Economie

Santé: Nominations controversées

Par | Edition N°:3599 Le 19/08/2011 | Partager
Des syndicats dénoncent des campagnes électorales avant l’heure!
Menaces de grèves pour septembre

Yasmina Baddou fait encore parler d’elle. Avec ces nouvelles nominations de directeurs régionaux, le ministère de la Santé provoque de vives réactions auprès des syndicalistes du secteur. Ils se disent «surpris par ces décisions annoncées dans un timing très sensible, à deux mois du départ du gouvernement El Fassi», affirme Addi Bouarfa, SG de l’Organisation démocratique de la santé (ODS). Pour ce dernier, ce redéploiement est motivé par des considérations politiques, voire electorales, car «ce genre de postes est considéré comme une ressource politique pouvant être mise à profit pendant la période électorale», souligne Lhoucine Aabouchi, professeur de droit constitutionnel à l’université Qadi Ayyad à Marrakech. D’ailleurs, comme l’explique Bouarfa, «près de 40 délégués du ministère sont membres du PI. S’y ajoutent de hauts responsables comme le secrétaire général du ministère et le directeur des ressources humaines». Pour le syndicaliste, il ne s’agit pas moins «d’une stratégie qui consiste à placer des membres du PI dans des postes de responsabilité au sein du ministère».
L’autre grande contestation concerne la légalité même de ces décisions puisqu’elles ont eu lieu, pendant une période transitoire durant laquelle le gouvernement «devrait faire preuve de responsabilité en s’abstenant de procéder à de nouvelles nominations», martèle le SG de l’ODS. En effet, les institutions issues du nouveau texte constitutionnel ne sont pas encore effectives.
Le gouvernement actuel est donc «transitoire et sa mission devrait se limiter à la gestion des dossiers quotidiens, et la préparation juridique et technique des prochaines élections», explique Aabouchi. En tout cas «ces nominations, sont en opposition avec l’esprit de la Constitution», précise-t-il. Les médecins du Public n’avancent pas de position officielle par rapport à cette affaire. Le Dr Abdelmalek Lahnaoui, SG du Syndicat indépendant des médecins du secteur public, estime juste qu’un «certain flottement caractérise ces décisions, dans la mesure où ces responsables ont démarré leurs nouvelles fonctions, alors qu’ils n’ont toujours pas reçu de notes de service».
Ce redéploiement a également conduit à une hémorragie des compétences qui dénote, selon les deux syndicats d’un déficit de bonne gouvernance. La solution réside, selon eux, dans un traitement des problèmes du secteur de la santé dans sa dimension globale.
Les principaux syndicats du secteur devraient se réunir pour coordonner leur position sur les démarches à prendre pour «dénoncer les récentes décisions de la ministre», fait savoir Bouarfa. Une chose est sûre pour l’instant: ils ne comptent pas observer de grève avant la fin du mois de ramadan. Cependant, septembre s’annonce dur pour Yasmina Badou, avec une série de débrayages.

Nouveaux directeurs régionaux

Les récentes nominations aux directions régionales du ministère de la Santé ont conduit au remplacement dans le Grand Casablanca de Dr Fouad Jettou, par Dr Mustapha Reddadi qui rejoint la métropole après avoir fait ses preuves dans la région de Beni Mellal. La direction régionale de Tadla-Azilal a été confiée au Dr Noureddine Malmouze, alors que celle de Doukkala-Abda a été attribuée au Dr Abdelilah Kasri. Le Dr Abdelmalek Koualla, ex-délégué de Berkane a été nommé directeur régional de Oujda-Angad. A la direction de Souss- Massa-Draa, le Dr Bouchareb a été remplacé par le Dr Mohamed Esmaili.

Mohamed Ali MRABI

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