«L’ascenseur social est en panne»
Pour Nizar Baraka, une réforme de fond de la compensation ne pourrait se limiter à une réforme comptable ou basée sur une logique de réduction de dépenses. Elle devrait permettre de lutter contre la pauvreté, d’appréhender les objectifs du millénaire en matière de développement humain et de rompre le cycle intergénérationnel de pauvreté comme c’est le cas dans d’autres pays. «Nous avons un gros problème de mobilité et l’ascenseur social est en panne. Nous avons besoin de permettre à chacun d’avoir une égalité des possibilités», estime Baraka.
L’utilisation du gaz butane
Ce qui est extraordinaire par rapport aux petits agriculteurs, c’est qu’ils considèrent que ça leur permet d’être compétitifs. Les prix sur le terrain sont certes loin de ceux sur le marché. D’ailleurs, la réforme du marché de gros pilotée par Ahmed Réda Chami, ministre de l’Industrie, doit voir le jour pour mettre fin à la multiplicité d’intermédiaires. Le gouvernement avait émis un arrêté rendant obligatoire le passage par le marché de gros, mais qui n’a jamais été appliqué.
Farine nationale de blé tendre: les minotiers seront exclus de la distribution
«Là on est en face d’une grande hypocrisie. Tout le monde considère que le pain que nous achetons est lié à la farine nationale de blé tendre». Par rapport à ce produit, il existe plus de tolérance sur une augmentation du prix puisqu’il n’est pas vendu à son vrai prix. Dans la réforme de la farine subventionnée, le rural est de plus en plus ciblé. Un système pour assurer la traçabilité est mis en place. De plus un appel d’offres est lancé pour maîtriser le volet transport, pour s’assurer que la farine arrive sur place. «Il nous reste un point, le choix du commerçant. Aujourd’hui, c’est le minotier qui décide du choix du distributeur et du vendeur. Nous considérons que les minotiers doivent sortir de ce circuit», affirme Nizar Baraka. Et d’ajouter, «nous allons nous inscrire dans une logique d’appel d’offres avec un cahier des charges. Nous allons imposer l’affichage des quantités et les lieux de vente pour informer les citoyens. Il y a tout un système occulte derrière».
Structure des prix des produits pétroliers
La révision de la structure des prix des produits pétroliers en 2009 s’est traduite par la suppression du coefficient d’adéquation qui coutait entre 800 millions à 1 milliard de DH. A l’origine, ce dispositif devait aider la raffinerie (Samir) à se moderniser. «Si on avait gardé la même structure de prix, on aurait payé 3 milliards de dirhams de plus».
Subvention du fuel
Le gouvernement précédent n’a pas fait son travail. Les décisions n’ont pas été prises pour la mise en place de nouvelles capacités électriques à base de charbon. On s’est donc rabattus sur les turbines à gaz pour éviter les délestages, lesquelles consomment beaucoup de fuel. D’où la dépendance au fuel pour pallier. Aujourd’hui, nous avons lancé deux grandes centrales thermiques à charbon de 2.000 MW. Dès 2014, nous allons disposer de 2.000 MW de production. Et avec la signature du contrat d’approvisionnement en gaz avec l’Algérie, Tahaddart pourra fonctionner à plein régime. Et donc dès 2015 la facture du fuel spéciale aura considérablement baissée.
Khadija MASMOUDI