Transport: Manque de repères
Fin de l’attentisme chez les opérateurs du transport? Au cours des deux mandats de Karim Ghellab, les professionnels se sont toujours plaints du fait que le département du Transport soit réduit à une simple direction au profit de super-ministère de l’Equipement. Or, de nombreuses réformes attendent d’être réalisées. Il s’agit d
e la réforme du transport de voyageurs, du transport touristique, de la mise en œuvre de la stratégie logistique… L’arrivée du Pjdiste Aziz Rebbah à la tête du département leur donnera-t-il raison? En tout cas, les professionnels du transport s’attendent à avoir plus de visibilité pour pouvoir investir. Le défi consiste d’abord à apurer le lourd passif des agréments de transport de voyageurs. En attendant, la CTM continue son programme d’investissement pour 2012. «Nous envisageons d’acquérir 30 nouveaux autocars afin de renouveler notre parc pour un budget de 60 millions de DH», annonce Mohammed Bouda, président du groupe CTM. Le transporteur achèvera les travaux de construction de la nouvelle gare routière de Tanger, dont le coût d’aménagement s’élève à 25 millions de DH. La livraison de la nouvelle gare est prévue pour 2013. Le programme d’investissement prévoit également la réalisation de la gare routière de Ouarzazate pour un budget de 12 millions de DH. Une enveloppe de 300 millions sera dédiée à la rénovation des gares routières et du système d’information de la CTM. Pour le transporteur de voyageurs par route, l’on ne peut parler de carnet de commandes. Toutefois, l’entreprise compte sur une clientèle stable. Par ailleurs, du fait que les nouvelles acquisitions d’autocars rentrent dans le cadre du renouvellement de son parc, la CTM ne prévoit pas de recrutements massifs, hormis le remplacement des départs.
Pour le secteur des importations de camions, les opérateurs manquent de visibilité. «Les ventes de camions continuent de stagner car l’Etat a suspendu les investissements», explique Allal Mansouri, patron de Sefamar Man, l’unité d’importation de camions de fabrication allemande. Par conséquent, l’industriel table sur le même niveau de ventes qu’en 2011. En revanche, pour l’activité carrosserie, le carnet de commandes de Sefamar Man est bien garni pour cette année. L’entreprise compte recruter une trentaine de personnes, dont 10 cadres. En fait, les besoins de l’unité industrielle, qui emploie déjà 500 personnes, sont plus importants. «Nous sommes toujours confrontés à la rareté de la main-d’œuvre qualifiée», signale Mansouri. Sefamar Man a déjà investi près de 25 millions de DH en 2010 pour l’acquisition d’un nouveau siège et la construction d’une unité dédiée à la fabrication de carrosseries. Par conséquent, l’entreprise ne prévoit pas d’autres investissements pour 2012.
H. E.
Logistique: Pas de récession
La construction de plateformes logistiques a le vent en poupe. Des infrastructures qui répondent à un besoin pressant. Plusieurs projets, réalisés par des opérateurs privés, ont déjà vu le jour à Casablanca. «Le secteur de la logistique ne connaît pas de récession et table sur une évolution de l’ordre de 15% en termes de chiffre d’affaires en 2012», explique Mohamed Talal, président de la Commission logistique/CGEM.
Opérant dans la l
ogistique aux côtés de la SNTL, Militzer & Münch ou encore Soft Group Logistique, la Voie Express compte recruter près de 80 personnes, dont des cadres, des agents, des caristes et autres conducteurs de chariots. Selon le management, les commandes continuent d’affluer, mais ce n’est pas encore de grosses transactions. Crise économique internationale oblige, les grandes multinationales sont dans l’attentisme. Toutefois, «l’achèvement du processus politique, avec la formation d’un nouveau gouvernement est de nature à rassurer les investisseurs internationaux qui manquaient de visibilité au niveau du Maghreb», précise Talal. De plus, comparé aux autres pays de la région, le Maroc est en avance dans le domaine de la logistique. Ce qui ne manquera pas d’attirer les entreprises internationales désireuses de se développer à l’étranger.
Pour sa part, Soft Group, l’un des plus importants opérateurs de textile, a déjà commencé à se diversifier en investissant dans la logistique. «Nous sommes en train de procéder à une étude de faisabilité pour la construction d’un nouveau parc logistique», annonce Abdellatif Kabbaj, DG de Soft Group. Une plateforme multimodale qui devrait être construite dans le quartier industriel situé entre Aïn Sebaâ et El Bernoussi. D’une superficie approximative de 15 ha, le projet intégrera différents types d’activités telles que la grande distribution, le froid ou encore le cross docking (déchargement et chargement de marchandises par petits camions). Le budget estimatif du projet serait d’environ 500 millions de DH. Un montant qui sera définitivement fixé une fois l’étude de faisabilité finalisée. Les travaux de construction devraient démarrer au cours du dernier trimestre 2012. Pour l’heure, la filiale Soft Logistique emploie une quarantaine de salariés, mais son premier parc logistique a généré près de 950 emplois chez les locataires tels que DHL Logistics, Geodis, Aramex…
H. E.
Energie: Maintien des investissements
A côté des appels d’offres lancés par l’ONE et Masen, qui vont générer du chiffre d’affaires et de l’emploi, les opérateurs privés dans le secteur de l’énergie poursuivent leurs investissements. A lui seul, le groupe Afriquia SMDC prévoit 228 millions de DH d’investissements pour cette année. Le tout assorti d’un plan de recrutement d
e 240 nouveaux collaborateurs, essentiellement dans son réseau de stations-service.
De son côté, après avoir déjà investi plus de 100 millions de DH l’année dernière dans la remise à niveau et l'extension de son réseau de stations-service, Vivo Energy Maroc, anciennement Shell Maroc, n’entend pas lever le pied. «Nous poursuivrons notre plan d'investissement cette année en accélérant encore le rythme», confirme Mohamed Raihani, DG et vice-président Afrique du Nord de Vivo Energy. Il confie que le groupe à des projets de développement «très ambitieux».
Par conséquent, il prévoit de «recruter du monde pour accompagner la croissance de nos activités». Le pétrolier, deuxième acteur en termes de parts de marché, table sur une croissance organique consolidant son portefeuille actuel, ainsi que sur le développement de ses activités dans l'ensemble des secteurs sur lesquels il opère.
Les prévisions de ventes du secteur dépasseraient 7,6 milliards de tonnes dont plus de 2,8 milliards pour le leader du marché Afriquia. Il est suivi de VEM (Shell) qui prévoit d’en écouler 961.553 tonnes, Total (822.988 tonnes) et Petrom (704.467 tonnes). Ce sont toujours les produits blancs qui viennent en tête avec plus de 5,7 milliards de tonnes prévues. En termes de parts de marché cumulées, les prévisions 2012 ne changent pas l’ordre. Afriquia 38%, Shell 13%, Total 11%, Petrom 9%. Les autres acteurs dont Oil Libya se partageront les 29% restants.
K. M. & B. T.