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samedi 25 octobre 2014,
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«Nous sommes prudents sur la relance»
Khaled Zribi, General Manager, CGF intermédiaire
La place reste fragile
Après la révolution, les investisseurs tunisiens ont repris la relève

   
«Nous sommes prudents sur la relance»  Khaled Zribi, General Manager, CGF intermédiaire

- L’Economiste: La Bourse présente-t-elle toujours un potentiel négatif?
- Khaled Zribi: Globalement, le Tunindex a réussi à limiter ses pertes, en oscillant tantôt dans le rouge, tantôt dans le vert. Fondamentalement, ces hausses ne sont pas justifiées et, à notre avis, le marché n’a pas encore intégré complètement la baisse des profits attendue pour 2011. Selon notre bureau de recherche, le marché actions tunisien présente un potentiel négatif de 4,94%. Nous pouvons confirmer qu’il a montré une bonne solidité, soutenue en grande partie par les investisseurs tunisiens qui ont pris la relève des investisseurs étrangers (en portefeuille et non pas les investisseurs stratégiques) ayant «rationnellement» quitté leur position. Les opérations effectuées par les investisseurs étrangers sur les titres de capital dégagent un flux négatif de 19 millions de dinars tunisiens sur le premier semestre 2011, puisque le «risque» de la Tunisie a augmenté après la révolution.

- Quid des sociétés adossées à la famille de l’ex-président?
- Parmi les sociétés adossées à la famille de l’ancien président Ben Ali, et en prenant comme critère la performance en Bourse, Carthage Cement (dans son tour de table nous trouvons Belhassen Trabelsi, beau-frère de l’ancien président) a été nettement au-dessus du lot, avec une performance de plus de 18,7%. La valeur a suscité l’intérêt des investisseurs locaux ou étrangers, et a été le titre le plus échangé depuis le début de l’année (environ 200,3 millions d’actions depuis le 1er janvier 2011). Ennakl, détenue par Princesse Holding à hauteur de 60% (ancien holding de Sakher El Materi) n’arrive pas toujours à remonter la pente, et le titre en Bourse accuse une perte de plus de 24%. Ennakl est pénalisée par l’absence de visibilité sur le système de quotas et cette problématique ne sera pas traitée avec un gouvernement provisoire. Cependant, le titre pourrait présenter un aspect spéculatif lié à la vente du bloc majoritaire qui était détenu par Sakher El Materi, d’autant plus que la société est dotée d’une structure bilancielle caractérisée par un excédent de cash très important.

- Quelles sont les perspectives d’évolution?
- Nous sommes plutôt prudents sur la relance du marché tunisien. Notre sentiment peut se justifier par la fragilité de la place face aux perturbations politiques de la région Mena, au vu d’investisseurs, majoritairement des particuliers et donc extrêmement frileux, l’instabilité de la situation socioéconomique en Tunisie. S’ajoutent aussi la chute de la capacité bénéficiaire des entreprises cotées attendue pour 2011 et qui est accentuée par une hausse de leur facture sociale, et finalement la crise financière internationale qui touche particulièrement notre principal partenaire commercial, à savoir l’Union européenne.
Concernant les années à venir, nous sommes plutôt optimistes, avec la reprise de l’activité économique nationale prévue pour 2012 ainsi qu’un retour à la normale, voire plus intense, du commerce avec la Libye.

Propos recueillis par Y. M.