Economie

TGV: «Un symbole de l’ancien modèle de développement»

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5392 Le 14/11/2018 | Partager
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Pour Omar Balafrej, député FGD: «Ce projet n’est pas une priorité. Le coût de 10 mètres de LGV peut servir à construire une petite école dans le monde rural» (Ph. Bziouat)

Opposé au projet de LGV depuis son lancement, Omar Balafrej, député FGD, maintient sa position très critique envers ce mode de transport. Pour lui, la priorité est au désenclavement des autres villes. Plus encore, estime-t-il, le projet n'est pas économiquement viable.

- L’Economiste: La LGV sera bientôt opérationnelle. Maintenez-vous vos critiques par rapport à la viabilité et l’utilité économique de ce projet?
- Omar Balafrej:
Malheureusement oui. Plusieurs responsables et acteurs politiques sont unanimes là dessus: Ce n'est pas une priorité pour le Maroc. Le coût de 10 mètres de LGV peut servir à construire une petite école dans le monde rural. Parallèlement, le secteur ferroviaire a besoin d’autres projets, comme l’extension des lignes vers de nouvelles villes et favoriser leur désenclavement. En tant que député, j’ai interpellé le ministre des Transports à plusieurs reprises sur cette question. Il a affirmé que cela est prévu dans des plans à l’horizon 2040, mais il y a un réel problème de financement. Actuellement, tout le monde parle du nouveau modèle de développement. Or, le TGV est un symbole de l’ancien modèle qu’il faut arrêter. Il faut tirer les leçons des grands projets qui n’ont pas marché ailleurs.  

- Quid de la viabilité du modèle économique de la LGV?
- L’ONCF est face à deux options. Soit appliquer le tarif réel avec des prix très chers. Soit appliquer des tarifs bas. Dans ce cas, nous serons face à une ligne déficitaire, qui devrait être compensée par le budget de l’Etat et donc de l’argent du contribuable.

- Le lancement de ce chantier intervient à un moment où l’ONCF est très critiqué par rapport à la détérioration des services…
- Le problème c’est qu’on a détourné l’ONCF de sa mission principale, à savoir la qualité de services, la gestion des trains existants et le raccordement de nouvelles villes. Actuellement, l’ONCF est défectueux en partie à cause de ce chantier pharaonique. Par exemple, les nouvelles gares LGV, comme celle d’Agdal à Rabat, sont sans rapport avec les besoins réels.

- Certaines critiques portent sur le choix de la technologie française. Avez-vous des réserves sur ce choix?
- Je ne suis pas de cet avis. J’ai eu accès à de hauts responsables français qui m’ont assuré que la France aurait pu aider le Maroc dans d’autres projets de désenclavement ferroviaire de certaines villes comme Errachidia, avec des technologies françaises. L’important c’est que le projet obéisse à une logique gagnant-gagnant.

Propos recueillis par M.A.M.

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