Politique

PJD: El Othmani dénonce «les perturbateurs»

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5391 Le 13/11/2018 | Partager
Le RNI dans la ligne de mire des PJDistes
Les propos de Benkirane ressuscités à Fès

Abdelilah Benkirane est toujours présent dans le discours du PJD. Plusieurs mois après l’élection de Saâdeddine El Othmani à la tête du parti de la Lampe, son prédécesseur lui fait encore de l’ombre. En témoigne l’intervention de Khalid Boukariî, secrétaire régional (Fès-Meknès), samedi dernier, lors de la cérémonie de clôture des portes ouvertes du parti à Fès. Le meeting qui s’est déroulé en présence notamment d’El Othmani et Driss El Azami El Idrissi, maire de Fès et président du conseil national du PJD, était l’occasion de tirer à boulets rouges sur le RNI et les «perturbateurs». L’Economiste revient sur les principaux points relatés par les différents intervenants.

■ «L’argent et le pouvoir politique sont un danger pour l’État»

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D’emblée, l’ancien secrétaire général de la jeunesse PJD a rappelé le «poids populaire» du parti qui a ratissé, lors des échéances de 2016, plus de 1,8 million de voix (125 sièges au parlement). Ceci, selon Khalid Boukariî, a été possible grâce à la politique de communication et d’ouverture de sa formation. «Nous ne promettons rien aux citoyens, sauf la transparence et la sincérité», souligne-t-il. Et de poursuivre: «le PJD a conduit son 1er gouvernement dans la contrainte et continue de gouverner avec les mêmes contraintes». Avec un ton ferme et des messages destinés à qui de droit, ce dernier affirme que «certains veulent ridiculiser la politique… mais le PJD veille à responsabiliser ce champ. Ce, malgré des perturbateurs représentant d’autres formations politiques». Et ces derniers,  et particulièrement le parti de la colombe, il tient à rappeler les propos de Abdelilah Benkirane: «Qu’il dévoile la voyante qui lui a dit dès maintenant qu’il allait remporter les prochaines législatives de 2021». Sur le même ton, il insiste, toujours en faisant référence à Benkirane: «la collusion entre l’argent et le pouvoir politique est un danger pour l’État».

■ El Azami réclame l’appui «juridique et économique» d’El Othmani

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Pour sa part, Driss El Azami El Idrissi a encore étalé les dettes du conseil communal qu’il dirige. Outre un milliard de DH de dettes et d’arriérés, la mairie de Fès devrait payer 150 millions de DH relatifs à des jugements définitifs à son encontre. «Je n’en suis pas responsable mais la continuité de l’administration prévaut de tout assumer», explique le maire de Fès. Ce dernier demande l’appui du Chef du gouvernement pour au moins 4 dossiers.
Le premier est juridique. Il concerne la promulgation d’une loi permettant de reconnaître le dépôt de signature électronique. «Ce qui facilitera la vie aux entrepreneurs et autres citoyens…en leur permettant de disposer de leurs documents sans se déplacer à la Commune», argue-t-il. Dans le volet économique, El Azami réclame l’appui d’El Othmani pour orienter les investissements publics et privés vers la ville de Fès. «Nous savons que vous pouvez le faire. Car, ce n’est pas toujours l’investisseur qui choisit l’emplacement de son implantation», dit-il. Et d’informer le SG du PJD sur la disponibilité du foncier du COTEF et le lancement prochain d’une nouvelle ZI à Aïn Chgague.

■ Les messages aux…«fauteurs de troubles»

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Si Benkirane parlait de  crocodiles et fantômes (Tamassih et Afarit), El Othmani a trouvé une nouvelle appellation: «les perturbateurs».  Pour lui, «depuis la nomination de son gouvernement, ces derniers  ne cessent de semer le doute sur sa continuité, sa destitution ou encore l’implosion de son parti...Mais ceci ne se réalisera pas. Et puis, ceux qui veulent ridiculiser la politique nuisent à notre pays, sa démocratie et son développement». «Les différends entre les formations politiques de la majorité doivent être résolus en dehors du gouvernement. Nous avons établi un pacte de la majorité et nous le respectons», explique-t-il. A ceux qui laissent entendre qu’il y a des super-ministres, il répond: «tous valent leur grade (ministre) et lui seul est le chef d’orchestre». «Et sachez qu’aucun parti n’a la recette miracle pour tous les maux. Nous travaillons dans le cadre d’une coalition. Nous réussissons parfois et nous échouons dans d’autres cas», souligne-t-il. A ceux qui le critiquent sur les dettes du gouvernement vis-à-vis des entreprises (TVA) ou encore le taux d’analphabétisme élevé (8 millions de marocains), le Chef du gouvernement note «qu’il a hérité de drôles d’ardoises et qu’il continuera d’assumer pleinement sa responsabilité». Enfin, El Othmani a nommément fustigé Rachid Talbi El Alami sur sa «sortie inopinée» de Marrakech. Et de conclure: «le PJD n’est contre personne. Notre seul ennemi est la corruption (prévarication)». 

Youness SAAD ALAMI

 

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