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mercredi 16 mai 2012,
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Cimenteries, le big bang Sefrioui
Le marché se prépare à la guerre des prix
Près de 5% de baisse en moyenne depuis l’arrivée du nouvel entrant
1,5 milliard de DH de chiffre d’affaires pour 2011

Cimenteries, le big bang Sefrioui  Le marché se prépare à la guerre des prix

A l’instar de l’usine de Ben Ahmed, la cimenterie de Beni Mellal a une capacité de production de 1,6 million de tonnes par an. Elle a nécessité un investissement de 2,5 milliards de DH

   

Si l’arrivée d’un nouvel opérateur dans le secteur du ciment est passée inaperçue auprès des consommateurs, chez les cimentiers l’événement a eu l’effet d’un électrochoc. La discrétion est un choix délibéré de la part du management de Cimat, qui a préféré abattre un travail en profondeur. «Nous avons privilégié le contact direct avec nos clients pour faire connaître nos produits», explique Hatim Khattabi, directeur marketing et commercial de Cimat. Et la réaction du marché a été positive. Pour les concurrents, l’entrée en scène du nouveau cimentier a donc fait beaucoup de dégâts. En effet, Cimat a non seulement absorbé l’équivalent de la progression du secteur (quelque 6%), mais a également grignoté des parts de marché auprès des autres opérateurs. Selon un expert, les cimentiers étaient habitués à des marges confortables et Cimat va bousculer les habitudes. Premier impact, la baisse des prix et du volume d’activité en faveur du nouvel entrant. Et le management de Ciments en est conscient. «D’anciens fournisseurs accordent des bonus et des remises pour récupérer leurs clients. Et c’est de bonne guerre», précise Anas Sefrioui, président de Cimat. Depuis l’arrivée du nouvel entrant, la baisse du prix du ciment est estimée par Khattabi à environ 5%, selon les régions. Une baisse qui ne risque toutefois pas d’impacter le prix de l’immobilier. «Dans le prix d’un bien immobilier, le ciment ne représente que 10% du coût de construction», explique le directeur commercial de Cimat.
Opérationnel depuis avril 2010, le nouveau cimentier détient déjà 9% de part de marché. A terme, le business plan prévoit 14% avec les deux usines. Quant au chiffre d’affaires, il s’est établi pour les 8 premiers de 2010 à 500 millions de DH. Pour 2011, il devra atteindre 1,5 milliard de DH, déclare-t-on auprès du management.
Depuis l’arrivée de Cimat, la capacité de production de ciment actuelle s’élève à 18 millions de tonnes. Le marché est donc en surcapacité. «Il serait aberrant de dimensionner la production en fonction de la consommation», explique Mohamed Naciri, directeur d’exploitation. De plus, la demande se caractérise par sa forte saisonnalité. Les ventes de ciment ont d’ailleurs baissé de moitié au cours de l’été en raison du mois de Ramadan. Pour écouler les 3,2 millions de tonnes de ciment, Cimat compte multiplier les partenariats pour assurer des débouchés. Une convention a déjà été signée avec l’Office national du chemin de fer (ONCF). Ainsi, cinq plateformes seront construites et raccordées par voie ferroviaire pour arroser cinq régions : Casablanca, Fès, Marrakech, Tanger et Rabat. La cimenterie de Ben Ahmed sera d’ailleurs connectée au réseau du chemin de fer avant fin décembre 2011. «Il est plus facile et plus rapide de livrer 1.000 tonnes par wagon que par camion», explique Anas Sefrioui. Dans le secteur, la proximité des marchés et des clients est un élément déterminant car «le ciment voyage mal».
De plus, le récent rachat de 51% de Béton Chantiers, une société opérant dans le béton et disposant d’un réseau de sites assez dense, permettra à Cimat d’écouler une bonne partie de sa production de ciment. Du béton prêt-à-l’emploi est ainsi livré directement sur les chantiers via des camions-toupies. Ce qui a permis à Cimat de gagner d’importantes parts de marché. Autre filiale de la cimenterie dans le même secteur, Béton et Granulats du Maroc (BGM).
L’usine de Ben Ahmed arrose la région du Centre : Chaouia, Ouardigha, Doukkala, Casablanca, Rabat… Pour sa part, l’unité de Beni Mellal desservira la région de Tadla, Azilal, Marrakech, Meknès, Fès… Autant de zones qui représentent un fort potentiel de développement grâce à l’autoroute, l’immobilier, les chantiers structurants…

Addoha représente 10% des ventes de Cimat

Les nouvelles cimenteries Cimat ciblent les distributeurs, les détaillants et les consommateurs directs, sans oublier les grands chantiers publics. Des observateurs avaient l’habitude d’avancer que le premier débouché de Cimat ne serait que le groupe Addoha, gros promoteur immobilier et donc grand consommateur de ciment. Du côté de la cimenterie, l’on affirme que «les ventes de ciment au groupe Addoha sont effectuées dans les mêmes conditions que pour n’importe quel autre client». De plus, ces ventes ne représentent que 10% du chiffre d’affaires de Cimat.

H. E.