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mercredi 16 mai 2012,
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Investiture du gouvernement
Pourquoi l’opposition a voté contre
La réponse de Benkirane n’a pas convaincu
Mais, soutien accordé dans la lutte contre la corruption

Investiture du gouvernement Pourquoi l’opposition a voté contre

Le parti de Salaheddine Mezouar, à l’instar des autres partis de l’opposition, a voté contre le programme gouvernemental. Et pour cause, «l’absence d’engagements clairs et le manque de mesures concrètes pour sa réalisation»

   

Comme nous l’avions écrit sur nos colonnes quelques jours seulement après sa nomination à la tête du gouvernement, Abdellilah Benkirane a initié une rupture dans la nature du discours politique. Il l’a confirmé hier jeudi 26 janvier, lors de sa réponse aux remarques des groupes parlementaires. Le chef du gouvernement interrompait régulièrement la lecture de son discours soigneusement rédigé dans un arabe classique pour émettre des commentaires où fusionne la darija avec quelques mots en français. Il arrivait souvent à provoquer des applaudissements ou des éclats de rire de l’audience. Si le discours de Benkirane a suscité les applaudissements des membres de son parti et ceux de la majorité, il n’a pas toutefois convaincu l’opposition qui a voté contre son programme (218 contre 135). Pour les formations de la majorité comme l’Istiqlal, le choix était clair dans la mesure où ce programme «s’inscrit dans la continuité du chantier initié par le gouvernement conduit par Abbas El Fassi», a expliqué Kenza El Ghali, du groupe istiqlalien. Une démarche conciliante loin d’être adoptée par les partis de l’opposition, notamment le RNI qui «n’a pas voulu opter pour cette approche pour ne pas verser dans la logique du parti unique», selon Rachid Talbi Alami. «Nous aurions pu voter en faveur du programme s’il comportait des engagements clairs, et non pas uniquement des bonnes volontés», a-t-il estimé. Sa formation critique aussi «les généralités dans la déclaration gouvernementale qui n’apporte pas de réponses sur les méthodes de mise en œuvre des promesses». Même son de cloche chez le PAM, qui a clairement affiché son désaccord avec «la vision du gouvernement, la méthode de proposition des projets et de leur mise en œuvre», comme l’a souligné Abdellatif Ouahbi, chef du groupe parlementaire du PAM. Le député n’a pas manqué de rappeler à l’ordre le chef du gouvernement concernant certains sujets comme la modernité ou les droits de la femme. Ouahbi a toutefois assuré le chef du gouvernement de son «soutien dans la lutte contre la corruption». «J’espère que vous aurez le courage d’atteindre toutes les personnes impliquées quel que soit leur poste», a-t-il lancé sur un ton de défi.


MAM