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Focus

Villes sans bidonvilles
Un bilan en demi-teinte

Par | Edition N°:3581 Le 26/07/2011 | Partager
43 villes décrétées sans bidonvilles en 7 ans
22.000 baraques supplémentaires recensées cette année!
Des poches de résistance dans 42 villes

Sept ans après le lancement du programme Villes sans bidonvilles (VSB), le département de Hejira dresse son bilan. Certes, le programme a pu bénéficier à 69% des ménages ciblés, résorber les bidonvilles de 43 villes sur un total de 85 agglomérations…
En revanche, l’expérience butte sur des contraintes majeures dans de nombreuses villes. Plus encore, ces derniers jours, les banlieues de Casablanca, Mohammedia, Meknès, Agadir… ont été le théâtre de violents affrontements entre les forces de l’ordre (Forces auxiliaires, gendarmerie…) et des bidonvillois. Des accrochages, des jets de pierres, recours aux armes blanches… ont été enregistrés lors d’opérations coup de poing de démolitions de baraques construites récemment. L’on parle de plus de 22.000 baraques supplémentaires construites en 2011! Des constructions qui ont pris un rythme accéléré ces deux derniers mois. De sources sûres, le coût d’une baraque varie entre 40.000 et 90.000 DH. Un juteux business! Ce qui renseigne sur les fortes connivences et degrés de complicités entre élus locaux, agents d’autorité… qui laissent faire les nouveaux bidonvillois. Par ailleurs, le timing (la veille d’élections législatives et communales) se prête à ce fonds de commerce électoral. D’ailleurs, depuis son lancement en 2004, le programme Villes sans bidonvilles a enregistré l’arrivée de plus de 400.000 personnes supplémentaires.
Les bilans d’étape du programme s’arrêtent sur de nombreux dysfonctionnements: aux contraintes financières, foncières et procédurales, s’ajoutent des retards dans la réalisation, des difficultés d’ordre technique (à Casablanca en l’occurrence), des modalités et critères d’accès des plus démunis, le recensement des populations éligibles, l’accroissement des ménages cibles, l’exode rural, la structure complexe des familles nucléaires et recomposés, la mobilisation du foncier à des conditions appropriées…
Résultat: à un an du bouclage de l’opération, les bidonvilles sont encore présents dans 42 agglomérations et 31% de la population ciblée n’a pas encore été recasée. L’objectif en 2011: déclarer 18 villes supplémentaires sans bidonvilles.
Une chose est sûre, la tâche ne sera pas aisée. Selon le ministère de tutelle, «le programme national de lutte contre l’habitat insalubre en général et l’opération Villes sans bidonvilles en particulier a rencontré de nombreuses entraves au cours des six premiers mois de l’année en cours». Ce qui explique les faibles résultats du programme VSB. Pis encore, le département de Hejira parle de «recul des réalisations par rapport à la même période des années précédentes». Chiffres à l’appui, la tutelle précise que 22.000 ménages supplémentaires ont été recensés cette année. Parallèlement, la démolition a porté à peine sur 3.500 baraques. Plus encore, seule une ville a été décrétée sans bidonville cette année. Parmi les villes qui connaissent de nombreux problèmes et des difficultés de recasement, figurent Casablanca, Rabat, Salé, Témara, Kénitra, Larache, Meknès, Khémisset…
En fait, selon une source au ministère de l’Habitat, le problème réside dans le manque de coordination et les divergences d’approche entre quatre principaux intervenants: l’autorité locale (préfectures, communes…), les élus, la population bénéficiaire et le département de l’habitat. Généralement, les motivations et les enjeux ne sont pas perçus de la même manière.
Lancé en juillet 2004, le programme couvre la période 2004-2012. Il porte sur près de 300.000 ménages résidant dans un millier de bidonvilles.

Amin RBOUB

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