
L’Association Lalla Salma pour la lutte contre le cancer maintient la mobilisation. La question du cancer utérin constitue un véritable problème de santé publique dans les pays en voie de développement. Plus de 800.000 femmes décèdent chaque année dans la région. Pourtant 40 % de ces cas sont évitables
L’introduction du vaccin anti HPV, une école africaine d’oncologie et un fonds régional de solidarité. Ce sont les trois axes du programme établi par les pays africains et ceux de la région Ména pour la lutte contre le cancer du col utérus. Une lutte qui sera désormais suivie de près par un comité interrégional pour le soutien des programmes de prévention. C’est que l’incidence du cancer du col utérin dans les pays de la région prend des proportions effrayantes. Un appel de
Marrakech vient d’être lancé aux Nations unies pour accorder une priorité à la lutte contre cette pathologie. L’appel a été solennellement lu à la clôture de la conférence internationale sur le contrôle du cancer au Moyen Orient et en Afrique qui a achevé ses travaux samedi dernier à Marrakech. Le conclave de trois jours était parrainé par les premières dames africaines et les princesses de la région et à leur tête, SAR Lalla Salma. La princesse marocaine préside une association portant son nom, pour la lutte contre le cancer et qui a été initiatrice de la conférence de Marrakech. Animée par des scientifiques et des professionnels de la santé publique de différents pays, la rencontre a traité de la prévention du cancer du col utérin, de l’accès aux soins et de la coopération dans ce domaine.
Des spécialistes de 25 pays et des experts de l’OMS y ont participé. Pour eux, le cancer du col de l’utérus est loin d’être une fatalité. Il peut être guéri à 100% s’il est dépisté à temps. Preuve en est le recul de cette maladie dans les pays développés. Malheureusement, la majorité des porteuses de cancer consultent trop tardivement le médecin, à un stade très avancé de la maladie. L’ignorance et l’indigence sont les plus grands facteurs de risque. Le plus effrayant dans les pays en voie de développement est le nombre de décès des femmes en âge de reproduction. Plus de 800.000 cas décèdent chaque an dans la région à cause du cancer. Pourtant 40 % de ces cas sont évitables. D’abord en prévenant correctement la maladie et ensuite en diminuant ses causes. Les experts recommandent ainsi une révision des politiques sanitaires avec des élaborations régionales de plan de prévention et de contrôle du cancer. De fait, la promotion de l’accès aux soins doit se faire d’une manière globale regroupant la chimiothérapie, la radiothérapie, la chirurgie et les soins palliatifs et assurée de manière intégrée dans les systèmes de santé.
Statistiquement, le cancer utérin risque d’atteindre une personne sur deux à l’avènement de 2020. Sans une lutte efficace, 75 % des cas pourraient être enregistrés dans les pays en développement. Il s’agit aussi de mettre en place des banques de données avec un suivi exact des taux de mortalité liés à cette pathologie et ce, dans chaque pays de la région. En outre, une coopération entre pays permettrait aussi aux pays les moins nantis de la région d’accéder aux techniques modernes et peut ainsi apporter de grands bénéfices en termes d’années de vie gagnées.
On l’aura compris. Dans cette lutte, un pan important va être accordé au volet formation et échange d’expertise. Les princesses et premières dames de la région Mena ont poussé à la création d’une école africaine d’oncologie. Elle est portée par un partenariat entre l’Association Lalla Salma, le groupe africain d’oncologie pédiatrique et le groupe marocain Saham et bénéficiera d’un programme de coopération entre les pays de la région. Le projet pourra voir le jour à Marrakech.
La cité ocre où vient d’être officiellement lancé le programme régional d’accès aux médicaments pour patients démunis, en marge de la conférence internationale. Mené par l’Association Lalla Salma pour la lutte contre le cancer, le ministère de la Santé en partenariat avec les laboratoires privés, ce programme permettra la prise en charge de 3.000 malades dans la région de Marrakech Tensift El Haouz.
Coopération
Quatre autres conventions portant sur les modalités de collaboration pour lutter efficacement contre le cancer ont été conclues avec le soutien de l’ALSC et du laboratoire Roche. Un programme de coopération sera mis en place dans quatre pays : le Gabon, le Mali, la Mauritanie et le Niger. Chaque convention implique ainsi une ONG du pays concerné. Au Gabon, il s’agit la Fondation Sylvia Bongo Ondimba pour la femme et au Niger de la Fondation Tattali Ayyali. La convention concernant le Mali associe quant à elle, la Fondation pour l’enfance à Colani Mali, filiale du Groupe Saham. Enfin pour la Mauritanie, la convention de coopération implique le Centre d’oncologie de Nouakchott, le CHU Ibn Rochd de Casablanca aux côtés de la Ligue mauritanienne de lutte contre le cancer.
B. B.