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L'économiste, le premier quotidien économique au Maroc

jeudi 27 novembre 2014,
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Recouvrement des créances: Les banques contre-attaquent

   
. Elles modernisent la fonction pour réduire les créances en souffrance.

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. Et améliorer leur rentabilité. En attendant le système de notation et la centrale des bilans
Les entreprises ne sont pas seules à avoir le couteau sous la gorge. Pour les banques aussi, le recouvrement des créances constitue une des préoccupations quotidiennes. Et pour cause, les deux acteurs sont les maillons d’une même chaîne, celle qui lie à la fois l’Etat, les entreprises publiques et les opérateurs privés. Il suffit que l’un des acteurs montre des signes de défaillance pour que l’effet “boule de neige” s’enclenche. Aujourd’hui, le phénomène prend de telles proportions que la machine économique est quasiment paralysée. Dans cet environnement, les banques ne sont pas épargnées. Elles gèrent aujourd’hui un volume de créances en souffrance sans précédent, d’un montant global de plus de 40 milliards de DH à fin 2003. Ce qui représente 20% des crédits distribués par l’ensemble du secteur, y compris les organismes financiers spécialisés (OFS) et 13% des engagements des banques commerciales. “D’où le renchérissement excessif du risque de crédit durant les 3 dernières années qui atteint jusqu’à 40% du produit net bancaire”, indique Abderrahim Bouazza, directeur du Contrôle des établissements de crédit de Bank Al-Maghrib(1). Ce séminaire fait partie d’un cycle de conférences coorganisé par la Société financière internationale et Bank Al-Maghrib sur le financement de la PME. Cette escalade expliquerait en partie, le niveau élevé des taux d’intérêt débiteurs, malgré la baisse du coût des ressources sur le marché. Les banques sont en effet tenues de respecter des règles de classement des créances en souffrance édictées par Bank Al-Maghrib et de les couvrir par des provisions. De plus, le comité de Bâle II, dont les règles devraient entrer en vigueur à partir de 2006, y accorde une place importante au niveau de l’adéquation des fonds propres. “Si le recouvrement a été jusqu’à présent le parent pauvre des métiers de la banque, la tendance actuelle est à sa valorisation car il constitue l’un des éléments-clés de l’activité”, rappelle Joumana Cobein, responsable du bureau de la SFI au Maroc. Il est donc vital de mettre en place au plus vite, une politique de gestion du risque efficace, soutenue par une stratégie de recouvrement adéquate. “L’objectif est d’empêcher le glissement des impayés vers la catégorie des créances en souffrance, source de pertes importantes”. En clair, la banque doit être en mesure de détecter en permanence et de façon rapide les créances en souffrance potentielles et procéder à leur recouvrement. Le projet de lancement d’un système de notation interne piloté par la banque centrale va dans ce sens. Il est censé répondre aux exigences de Bâle II, qui prévoit un allègement de la charge en fonds propres réglementaires en faveur des banques qui adopteront une approche de notation interne. Le comité entend par là, “récompenser” les banques qui sont dotées de mécanismes performants de gestion et de contrôle du risque de crédit.Pour Mehdi Cherkaoui, chargé de projet à la SFI, la problématique des créances en souffrance est liée entre autres, aux difficultés d’accès à l’information fiable. Mais le choix des outils d’optimisation du financement de l’entreprise et l’efficacité de la politique de recouvrement entrent également en ligne de compte. “Ce n’est pas un hasard si, dans les pays avancés, le reengeneering de la fonction recouvrement s’est traduit par une amélioration rapide, significative et durable de la rentabilité des banques et par une diminution de l’aversion du risque”, relève le responsable à la SFI. Ce qui explique qu’en deux décennies, les départements de recouvrement et contentieux y sont considérés comme des centres de profit, après avoir été pendant longtemps des services “annexes” à leur métier de base.Il était temps que les banques marocaines empruntent la même voie. L’aggravation des créances douteuses observée depuis 1998 hisse à 20% le taux de sinistralité. De même, la compression des marges d’intermédiation et la baisse de la profitabilité à la veille de l’entrée en vigueur des règles de Bâle II ne leur laissent plus d’autre choix.Mouna KABLY-----------------------------------------------------------------(1) Lors du séminaire coorganisé par la SFI et Bank Al-Maghrib le 1er octobre, sur “les meilleures pratiques en gestion et recouvrement des créances en souffrance”.