Régions

Automatisation du tri des déchets: Un centre pilote opérationnel à Fès

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5388 Le 08/11/2018 | Partager
Projet pilote au Maroc et en Afrique, il a coûté 54 millions de DH
Il est doté d’une capacité quotidienne de traitement de 300 tonnes
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D’un investissement de 54 millions de DH, le centre de tri automatique des déchets de Fès est équipé de la technologie allemande. «Il constitue une première au Maroc, en Afrique et dans le monde arabe», souligne Aziz El Badraoui (au milieu), PDG du groupe Ozone environnement et services (Ph. YSA)

Ozone environnement et services a inauguré, lundi dernier en grande pompe, son unité de tri automatique pour le traitement de déchets à Fès. «Il s’agit du premier centre du genre au Maroc et en Afrique. Le procédé retenu pour la valorisation des déchets repose sur le tri semi-automatique disposant d'une capacité journalière de 300 tonnes/jour pouvant atteindre 500 t, avec un double shift», confie Aziz El Badraoui, PDG du groupe Ozone, délégataire du secteur du ramassage des ordures et du nettoiement à Fès (et une cinquantaine de villes) et initiateur du projet. L’Economiste revient sur les particularités de ce projet pilote.

                                                                          

■ Tri et valorisation semi-automatique

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Développée sur une surface globale de 6 hectares, l’unité de tri et de valorisation des déchets de Fès est située dans la commune de Aïn Beida. «Elle a été réalisée grâce à un partenariat tripartite réunissant notre groupe, la BMCE, et la Commune de Fès», souligne El Badraoui. Equipé par les soins de professionnels allemands (un des leaders mondiaux dans le domaine de la valorisation des déchets et des énergies renouvelables), le centre a nécessité un investissement de 54 millions de DH. En effet, l’Allemagne est réputée pour être l’un des leaders mondiaux dans le domaine de la valorisation des déchets et des énergies renouvelables. A Aïn Beida, les machines installées permettent le tri et la valorisation des déchets semi-automatique. Elles permettent de répondre aux attentes du Programme national des déchets ménagers par le développement de la filière de tri, recyclage, et valorisation énergétique. Pour rappel, ce programme vise, à l’horizon 2022, à permettre à 350 villes et agglomérations urbaines de disposer de centres d’élimination et de valorisation des déchets, de fermer et de mettre à niveau quelque 220 décharges non contrôlées et de hisser le taux de collecte à 90%.

                                                                          

■ Impact environnemental et rentabilité

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«L’impact et la rentabilité de notre centre pilote vont au-delà de l’aspect environnemental et contribuent également au développement économique en garantissant la création de 50 emplois directs et 200 indirects avec des conditions respectant la santé et la sécurité au travail. De plus, au moins 32 chiffonniers vont intégrer l’effectif après formation», souligne le management du groupe Ozone. Et de poursuivre: «Les métiers des déchets s’orientent vers plus de valorisation et moins d’élimination». Car, le tri des déchets est un enjeu important pour les futures générations qui devront tout de même surmonter plusieurs aléas. A Fès, afin de valoriser le biogaz produit, un co-générateur est mis en place pour produire de l’électricité... et l’injecter dans le réseau de l’éclairage public.
Pour ce qui est du centre de tri, l’immense installation, implantée à la sortie de la ville, est meublée en double poste. Avec ses robots trieurs de déchets, ce centre répond à une multiplicité de règles et surmonte les obstacles qui freinent le recyclage des déchets.

                                                                          

■ Transformer les déchets en électricité

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«A travers cet investissement, nous voulons montrer simplement la rentabilité du projet, pas seulement économique et financière mais surtout, les autres aspects environnemental, emploi, valorisation, etc.», souligne le PDG d’Ozone. Ce dernier affiche clairement l’ambition d’étendre l’expérience de Fès à d’autres villes telles Bouznika et Benslimane. Notons que la valorisation énergétique consiste à transformer les déchets en électricité et/ou en chaleur. Elle est aujourd’hui la troisième source de production d’électricité alternative après l’hydraulique et l’éolien et la quatrième source de chaleur renouvelable après le bois, les biocarburants et les pompes à chaleur. Elle permet à la fois de réaliser des économies de combustibles de matières premières et de diminuer de 20% le prix du traitement des déchets urbains. Pour Fès et ses environs, Ozone assure quotidiennement la collecte de plus de 1.200 tonnes de déchets. Son unité de tri est, quant à elle, dotée d’une capacité de traitement de 300 tonnes extensible à 500 tonnes de déchets par jour et un taux de valorisation estimée à 28,2%. Pour l’initiateur du projet, «Les déchets collectés font l’objet d’un tri mécanique puis d’un affinage manuel par des trieurs. Les produits recyclables récupérés (carton, plastique, métal) seront réutilisés comme matière première par les industriels locaux, ou acheminés dans des sociétés spécialisées afin d’être recyclés».

                                                                          

■ Le succès du tri dépend de la sensibilisation des citoyens

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Le délégataire du ramassage des ordures qui a soufflé, en mai dernier, sa sixième année dans la ville a en effet lancé une nouvelle approche basée sur la collecte sélective des déchets. Son nouveau système de ramassage permettra de séparer les déchets par type. Ceux qui sont valorisables seront revendus et les déchets restants seront éliminés. Pour lui, le succès du tri dépendra aussi de l’interaction avec la population. Dans cette nouvelle approche, la sensibilisation reste la clé pour la réussite. A ce titre, des comédiens marocains encourageant le développement durable s’associent à cette action.
A noter que le tri depuis la maison permettra non seulement de générer des bénéfices supplémentaires, mais aussi de préserver les décharges. «Plus la quantité de déchets est minime, plus la durée de vie du site est longue», indique El Badraoui. Et de conclure «le principe du développement durable est axé sur les trois «R», «réduire», «réutiliser» et «recycler»».

Une saga marocaine

Créée il y a 10 ans avec un effectif de quatre techniciens de surface (femmes de ménage), Ozone se fraye, depuis quelques années, un chemin dans la gestion déléguée de la propreté publique. Multipliant les contrats dans le royaume, le groupe poursuit son expansion sur le continent. Il entend bousculer les grands acteurs du secteur grâce à sa politique de prix bas, des prestations d’une «qualité irréprochable» et une très bonne connaissance du terrain. Cette entreprise 100% marocaine, certifiée ISO 9001, ISO 14001 et OHSAS 18001, emploie aujourd’hui plus de 7.800 salariés au Maroc et en Afrique et dispose de plus de 1.000 engins. Par ailleurs, le groupe Ozone s’est vu attribuer la catégorisation fiscale «Classe A» par la Direction générale des impôts (DGI). Aussi, a-t-il décroché le Prix africain de développement dans le domaine de la gestion des déchets en 2017 et a reçu une attestation de reconnaissance pour sa contribution à la propreté de la ville de Laâyoune ayant obtenu le Prix de l’organisation des villes arabes pour la sécurité environnementale en 2015.

De notre correspondant permanent, Youness SAAD ALAMI

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