Entreprises

Fruits et légumes: Le marché africain ciblé

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5405 Le 05/12/2018 | Partager
L’accompagnement de l’Etat incontournable pour faciliter la pénétration
Projet de mise en place d’une plateforme à Gargarate
La réforme des marchés de gros, une urgence
export_fruits_et_legumes_005.jpg

Le Maroc exporte  une gamme diversifiée de fruits et légumes dont les principaux sont la pastèque, le melon, la fraise, l’haricot vert, le poivron et la courgette. Mais les tomates prédominent toujours. Et l’export est particulièrement concentré sur les marchés de l’UE où il est confronté à une rude concurrence

Opacité, désorganisation, infrastructures vétustes et vente à la caisse au lieu du kilo. Aux yeux des professionnels de la filière des fruits et légumes du Souss, les marchés de gros de leur région sont en dessous des normes les plus élémentaires.

Une situation si inquiétante, que certains parmi eux envisagent de se reconvertir dans d’autres secteurs qui présentent plus de visibilité et surtout de volonté politique de réformer.

Or, annoncée depuis une décennie, la réforme des marchés de gros tarde à voir le jour. Le plan Maroc Vert qui ambitionne de promouvoir un secteur agricole intégré n’a pas pu venir à bout de la résistance de certains départements ministériels qui en détiennent les véritables rênes.

Mais la situation ne peut plus s’en accommoder: La production des fruits et légumes augmente à un rythme de 5% par an alors que la part exportable stagne et les volumes, au demeurant faramineux, destinés au marché local ne couvrent plus les coûts de production.

Aussi est-il urgent d’opérer, au moins, les réglages qui s’imposent. D’abord, en ce qui concerne la gestion et les infrastructures. A ce niveau, il est relevé un  schéma de circulation inadapté (entrée et sortie des moyens de transport, stationnement et pistes boueuses). Le tout est aggravé par le manque de services techniques (contrôle, gestion de l’information, volumes, qualité et prix).

Mais les professionnels ne se font pas d’illusions. Ils envisagent, pour la plupart, d’organiser les transactions selon des produits conditionnés, d’investir également la grande distribution et de pénétrer le marché africain. A la condition d’être impliqués dans la gouvernance de places de distribution en gros et surtout de mettre en place une véritable coordination entre les producteurs eux-mêmes. Car, les projets à mettre en place vont nécessiter  des investissements. A commencer par la promotion de produits emballés.

Pour le moment, le débat engagé par l’Association des producteurs et exportateurs des fruits et légumes a permis de dégager quelques pistes de redressement de la situation. En se basant sur une étude, elle propose un modèle de marché local répondant à leurs attentes: infrastructures, schéma de circulation.

La profession a également retenu de lancer un travail en collaboration avec les spécialistes pour élaborer un projet des normes commerciales: catégories, calibre, fruits, coloration… De même qu’ils vont lancer une étude sur l’emballage destiné au marché local et proposer des dispositions règlementaires en ce qui concerne le contrôle des résidus chimiques des fruits et légumes transitant par les marchés de gros. Les marchés d’Afrique de l’Ouest s’annoncent à cet égard une issue salvatrice si des conditions sont réunies.

A l’instar du secteur agrumicole qui a déjà installé une plate-forme à Gargarate, les primeuristes optent pour la même démarche. Ceci, bien qu’ils soient conscients des risques encourus. Les principales contraintes se situent en effet au niveau des longues attentes à la frontière mauritanienne, aux taux élevés des droits de douane, aux coûts de transit et au mauvais état des infrastructures routières dans les pays destinataires. Sans oublier aussi l’ampleur du circuit informel.

D’où la nécessité de l’accompagnement des services de contrôle (Douane, Eacce) et de la collaboration de certaines banques marocaines présentes en Afrique. Ce qui est à portée, si on tient compte de la volonté politique affichée et des échéances prévues pour la finalisation, en cours de l’adhésion du Maroc,  à la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest.

A.G

 

 

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc