dans le monde du travail actuel… L’abandon scolaire est aussi une des pathologies lourdes du système éducatif au Maroc. Au moins 250.000 élèves quittent le primaire et le collège tous les ans et personne ne sait ce que deviennent tous ces enfants (cf, www.leconomiste.com du 12/09/2011).
Le rapport de l’OCDE présente plusieurs recommandations pour améliorer l’équité dans les systèmes éducatifs afin d’aider les élèves désavantagés. D’abord supprimer le redoublement, qui est coûteux et inefficace. En Belgique, en Espagne, aux Pays-Bas et au Portugal, les coûts directs du redoublement représentent près de 10% des dépenses annuelles dans l’enseignement primaire et secondaire. L’amélioration des résultats scolaires est par ailleurs modeste et de courte durée. Puis éviter l’orientation précoce, qui pénalise les élèves placés dans des filières moins sélectives, sans pour autant améliorer les résultats d’ensemble. Il s’agit aussi de gérer le choix de l'établissement afin d’éviter la ségrégation. Au cours des 25 dernières années, plus des deux tiers des pays de l'OCDE ont décidé de donner plus de liberté aux parents pour inscrire leurs enfants dans l’établissement de leur choix, notamment par le biais d’établissements privés subventionnés. La plupart des pays de l'OCDE ne dépensent pas assez dans les services d’accueil et d’éducation des jeunes enfants (l’investissement dans l’enseignement supérieur est presque deux fois et demie plus élevé). Il faut non seulement cibler les dépenses sur les élèves et les établissements défavorisés, mais il peut aussi être utile de renforcer l’autonomie et la responsabilisation de ces derniers.
Fatim-Zahra TOHRY