
En 2011, la valeur des échanges s’est établie à près de 11 milliards de DH soit sensiblement le même montant réalisé en 2010. Il n’empêche que ce chiffre place la Grande-Bretagne en tant que 7ème client du Maroc et 9ème fournisseur du Royaume
LE Maroc se positionne désormais au cœur de l’agenda politique et économique du Royaume uni. Une importante délégation du groupe britannique de l’Union Interparlementaire (GB-UIP) effectue une visite de travail au Maroc depuis dimanche dernier. Laquelle se prolongera jusqu’au 17 février et sera marquée par plusieurs entretiens avec les présidents des deux Chambres du Parlement et des membres du gouvernement. Mais les députés britanniques accordent également un intérêt tout particulier aux relations économiques et commerciales. C’est dans ce cadre que s’insèrent les rencontres prévues avec le président du Conseil économique et social le DG de l’Agence marocaine de développement des investissements qui a ouvert l’année dernière une antenne à Londres.Le volet Droits de l’Homme est aussi présent dans l’agenda des députés britanniques.
Le GB-UIP compte déjà deux visites au Maroc. La première en 1999 dans un cadre bilatéral et la seconde, à l’occasion des travaux de l’Assemblée de l’Union interparlementaire tenus à Marrakech en 2002.
Une délégation du groupe marocain de l’UIP a été également reçue à Londres en 2005. Et en 2011, on a enregistré la visite au Maroc du ministre des Affaires étrangères, William Hague, et celles du Prince Charles. Sur le plan économique, la présence britannique se développe mais reste encore loin de la concurrence de la France, de l’Espagne ou de l’Italie.
En 2011, la valeur des échanges s’est établie à près de 11 milliards de DH soit sensiblement le même montant réalisé en 2010. Il n’empêche que ce chiffre place la Grande-Bretagne au rang du 7ème client du Maroc et du 9ème fournisseur du Royaume. De ce fait, le Maroc occupe la première place en tant que partenaire du Royaume Uni dans la région du Maghreb.
Energie, équipements industriels, textiles, produits chimiques, médicaments fruits et légumes frais et transformés demeurent les plus échangés. En ce qui concerne les investissements, un repli a été constaté en 2010 par rapport à l’année d’avant passant ainsi de 1 milliard de DH à 535 millions. Alors qu’avant la crise économique le flux des capitaux britanniques vers le Maroc dépassait la barre des 2,5 milliards de DH.
Dans le détail, les achats du Maroc ont totalisé 6,3 milliards de DH en 2010 enregistrant une hausse de 31% par rapport à l’année précédente. Mais plus des deux tiers des importations sont constitués de produits énergétiques et d’équipements industriels. Les demi-produits représentent aussi une part non négligeable soit 627,5 millions de DH. Ce qui veut dire que l’essentiel de nos acquisitions est destiné à l’outil de production. Le reste est constitué de voitures touristiques et de médicaments.
A l’export, le textile/habillement vient en tête avec une recette globale d’environ 2 milliards de DH. La bonneterie, ce produit à forte valeur ajoutée s’accapare 751,2 millions de DH alors que les articles confectionnés ont procuré plus de 1,2 milliard de DH en 2010. De sorte que la Grande Bretagne se place parmi les premiers donneurs d’ordres du secteur textile. C’est que le Conseil de coopération maroco-britannique, réuni lors de sa dernière session de janvier 2010 avait recommandé des actions concrètes en faveur des secteurs tels le textile, l’agroalimentaire, l’aéronautique et l’industrie automobile. Le secteur de l’agroalimentaire a ainsi réalisé un chiffre d’affaires à l’export de 542, 7 millions de DH. Sur ce montant, les agrumes et primeurs se taillent une part de 374,5 millions de DH alors que les conserves de poisson représentent le reste. Un autre secteur qui a aussi percé à l’export sur la Grande Bretagne est celui des composants électriques et électroniques. En 2010, les ventes de ces produits ont porté sur 623 millions de DH. Elles sont suivies par les expéditions des engrais chimiques et dérivés des phosphates dont la valeur a atteint plus de 515 millions de DH. Mais les relations commerciales entre les deux ne se limitent pas uniquement aux échanges de produits.
«Le marché britannique assure également un flux touristique totalisant quelque 300.000 visiteurs par an», signale Hugh Cleary, 2e secrétaire politique à l’ambassade de la Grande Bretagne à Rabat.
Le Royaume Uni abrite de son côté 70.000 ressortissants marocains, indique la même source.
Certification obligatoire
EN Grande Bretagne les chaînes de supermarchés demeurent les acteurs incontournables pour la distribution des produits alimentaires. Cependant, leur pénétration n’est pas chose aisée. Les groupes en présence ont développé une politique de «Category Management» basée sur l’expertise de partenaires qui leur fournissent un service complet (définition des gammes, segmentation, sourcing 12 mois sur 12 et garantie de la qualité).
La grande distribution britannique est en effet, très différente par rapport à celle des autres pays d’Europe. Pour l’approcher, il est nécessaire de passer par un organisme certificateur. Et la condition est quasiment valable pour tous les produits. Surtout pour ce qui est des groupes Tesco, Asda Sainbury et Morrissons qui concentrent 70% du marché de l’alimentaire.
A.G.