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mercredi 16 mai 2012,
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Grèves récurrentes
L’OFPPT pris entre deux feux
Intégration forcée des 2.400 formateurs en deux ans
Mais toujours pas de solutions pour les contestataires
Désaccord sur l’application du protocole

Grèves récurrentes L’OFPPT pris entre deux feux

Selon la direction de l’OFPPT, les grévistes ne correspondraient qu’à 8% de l’effectif global. De leur côté, les grévistes affirment mobiliser pas moins de la moitié du personnel des différentes régions

   

L’OFPPT se retrouve aujourd’hui piégé après avoir cru éteindre définitivement l’incendie par la signature d’un protocole de titularisation de 2.404 contractuels en juin 2011 sous la pression du gouvernement. Le protocole d’accord, signé en juin 2011 entre l’Office, le ministère de l’Economie et des finances et la Fédération nationale de la formation professionnelle relevant de l’UMT et de l’OFPPT, est au centre d’un bras de fer entre l’UMT et l’UGTM. Cet accord prévoyait l’intégration de 2.404 formateurs selon un rythme de 4 tranches suivant l’ancienneté. Le personnel avait profité à l’époque du contexte critique lié aux révoltes dans les pays arabes pour forcer l’adoption d’un accord réformant certaines dispositions du statut sur la formation professionnelle entré en vigueur en 2003. Cette réforme leur permettant par la même occasion d’être régularisés. Ce protocole d’accord a été, d’ailleurs, à l’origine d’une scission au sein du syndicat affilié à l’UMT, dont une partie d’adhérents a décidé de rejoindre l’UGTM. Ces derniers estimant que le protocole a été détourné de son objet. Malgré les pressions opérées par ce syndicat (grèves, sit-in devant le siège de l’Office, confrontations avec les militants de l’UMT), la direction de l’OFPPT continue d’appliquer les dispositions du protocole. Selon l’Office, 80% des engagements ont été réalisés et les points restants le seront dans les délais prévus par le calendrier arrêté.
La première tranche de l’accord a été réalisée dès sa signature en juin. Cela s’est traduit par le paiement d’une augmentation mensuelle de 600 DH correspondant à un coût annuel de 95 millions de DH, une hausse de salaire qui en principe ne devrait concerner que l’administration publique. Mais aussi par la suppression des échelles 1 à 4, faisant bénéficier 242 agents d’un revenu net mensuel minimum de 5.000 DH. Selon le management de l’Office, les augmentations de salaire ont concerné 1.593 agents classés aux échelles 1 à 12, sachant que la profession comprend 32 échelles.
Pour ce qui est de l’intégration des contractuels, pas moins de 660 agents remplissant les conditions prévues par le statut du personnel ont rejoint le statut de l’OFPPT ou ont été recrutés sur CDI pour ceux ne remplissant pas les conditions d’âge ou de diplôme. Les prochaines intégrations sont prévues, pour le même contingent, dès la fin du mois actuel. La troisième tranche est attendue pour juin 2012 et la dernière le 1er décembre de la même année, elle concernera les formateurs de moins d’une année d’expérience au moment de la signature de la convention.
Selon Halim El Hallam, DRH de l’Office, «44 agents titulaires de diplôme ont été reclassés et régularisés au mois de décembre 2011 et 33 autres cas seront réglés au cours de ce janvier». Le plus intéressant est que «les conditions matérielles offertes par ces contrats (CDI) sont plus avantageuses que celles offertes par la fonction publique», insiste-t-il. A titre d’exemple, les formateurs disposant d’un diplôme bac+5 bénéficient d’un salaire de 12.000 DH nets, contre 7.600 DH dans la fonction publique. Les formateurs licenciés pour leur part ont un salaire net de 8.500 DH contre 5.100 DH dans la fonction publique. Les grévistes auraient donc décroché le jackpot. A en croire le DRH de l’Office, «les contestations qui perdurent sont le fait d’une petite minorité, qui avoisine à peine 8% de l’effectif global des formateurs contractuels, et ce, pour des doléances non fondées». Les engagements pris par l’OFPPT et l’Etat dans le protocole signé mobilisent une enveloppe budgétaire de l’ordre de 300 millions de DH financés à raison de 50% respectivement par les deux parties. L’OFPPT a par ailleurs reçu son contingent de diplômés chômeurs -une soixantaine au total- que le gouvernement avait intégrés aux différentes administrations et services publics.

Pourquoi ils font grève

Malgré l’application des dispositions du protocole, les dissidents de l’UMT ayant rejoint le camp adverse (UGTM) poursuivent régulièrement les débrayages. «Notre objectif n’est plus de représenter les formateurs contractuels seulement, mais tout le personnel de la formation professionnelle», affirme Amimi Taoufik, membre de la Fédération libre de la formation professionnelle (FLFP) affiliée à l’UGTM. Pour ce syndicat, les revendications touchent non seulement au protocole d’accord de juin 2011, mais aussi au statut de la formation professionnelle en général. Pour la Fédération, des défaillances ont été constatées dans l’application du protocole d’accord, surtout en ce qui concerne le reversement, les contrats CDI et les échelons. «Ce n’est pas la forme qui dérange, mais les détails de l’accord qui ont été détournés de leur objet premier». La FLFP porte également un dossier d’ordre général, demandant, entre autres, la réforme du système de retraite et de la couverture sociale. Des demandes jugées «irréalistes et sans fondement» par la Fédération nationale de la formation professionnelle affiliée à l’UMT.

Ayoub NAÏM