Politique

Jeunesse et sports: Talbi Alami esquive les coups du PJD

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5390 Le 12/11/2018 | Partager
Leurs attaques contrées par les députés du RNI
Premières révélations de l’audit des fédérations sportives
Opacité dans la gestion des ressources financières

Le PJD ne perd pas le nord. Après le boycott de la présentation du budget sectoriel du ministère de la Jeunesse et sports mercredi dernier, ses députés ont décidé de venir en force le lendemain à la Commission des secteurs sociaux pour peser sur les discussions.

L’objectif a été de prendre leur revanche sur Rachid Talbi Alami qui avait critiqué le PJD et «ses visées cachées» dans une réunion interne du RNI à Marrakech. Au niveau de la Commission, des députés se sont relayés pour ressortir leur rengaine contre le cumul de l’argent et de la politique, allusion faite à la sortie de Abdelilah Benkirane contre Aziz Akhannouch, sur ce thème.

Cette tactique rodée a été également pratiquée dans la Commission des finances avec Mohamed Benchaâboun qui n’avait pas bronché. Dans sa réponse à la fin de la journée, Rachid Talbi Alami n’a pas non plus glissé sur ce chemin savonné par les députés du PJD. En effet, Rachid Talbi Alami s’est contenté d’aborder les volets stratégique et technique de son département.

Réactions en chaîne

En tout cas, les interventions du PJD au sujet du président du RNI ont provoqué des réactions en chaîne des députés du parti de la Colombe. Résultat, un véritable désordre s’est installé dans la Commission. Ce qui a poussé sa présidente Saida Ait Bouali à suspendre la séance et à entreprendre des pourparlers au sein du bureau pour reprendre le travail dans un climat serein. Résultat: les discussions ont repris mais cette fois sur une nouvelle base qui consiste à s’empêcher d’aborder des sujets politiques sans lien avec le secteur de la Jeunesse et des sports.

De temps à autre, il a fallu la fermeté de Saida Ait Bouali pour recadrer ceux qui ont tenté de passer outre les consignes données. Une chose est sûre, après cette sortie de route, les députés du PJD sont rentrés dans les rangs. En fait, cette séquence démontre le niveau de méfiance qui règne entre les deux partis et le degré de l’homogénéité au sein de la majorité. Avant de donner la parole au ministre, la présidente a tenu à faire passer son message. L’istiqlalienne milite pour introduire un quota pour que des femmes puissent figurer dans les bureaux directeurs des fédérations nationales.

Justement, les 48 fédérations que compte le secteur ont fait l’objet d’audit diligenté par le ministère de tutelle cette année. Une opération terminée pour 25 fédérations et en cours pour 23 autres. Les premières conclusions font apparaître plusieurs dysfonctionnements. Outre le non respect de la loi 30-09, dans ses différents aspects, une faiblesse dans la représentativité  des membres des comités directeurs a été enregistrée.

Pas de traces des rapports d’exécution des conventions par objectifs. Au niveau de la gouvernance, l’audit a relevé l’octroi de crédits aux membres du comité directeur, conflits d’intérêt et l’absence de guides des procédures administratives et financières. Quand ils existent, ils ne sont pas appliqués méthodiquement. Les règlements intérieurs validés par les comités directeurs et par les assemblées générales n’existent pas.

Le tableau s’assombrit lorsqu’il s’agit de la gestion des manifestations sportives qui ne disposent pas de cahiers des charges en la matière. Ce qui complique le contrôle des réalisations et dénote une opacité dans la gestion des ressources financières. Par exemple, pour participer à des manifestations, des indemnités sont accordées sans bases ni décisions du comité directeur. En plus, les fédérations achètent les devises en dehors des circuits du bureau de change.

La gestion des adhésions est également épinglée. Ainsi, il n’y a pas de mécanisme de contrôle et de suivi des associations affiliées aux fédérations sportives, particulièrement sur les activités et les rapports financiers. En effet, les fédérations sportives n’exigent pas de manière méthodique les rapports financiers au sujet des subventions accordées aux clubs. Sur la gestion de ces dotations annuelles, il a été constaté que les objectifs programmés ne sont en général pas atteints.

En outre, les fédérations comptent principalement sur la subvention du ministère de la Jeunesse et des sports sans chercher d’autres sources de financement. Omettant de présenter au ministère, avant la signature, les conventions de sponsoring ou les contrats de publicité. De même, le Secrétariat général du gouvernement n’est pas informé des montants obtenus des instances internationales. L’argent sorti pour l’organisation d’une manifestation sportive n’est pas restitué à la banque lorsqu’il n’est pas dépensé en totalité.

Engouement pour les terrains de proximité

LES terrains de proximité ont fait l’objet d’interventions de plusieurs parlementaires. Le ministre a avancé quelques éléments. En effet, son département qui compte en construire 800 dans le monde rural et périurbain, a reçu 2.134 demandes. Le cadre légal fixé prévoit de disposer d’un terrain de 1.200 mètres carrés, sur un foncier assaini. Depuis que la machine est lancée, à peine deux conseils ont répondu jusqu’ici. Il s’agit de celui de Tarfaya et de Guercif. «C’est très peu. Les gens parlent beaucoup mais travaillent peu. Il faut se réveiller pour qu’il n’y ait pas de retard dans l’exécution des projets», a dit le ministre. Pour lui, le rythme doit s’accélérer puisque le programme s’étale sur trois ans. En 2019, le ministère a prévu la construction de 26 centres de colonies de vacances dans le cadre d’un partenariat public-privé. Il s’agit de réaliser une nouvelle génération de colonies de vacances avec des critères internationaux. Ce chantier permettra au ministère de créer 20.000 lits supplémentaires, ce qui correspond à une moyenne de 100.000 bénéficiaires.

Mohamed CHAOUI

 

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