Régions

Meknès prépare un nouveau plan d’aménagement

Par L'Economiste | Edition N°:3689 Le 30/12/2011 | Partager
Sa réalisation confiée à un bureau d’études international
Elle nécessitera 22 mois de concertations et 9 millions de DH
Le futur schéma couvrira une superficie de 63.300 ha

LES études pour la réalisation d’un nouveau Plan d’aménagement (PA) pour l’agglomération de Meknès sont lancées. Elles sont confiées à un bureau d’études international qui travaillera en concertation avec l’ensemble des acteurs de la région. Initié à la demande de l’Agence urbaine de Meknès, ce projet nécessitera pas moins de 660 jours (22 mois) d’études et de concertations et 9 millions de DH d’investissement. «Ce plan devra mettre fin à toutes les dérogations qui sont devenues comme l’exception qui fait la règle en matière d’urbanisme. Nous voulons trancher avec l’anarchie qui affecte ce secteur mais aussi avec la surenchère et la spéculation du foncier», martèle, d’entrée de jeu, Mohamed Faouzi, wali de la région de Meknès-Tafilalet.
Le responsable qui réunissait, le 27 décembre dernier, l’ensemble des acteurs économiques, associatifs, et administratifs, n’a pas réussi, toutefois, à joindre, à sa rencontre, les présidents des Conseils régional et communal. Ces deux élus ont en effet brillé par leur absence. Mais ce n’est pas ce qui va arrêter le wali dans son élan. «Je veillerai aussi à ce que cette feuille de route soit réalisée dans une neutralité absolue et qu’elle respecte l’aspect historique, économique, et environnemental de la capitale ismaïlienne». Même son de cloche auprès d’Abdelali El Qour, directeur de l’Agence urbaine de Meknès (AUM). Celui-ci insiste sur le fait que le PA, dont les études viennent d’être lancées, sera un document urbanistique de «nouvelle génération». L’objectif est de faire une lecture critique afin de pouvoir gérer convenablement les opportunités de la ville. Notons que l’ancien schéma directeur de l’agence urbaine de Meknès a été homologué en 2001. Aujourd’hui, dépassé par les projets d’urbanisme, le schéma ne répond plus aux aspirations d’un développement harmonieux. Il est aujourd’hui nécessaire de créer une jonction entre les deux centres urbains de Meknès (Hamriya et la Médina), mais aussi de créer une jonction interquartiers. «Nous devons donc nous armer d’outils clairs nous permettant de tracer des stratégies de développement claires et d’atteindre un développement économique et social durables», souligne El Qour.
Selon lui, la situation actuelle montre la présence d’un certain nombre de dysfonctionnements et ce, en l’absence d’une stratégie de développement claire et partagée. Consciente de cette situation, l’AUM a initié une étude pour l’élaboration d’un Schéma directeur d’aménagement urbain (SDAU) du grand Meknès et des plans d’aménagement de l’agglomération de Meknès. Ceci, afin de répondre aux différentes problématiques posées. A commencer par «quelle vocation pour cette ville? Doit-elle se cantonner dans son rôle de ville agricole et de service ou peut-elle aspirer à devenir une plateforme d’échange et de création de richesse? Quel lien entretiendra-elle avec la ville de Fès ?...». Bref, l’élaboration de ce SDAU permettra de répondre aux impératifs du développement à travers une approche participative. Celle-ci se base essentiellement sur un diagnostic partagé avec les différents partenaires, une vision consensuelle de l’avenir de la ville, et l’identification des principaux axes d’une croissance économique durable. Sans oublier, une affirmation de la vocation économique en corrélation avec l’armature urbaine et le tissu économique national et international.
Sur le terrain, ce SDAU devra être à même de proposer des projets à mener à court, moyen et long terme. Notons que la superficie couverte par le futur schéma est de 63.300 ha englobant l’agglomération urbaine Meknès ainsi que les six communes rurales formant la couronne périphérique d’Ait Ouallal, Majjat, Sidi Slimane Moul Kifane, Dkhissa, et Dar Oum Soltane. Les plans d’aménagements accompagnant le Schéma directeur couvriront, pour leur part, les communes urbaines de Meknès,Ouislane, Toulal, Méchouar Stinia, et une partie de la zone périphérique, soit une superficie d’environ 15.000 ha, dont 6.400 ha non couverts par un document d’urbanisme. Ce travail fixera les règles d’occupation du sol et sera juridiquement opposable aux tiers. «Les futurs plans seront conçus en tenant compte de l’unité de la ville et veilleront à la mise en cohérence des différents plans d’aménagement déjà élaborés tout en intégrant les principaux pôles urbains limitrophes récemment développés ainsi que les projets structurants réalisés», est-il expliqué.
En tous cas, pour ses initiateurs, le lancement d’une vaste étude en ce moment précis marqué par de nouvelles dispositions constitutionnelles ayant donné plus de pouvoir aux collectivités territoriales est une opportunité pour Meknès. La ville et sa région devront ainsi mieux planifier leur avenir dans le cadre du projet de régionalisation avancée. Ce qui va permettre enfin de repositionner cette zone sur l’échiquier national et de redéfinir sa vocation et son rôle au sein de sa future région.

Retard

Le programme ville sans bidonville (VSB) accuse un retard de deux ans au niveau de Meknès. Un retard dont ne veut surtout pas parler le responsable de l’inspection régionale de l’Habitat. Conscient de l’ampleur de ce phénomène au niveau de sa circonscription, le wali Mohamed Faouzi, lui, affirme que les bidonvilles désormais annexés aux communes urbaines avec l’extension du périmètre de la ville ont rendu difficile l’annonce de Meknès ville sans bidonville en 2009.
D’autant plus que le phénomène concerne quelque 3.000 ménages. A en croire le responsable de la ville, la lutte contre l’habitat insalubre en général se poursuivra désormais sans aucun «laisser aller». «Nous nous donnons un délai de 2 ans pour solutionner définitivement ce problème», conclut le wali.

 

De notre correspondant, Youness SAAD ALAMI

Retrouvez dans la même rubrique

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc