Politique

Gouvernement: Comment le PJD choisit ses ministres

Par L'Economiste | Edition N°:3685 Le 26/12/2011 | Partager
Une procédure en deux étapes
Le SG n’intervient qu’en dernière étape

Si des noms comme Mustapha Ramid, Saâdeddine Othmani ou encore Abdallah Baha sont pressentis pour des postes ministériels, la procédure complexe adoptée par le PJD risque de déboucher sur d’autres profils inattendus

Ceci n’est plus une surprise pour personne. Le PJD est considéré comme l’une des formations politiques les mieux organisées qui fait de la démocratie interne l’un de ses principes fondamentaux. Les procédures et les critères prévus pour l’accession aux postes de responsabilité ont souvent été minutieusement respectés par les membres du parti de la lampe. C’était le cas lors du Congrès national mais aussi lors du choix des candidats aux rendez-vous électoraux. Fidèle à cette tradition, la formation de Benkirane a mis en place une procédure inédite pour le choix de ses ministrables, contrairement aux autres partis de la majorité dont certains ont délégué cette tâche à leur SG, à l’image du Parti de l’Istiqlal. Pour les membres du PJD, la mise en place de cette procédure est une «consécration de la démocratie interne et du principe de méritocratie dans la désignation aux postes de responsabilité». Elle découle également de l’article 29 de la loi organique sur les partis politiques qui attribue au Conseil national de chaque formation la compétence de définir la procédure de nomination aux fonctions politiques, ainsi que de l’article 13 du règlement interne du PJD qui impose à ses membres d’avoir l’accord du Secrétariat général pour occuper une fonction politique. Cette procédure de sélection permettrait de rompre avec les critiques liées à des choix basés sur des liens de parenté ou d’intérêts qui avaient entaché certaines nominations dans les gouvernements précédents.
Pour choisir ses ministrables, le PJD n’a pas fait dans la simplicité. Outre les critères classiques d’intégrité, de compétence, d’efficacité et de fidélité partisane, la formation de Benkirane a opté pour une procédure en deux étapes. Il s’agit d’abord de la proposition des candidats qui est effectuée par un comité présidé par le SG et composé des membres du Secrétariat général et de 36 membres élus au sein du Conseil national. Pour l’élection de ce comité, chaque membre du Conseil national propose 12 à 18 noms. Après le dépouillement des bulletins de vote, les 36 noms ayant obtenu le plus grand nombre de voix forment ainsi le comité de proposition. Cette étape a déjà été réalisée et ce comité est formé de plusieurs noms connus du parti comme Najib Boulif qui est arrivé en tête avec 109 voix et Mustapha El Khalfi, arrivé en 2e position avec une différence de deux voix. Ce comité ne comporte néanmoins que deux femmes, à savoir Soumia Benkhaldoun et Aziza Bakkali Kacemi. Cette procédure s’est poursuivie avec la réunion, samedi dernier, du comité de proposition après la validation de l’architecture du gouvernement et la distribution des portefeuilles ministériels. Car le choix des représentants s’est effectué après une présentation devant le comité élu de la structure du gouvernement et les attributions de chaque poste. La proposition des candidats s’est faite poste par poste en deux étapes. Dans la première, chaque membre du comité a proposé trois noms pour chaque poste. S’ensuit une délibération sur les profils des candidats, et un vote sur trois noms pour chaque poste. Après le dépouillement, le comité a gardé les cinq noms ayant obtenu le plus grand nombre de voix. Pour la 2e étape, chaque membre du Secrétariat général a voté pour un seul profil. Après le dépouillement, les trois noms ayant obtenu le plus grand nombre de voix ont été proposés au comité de candidature qui tranche. La réunion du comité de proposition s’est poursuivie jusqu’à une heure tardive afin de permettre à Benkirane de disposer de la liste des noms proposés. C’est lui qui choisit un candidat à chaque poste parmi les trois profils retenus. Il a néanmoins la possibilité de désigner un autre candidat, lequel doit toutefois figurer sur la liste des candidats aux autres postes ministériels avec l’aval de la majorité des membres du Secrétariat général. Voilà qui devrait couper la route aux tentatives d’imposition de certains profils en dehors des critères de méritocratie et de la légitimité de démocratie interne. La procédure permettrait également au PJD d’éviter les tensions internes issues de la compétition pour les postes ministériels qui ont souvent envenimé les relations au sein de certaines formations menaçant même leur stabilité.

Charte

POUR responsabiliser leurs représentants aux différents postes politiques, les dirigeants du PJD n’ont rien laissé au hasard. Outre la charte gouvernementale qui engage les ministres du PJD aux côtés des autres représentants de la majorité, des chartes internes ont été prévues pour les ministres et les députés du parti. Pour les ministres, la charte les engage sur le plan gouvernemental, personnel et partisan. Respect de la bonne gouvernance, consultation régulière du chef du gouvernement, respect des valeurs, déclaration du patrimoine, versement d’une cotisation de 20% du salaire… Autant d’engagements prévus dans la charte des ministres Pjdistes. Les parlementaires, eux, ont des engagements parlementaires et d’autres partisans. Il s’agit notamment de l’assiduité dans la présence au Parlement, le respect des décisions du groupe parlementaire, le versement d’une cotisation de 20 à 25% du salaire pour les élus locaux et de 25 à 30% pour ceux de la liste nationale. Ces derniers sont tenus d’appuyer l’action du parti au niveau central et dans les régions où la formation n’est pas représentée.

Mohamed Ali MRABI

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