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mercredi 16 mai 2012,
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«Pour être un bon coach, la technique ne suffit pas»
Entretien avec Malgorzata Saadani, coach et DG du cabinet ANC Communication

«Pour être un bon coach, la technique ne suffit pas» Entretien avec Malgorzata Saadani, coach et DG du cabinet ANC Communication

«On peut être le meilleur spécialiste du monde, et si on ne sait pas écouter, on est mentor, conseiller, mais pas coach», prévient Malgorzata Saadani, coach et DG du cabinet ANC Communication

   

N’est pas coach qui veut. Certes, on peut accéder au métier de coach par différentes spécialités, mais la personnalité compte tout autant que la formation, sinon plus. Sans oublier la capacité d’écoute. Malgorzata Saadani, coach et DG du cabinet ANC Communication, donne quelques astuces pour bien choisir son coach.

- L’Economiste: Comment devient-on coach?
- Malgorzata Saadani: Il y a différents moyens d’accéder à la profession. Plusieurs personnes sont arrivées à ce métier de diverses spécialités: ingénieur, acteur, économiste, avocat, gestionnaire… Toutes ces personnes apportent leur expérience et acquièrent bien sûr les compétences techniques. Ceci étant, ce n’est pas un gage de réussite.
Quelqu’un qui a été par exemple avocat d’affaires durant toute sa carrière ou qui a travaillé dans une industrie aura un regard plus pertinent sur les problèmes de tel ou tel secteur. Bien sûr, la formation et la certification permettent d’acquérir les méthodes et les techniques. Malheureusement, certaines personnes, bardées de diplômes et de certificats, se heurtent à la réalité du métier qui est tout autre.
Très souvent, ces gens-là ont un apprentissage technique qu’ils n’arrivent même pas à appliquer à eux-mêmes: être équilibré, savoir gérer les situations difficiles, le stress… Alors que de toute évidence, le coach doit commencer par lui-même.
C’est exactement comme la différence entre un technicien et un artiste. C’est la personnalité qui compte, épaulée par la technicité.
Pour être bon coach, la personnalité compte tout autant que la formation, sinon plus. Sans oublier la capacité d’écoute. On peut être le meilleur spécialiste du monde, et si on ne sait pas écouter, on est mentor, conseiller, mais pas coach.

- Quel est son parcours type?
- Je vais probablement m’attirer les foudres des confrères, mais il y a deux écoles: l’une dit qu’il faut être plus ou moins développé personnellement. En effet, on ne peut ignorer le facteur temps: une personne âgée de 20 ans n’a pas les mêmes expériences qu’une personne de 40 ans. On peut avoir un grand talent de relations humaines, une intuition extraordinaire, mais les facteurs âge et expérience de la vie comptent aussi. Les partisans de la 2e école préconisent que si le coach est une personne au tableau vierge, il n’influence pas le client et ne fait que refléter sa propre image. Mais, l’expérience concrète dit plutôt l’inverse.

- Comment choisir le bon coach?
- La première rencontre est déterminante: la personne inspire-t-elle confiance ou non? Son environnement est-il propice au travail ou non? Il y a un parallèle avec la psychologie. Il faut que le feeling passe entre les deux personnes. Si on croit avoir besoin d’un coach pour nous épauler et pour changer et progresser dans la vie et qu’on n’a pas ce déclic avec la première personne, il ne faut pas se décourager. Il faudrait peut-être changer de méthode, de personne… rester ouvert à d’autres opportunités. Il n’y a pas de parcours classique. Malheureusement, quand il y a un effet de mode, cela déteint aussi sur les formations. Tout le monde veut accéder au métier à tout prix. Résultat: des personnes ayant certes des cartes de visite de coach, mais dont le poids ne correspond pas à leurs aspirations.
De même, il faut se renseigner avant de s’engager avec un coach à travers les médias, le bouche à oreille… Avant de choisir tel ou tel cabinet, il faudra d’abord visiter, se renseigner sur la structure, savoir si c’est un vrai cabinet ou juste un free-lance qui propose ses services? Le caoch doit poser d’emblée des balises: standards d’éthique, déontologie, contrat de coaching… Le premier signe du comportement non professionnel d’un coach, c’est l’absence d’un contrat en bonne et due forme ou de structure juridique. Bien sûr cela n’influence pas la qualité des prestations, mais c’est un gage de sécurité pour une personne qui s’adresse à une structure ayant un siège, une identité fiscale…
La première rencontre n’est pas un engagement. Au moment de la signature du contrat, la question des honoraires doit être posée de manière directe, le plus tôt possible.

Propos recueillis par Aziza EL AFFAS