Competences & rh

Ecoles privées: La bataille de l’accréditation

Par L'Economiste | Edition N°:3619 Le 20/09/2011 | Partager
La capacité à insérer ses lauréats est la variable décisive
Nul n’étant prophète chez lui, les écoles se tournent à l’international

Anass Lahlou, président de la Private International Institute of Management & Technology: «Il faudrait que les établissements déploient plus d’effort afin d’améliorer la qualité de l’enseignement, de la recherche-innovation et l’intégration des lauréats sur le marché»

La demande se rétrécissant d’année en année pour l’enseignement supérieur privé, le défi pour les écoles est de trouver de nouveaux facteurs de différenciation. Dans cette bataille, l’accréditation est une carte majeure. Pour l’instant, elle s’est limitée aux filières, avant d’être attendue dans une seconde phase, aux établissements.
Mais être accrédité n’est pas une fin en soi, ni une baguette magique. Il faudrait que les établissements déploient plus d’effort afin d’améliorer la qualité de l’enseignement, de la recherche-innovation et l’intégration des lauréats sur le marché. C’est une exigence à la fois du marché d’emploi et des parents, précise le Pr Anass Lahlou, président de la Private International Institute of Management & Technology (PIIMT) au Maroc.
La double diplomation est devenue la règle pour la quasi-totalité des écoles privées. Comme elles ne sont pas encore accréditées par les instances marocaines, nombreuses d’entre elles se sont trouvées dans l’obligation de chercher une accréditation étrangère. C’est une issue pour assurer à leurs lauréats l’équivalence scientifique, la reconnaissance des crédits et modules obtenus (pour bénéficier du système des passerelles), la possibilité de s’inscrire en master et en thèse de doctorat, et enfin, l’opportunité de trouver des débouchés sur le marché du travail local et à l’étranger. Mais il y a encore un gros déficit en matière de transparence
Il existe certes un manque de transparence de la part de certains établissements qui est à bannir. Mais il existe aussi une sous-information de la part des étudiants et des parents. Lesquels doivent normalement être informés, de manière claire et précise, des statuts de l’établissement, des conventions signées avec les partenaires et des preuves d’authenticité des diplômes octroyés et de leur valeur. Reste un rôle à jouer par les instances de tutelle, qui ont, à leur tour, un rôle à jouer à ce niveau, celui de régulateur et d’arbitre faisant face aux infractions à l’éthique.
A quoi tient la crédibilité d’un établissement de formation? Cette crédibilité est tributaire de nombreux facteurs, notamment le niveau académique qui lui-même est fonction de la qualité des programmes, du niveau du corps enseignant, des méthodes pédagogiques utilisées, du système d’information et de communication en présence, de la disponibilité et de l’usage des supports technologiques, des activités de recherche, explique Anass Lahlou. Son établissement a décroché l’«Accréditation council for business schools and programs» en février 2011, un des tout premiers organismes d’accréditation reconnu aux Etats-Unis.
Le deuxième élément de la crédibilité d’un établissement d’enseignement réside dans la qualité des diplômés. Le marché du travail a besoin de jeunes dotés d’excellentes qualités à la fois scientifique, communicationnelle et humaine ainsi que du sens de l’initiative. Toutes ces qualités s’acquièrent dans la formation, c’est pourquoi il nous semble capital de donner aux étudiants le maximum d’atouts pour affronter le marché du travail, justifie Anass Lahlou.
Enfin, chaque établissement de formation devrait avoir présent à l’esprit les besoins du marché de l’emploi et donc, l’employabilité.

 

                                                                                                                                                                     


Les marches conduisant à la reconnaissance


L’autorisation : Le décret du 27 juin 2007 fixe les modalités d’autorisation d’ouverture, d’extension et de modification des établissements d’enseignement supérieur privé. Ce décret précise le contenu du dossier administratif et du dossier pédagogique sur la base desquels le ministère de tutelle statue dans un délai de 60 jours.
L’accréditation : Le décret du 17 mars 2010 fixe les modalités d’octroi de l’accréditation des filières de formation. Il stipule que le contenu du cahier des charges est pris par un arrêté de l’autorité gouvernementale chargée de l’enseignement supérieur.
L’arrêté ministériel n°2054-10 du 16 juillet 2010 est venu fixer le cahier des charges des accréditations des filières de formation des établissements d’enseignement supérieur privé.
Les écoles privées ont pu déposer pour la première fois, à partir de mi-janvier et jusqu’au 28 février 2011 leurs demandes d’accréditation. En effet, le cahier des charges permettant l’évaluation des établissements est sorti le 14 janvier 2011.
Aucun établissement d’enseignement supérieur privé ne bénéficie de l’accréditation à ce jour, puisque les dossiers déposés en février 2011 sont dans l’attente des décisions du ministère qui seront fondées sur les études en cours.
La reconnaissance : Après avoir obtenu l’autorisation d’ouverture et l’accréditation de ses filières, un établissement d’enseignement supérieur privé pourra demander la reconnaissance de son diplôme par l’Etat. La règlementation relative à l’obtention de la reconnaissance du diplôme n’est pas encore en vigueur.


A. S.

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