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mercredi 16 mai 2012,
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Transport maritime: La crise continue
La Comarit n’opère plus qu’avec un seul bateau
Après l’immobilisation du Biladi et du Marrakech, c’est au tour de l’Ibn Batouta
Avec une telle crise, l’opération MRE pourrait être compromise

Transport maritime: La crise continue

A la suite de la saisie de l’Ibn Batouta, la Comarit n’opère plus qu’avec un seul bateau, un ferry rapide desservant la ligne Tarifa-Tanger. D’autres bateaux, tels le Banassa, Al Mansour et le Boughaz sont en arrêt technique. En effet, lors de la basse saison, les compagnies réduisent le nombre de bateaux en service et en profitent pour faire des réparations

   

Ce qui devait arriver, arriva. La crise de la Comarit à Sète s’est propagée au Détroit. Jeudi dernier, un autre ferry de la Comarit a été mis sous saisie conservatoire au port d’Algésiras, sur demande d’un tribunal espagnol. Il s’agit de l’Ibn Batouta, bateau de la Comarit assurant le trajet Tanger
Med-Algéciras.
Selon l’entreprise en Espagne, le Batouta a été saisi pour des factures impayées mais la situation serait sur le point d’être résolue. A la suite de cette saisie, la Comarit n’opère plus qu’avec un seul bateau, un ferry rapide desservant la ligne Tarifa-Tanger. D’autres navires de l’entreprise, tels le Banassa, Al Mansour et le Boughaz sont en arrêt technique. En effet, lors de la basse saison, les compagnies réduisent le nombre de bateaux en service et en profitent pour faire des réparations. Mais la situation ne pourrait durer. En effet, c’est dans moins de cinq mois que devrait démarrer la campagne MRE et le manque à l’appel des quatre bateaux sur Algéciras de la Comarit pourrait nettement se faire sentir.
Actuellement sur la ligne Tanger
Med-Algéciras, seuls sont en service les bateaux de Balearia, Acciona et IMTC.
Selon certaines sources, il n’est pas à écarter que d’autres compagnies soient frappées par la crise actuelle qui sévit dans le monde du transport maritime marocain. En effet, le trafic maritime passagers a connu une régression assez marquée lors des dernières années. Sur les lignes Tanger-Sète et Nador-Sète, la chute a été de près de 11% par rapport à 2010. D’après les experts, cette ligne est difficile à rentabiliser puisque la part fret y est minime. Comparativement, la ligne Tanger-Algésiras est plus aisée en termes de rentabilité vu que la part du fret dans le chiffre d’affaires annuel est plus importante. Malgré tout, elle aussi est en perte de vitesse vu que les chiffres de 2011 laissent entrevoir une chute du trafic passagers de près de 6% par rapport à 2010 sur le Détroit. Les causes sont diverses : réduction du volume total des MRE de retour et concurrence féroce des lignes aériennes low-cost, entre autres raisons.
A cette chute s’ajoutent, selon différentes sources, l’augmentation des frais de combustible et d’entretien de la flotte. Avec des moyennes d’âge de 30 à 40 ans, la consommation en combustible est loin d’être optimale et l’entretien est de plus en plus cher, note-t-on au port de Tanger-Med.
L’exploitation d’un bateau comme l’Ibn Batouta sur la ligne Tanger
Med-Algéciras suppose des charges allant de 150.000 à 180.000 DH par jour incluant frais d’équipage, combustible, entretien et frais portuaires, entre autres. L’utilisation de bateaux modernes comme les ferrys rapides permettrait de réduire les frais d’exploitation mais à l’achat, ils s’avèrent très onéreux. A titre d’exemple, un ferry de dernière génération, comme l’Alhucémas que Balearia a mis sur la ligne Tanger
Med-Algéciras en juin dernier coûte la bagatelle de 90 millions d’euros, soit un peu plus d’un milliard de DH, hors de portée des possibilités économiques des armateurs marocains.
A Sète, la situation reste sans changement apparent. Le Biladi et le Marrakech appartenant respectivement à la Comarit et à la Comanav (rachetée à la CMA-CGM en 2009) continuent de rester amarrés de force sur ordre judiciaire au port de Sète. Les deux bateaux qui assuraient des connexions avec la ville de Tanger deux fois par semaine ont été contraints par voie d’huissier de justice à rester amarrés au quai suite à une lourde série d’impayés totalisant près de 3 millions d’euros (cf. leconomiste.com).
Les deux bateaux n’ont pas vu leur situation changer depuis le week-end dernier quand ils ont été interdits de prendre la mer. Si les 400 passagers bloqués ont trouvé une issue et ont pu pour la plupart regagner le Maroc, l’avenir de la ligne semble compromis. Le troisième bateau assurant la connexion avec le Maroc, le Bni Nsar, est lui aussi à l’arrêt. Appartenant à la Comanav, il n’assure plus depuis décembre dernier la liaison Sète-Nador et ce à cause de la baisse du nombre de passagers.

Ali ABJIOU