Economie

Investissements publicitaires
La télé en perte de marché

Par | Edition N°:3667 Le 30/11/2011 | Partager
Elle recule d’environ 5% à fin octobre
Maroc Telecom, 1er annonceur

Source: Imperium
Sans surprise, les trois opérateurs télécoms accaparent la tête du classement des plus grands annonceurs du pays. Ils sont suivis par les fabricants des produits de grande consommation

IL fut un temps où les bonnes marchandises se passaient de publicité. Aujourd’hui, 4,6 milliards de DH sont investis au Maroc dans les médias. Des recettes plus importantes dans un paysage médiatique en mutation, avec de plus en plus d’agences, de supports et d’annonceurs. Pourtant, faute de transparence, des situations de mainmise persistent encore. Les supports médias ont connu pendant la dernière décennie un boom considérable. Aujourd’hui, 219 supports de presse publient régulièrement, 10 chaînes de télé sont opérationnelles et 20 stations radio diffusent en permanence. Face à cette croissance généralisée, chaque créneau a ses propres spécificités. Chaque année, un nombre important de supports écrits disparaissent dans un marché où les nouveaux entrants se font rares. Cette situation est attribuée à la baisse du nombre d’annonceurs ayant accès à la presse. Ils sont passés de 4.349 en 2010 à 3.883 en 2011. Conséquence: une stabilisation du nombre de journaux et une maturité du marché. Pour leur part, les entreprises d’affichage sont au nombre de 59 pour 4.504 panneaux (63,9% en milieu urbain). Les professionnels estiment que 973 agences de conseil en média sont en activité (63% à Casablanca). Mais le marché reste dominé par 5 grandes agences.
Si l’investissement global connaît une quasi-stagnation (-0,3%), la répartition du budget entre les différents supports est en pleine mutation. La part de marché de la télévision est passée de 40,2% en 2010 à 35,8% actuellement. Pour sa part, la radio a amélioré sa part de marché de plus de 2 points. La presse écrite accapare 90% du nombre d’annonceurs. Sans surprise, les télécommunications sont les principaux pourvoyeurs d’investissement publicitaire (1 milliard de DH à fin octobre). Elles sont suivies par l’agroalimentaire et les transports. L’essentiel du budget investissement va à la télévision, car les mesures d’audience par chaîne sont mensuellement publiées par Marocmétrie. Cela donne suffisamment de visibilité en termes de retour sur investissement publicitaire. «Dans ce sens, une première mesure d’audience radio sera réalisée le 1er décembre», annonce Sophia Jalal, présidente du Groupement des annonceurs du Maroc (GAM). Cette mesure apportera plus de dynamique à la radio. Côté entreprise, Maroc Telecom arrive en tête des annonceurs, suivie des deux autres opérateurs. Procter & Gamble, Centrale Laitière ou encore Unilever figurent également dans le top 10. Les publicités utilisées par ces marques sont essentiellement en français (70%).
Ces statistiques viennent apporter un éclairage dans une activité caractérisée par une forte opacité. Ce sont là les résultats d’une étude menée dans le cadre des Impériales du marketing et de la communication qui se clôturent ce mercredi 30 novembre. Les consultants de l’étude se sont voulus optimistes quant aux perspectives du marché. Ils estiment que les investissements publicitaires vont croître de 9,3% en 2012, principalement en faveur de la radio. Des prévisions qui ne font pas l’unanimité. «Ces chiffres sont plus optimistes que la réalité. Tous les médias créés ne font pas un marché», regrette Khalid Belyazid, DG du Groupe Eco-Médias (éditeur des quotidiens L’Economiste, Assabah et radio Atlantic). Cependant, ces prévisions sont réalisables si les médias s’adaptent aux changements que connaît le paysage audiovisuel avec l’avènement des réseaux sociaux. «Les marques seront plus visibles sur les réseaux sociaux, qu’elles le veuillent ou non», estime Noureddine Ayouch, président de l’agence Shem’s. Pour surfer sur cette vague, il faut que les agences investissent dans un département digital et surtout dans le recrutement d’un spécialise en réseaux sociaux. L’idée n’est plus d’adresser un message aux clients, mais d’échanger avec eux. Ainsi, l’entreprise doit être en mesure de répondre aux attaques, voire les anticiper. Quant à la création d’un réseau propre à chaque entreprise, certains professionnels estiment que Facebook, avec ses 500 millions d’adhérents, offre un marché colossal. Il serait dommage de passer à côté de 500 millions de clients potentiels.

Ilham BOUMNADE

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc