Economie

Barrage Aït M’zal: De l’eau pour Aït Baha

Par L'Economiste | Edition N°:1783 Le 04/06/2004 | Partager

. Il alimentera 35.000 habitants en eau potable et permettra l’irrigation de 280 haIL y a moins de deux décennies, Chtouka-Aït Baha était une région presque désertique. Située au sud d’Agadir, cette zone aride a, depuis, l’allure d’une région riche. En effet, l’agriculture s’y est développée d’une manière vertigineuse. C’est principalement la culture de primeurs qui occupe la plus grande partie de la surface agricole. A telle enseigne qu’une «Bourse des primeurs» y a été créée. Cette province approvisionne presque tous les marchés du nord, dont celui de Casablanca. Mais le climat aride a rendu difficile l’exploitation agricole. Les pouvoirs publics avaient alors encouragé les forages de puits. Une solution qui a montré ses limites puisque dès le retard des pluies, la nappe phréatique se trouve tarie. En outre, la recherche d’eaux souterraines s’avère coûteuse puisqu’il faut creuser au-delà de 150 mètres en moyenne pour atteindre la nappe phréatique. C’est l’agriculture qui consomme, en effet, le plus d’eau étant donné la pluviométrie très faible. Faut-il rappeler que cette zone souffre de son handicap climatique (sécheresse, précipitations médiocres entre 70 et 240 mm), où même les sources sont rares et les oueds secs durant une bonne partie de l’année.Dans cette région, l’agriculture s’est pourtant engagée dans une course à la productivité et, partant, consomme de plus en plus d’eau. En outre, l’intégration dans la région d’autres cultures tropicales, tels la banane et le kiwi, a contribué à une surexploitation de la nappe phréatique. La culture sous serres a également élargi son champ ces dernières années et s’efforce d’atteindre la qualité exigée par le marché international, et surtout européen. Cela se traduit par une consommation supplémentaire d’eau et donc une plus grande pression sur la nappe phréatique, unique ressource en eau. Il a d’ailleurs été établi que le surpompage dans la nappe phréatique de toute la vallée du Souss provoque souvent des pénuries d’eau. Face à cette situation, les pouvoirs publics ont pris la décision de recourir aux eaux de surface, unique alternative pour satisfaire les besoins des populations en eau potable et aussi assurer des eaux en quantité pour l’irrigation. C’est dans ce cadre que le secrétariat d’Etat chargé de l’Eau a réalisé le barrage Aït M’zal sur l’oued Izig. Il permettra une retenue d’une capacité de 5 millions de m3 devant assurer une régularisation et une disponibilité en eau de 2,7 millions de m3 par an. Le barrage permettra ainsi d’alimenter en eau potable le centre Aït Baha et de nombreux douars. Soit 35.000 habitants. Avant, Aït Baha, deuxième centre important de la province, après celui de Bouigra, était approvisionné en eau potable à partir de quelques forages dont le débit n’excède pas 3,5 litres/seconde alors que les besoins de pointe sont de l’ordre de 5 litres/seconde. L’agriculture va également bénéficier des apports en eau du barrage Aït M’zal. Plus de 280 hectares vont pouvoir être irrigués à partir de ce barrage, dont le coût de réalisation a été de l’ordre de 190 millions de DH.


Carte de visite

Situé à 4 km du centre d’Aït Baha, le barrage Aït M’zal a une hauteur de 49 m et une longueur de crête de 216 m. Il est équipé d’une prise agricole et de 3 prises d’eau potable. Ces dernières sont situées sur 3 niveaux pour permettre de contrôler la qualité des eaux tirées de la retenue. Pour assurer l’alimentation en eau potable du centre d’Aït Baha et des douars avoisinants, l’Office national de l’eau potable va réaliser d’importants ouvrages reliant le barrage aux réservoirs de distribution. Cet aménagement comprend la pose de conduites sur une longueur de 4 km et la construction d’une station de traitement.Jamal Eddine HERRADI

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc