Economie

Agriculture solidaire: Le coup de pouce d’Akhannouch
Entretien avec le ministre de l'Agriculture et de la Pêche maritime

Par L'Economiste | Edition N°:3624 Le 27/09/2011 | Partager
Arriérés des périmètres irrigués et dettes anciennes du Crédit Agricole, effacés
Nouveau régime d’assurance, conseil agricole… les aides
Objectif: convertir les agricultures de céréales ou autres en oliviers

«Ce programme nous permettra de récupérer bon nombre d’agriculteurs. Lesquels vont pouvoir bénéficier d’un retour sur investissement afin de faire face à leurs demandes et donc accompagner le plan Maroc Vert», fait observer Aziz Akhannouch, ministre de l'Agriculture et de la Pêche maritime en expliquant les détails de son plan d’action

Plusieurs mesures d’accompagnement au profit des agriculteurs sont annoncées au titre de la campagne agricole 2011/2012. Le département de tutelle ne lésine pas sur les moyens, et compte, hormis les 200 millions de DH de subvention, stabiliser les prix des engrais et éviter les augmentations des tarifs. L’agriculture solidaire est aussi au centre des préoccupations, et Aziz Akhannouch, ministre de l'Agriculture, met le paquet pour réussir le projet de reconversion des petits agriculteurs.

- L’Economiste: Vous avez lancé, samedi dernier, la campagne agricole 2011/2012. Comment s’annonce-t-elle et quelles sont les mesures prises pour encourager ce secteur?
- Aziz Akhannouch: La campagne de cette année se prépare dans de bonnes conditions. D’abord, les périmètres irrigués et les barrages sont pourvus en eau. De plus, les semences sont disponibles et couvrent quelque 1,3 million de quintaux, soit 18% de plus que l’année précédente. Les engrais sont également disponibles et nous avons veillé à ce que leurs prix restent stables. Cette action devrait encourager les agriculteurs à les utiliser pour une meilleure production. A cet égard, le Conseil agricole est appelé à jouer son rôle en matière de R&D et de vulgarisation. Ceci, afin de mieux expliquer les facteurs de production et assurer un meilleur rendement. Par ailleurs, les augmentations des tarifs prévues (35%) n’auront pas lieu. Les prix de vente devront baisser par rapport à l'année dernière, puisque la subvention qui leur est accordée va augmenter de 10 DH par quintal par rapport à la dernière campagne agricole. Une opération estimée à quelque 200 millions de DH cette année contre 170 millions l'an passé. De manière générale, que ce soit pour la céréaliculture ou pour les arbres fruitiers, la campagne se présente bien. Ce qui n’est pas maîtrisable, ce sont les conditions pluviométriques des saisons à venir.


- Quel soutien financier pour les petits agriculteurs?
- Il y a d’abord le nouveau régime d'assurance agricole qui sera appliqué à une superficie de 300.000 ha touchant toutes les régions du Royaume. Sont concernées par cette assurance, les cultures du maïs, des légumineuses alimentaires, du blé dur, du blé tendre et d'orge contre les principaux risques climatiques (sécheresse, gel, grêle, vents violents, tempête de sable, stagnation des eaux). Nous avons aussi un programme exceptionnel que nous appliquons au grand bonheur des agriculteurs. A la demande du Souverain, nous avons effacé certains arriérés des périmètres irrigués, c'est-à-dire les factures relatives à l’eau, au même titre que les dettes anciennes du Crédit Agricole. En tout cas, ce programme, qui est en cours d’exécution, avance bien. Il permettra de récupérer bon nombre d’agriculteurs. Lesquels vont pouvoir bénéficier d’un retour sur investissement afin de faire face à leurs demandes et donc accompagner le plan Maroc Vert.

- Justement, quel est l’état d’avancement du plan Maroc Vert?

- Franchement, on ne peut que se réjouir. D’abord, on a eu 1,5 million de tonnes de production d’olives. Les agrumes ont enregistré une production record avec 1,7 million de tonnes, soit 13% d’augmentation. Même tendance pour les récoltes des primeurs qui ont enregistré 10% d’augmentation. Et puis, les premiers chiffres de la future campagne nous permettent d’être plutôt optimistes par rapport à la production des primeurs et des agrumes. Maintenant, nous restons bien évidemment tributaires des aléas climatiques. Nous espérons avoir de la pluie pour cette campagne.

- Une agriculture solidaire se traduit comment sur le terrain?
- Pour rappel, l’agriculture solidaire est au centre du plan Maroc Vert et son objectif est de combattre la pauvreté à l’origine. D’ailleurs, c’est le principal axe de développement du pilier-II de ce plan et dans lequel l’Etat investit énormément d’argent. A terme, il est prévu de convertir les agriculteurs de céréales et de cultures qui ne leur rapportent pas grand-chose, -parce qu’ils ne savent pas les faire correctement ou parce qu’ils n’ont pas les moyens, ou les conditions, etc.-, en arbres fruitiers, et notamment l’olivier. Signalons, enfin, à cet égard que nous sommes déjà à plus de 720.000 ha plantés en oliviers et notre objectif est d’arriver à 1,2 million d’hectares à l’horizon 2020.

Propos recueillis par Youness SAAD ALAMI

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