International

Iran: Trump rétablit de nouvelles sanctions

Par L'Economiste | Edition N°:5386 Le 05/11/2018 | Partager
Elles prendront effet dès lundi 5 novembre
Pétrole, banques… plusieurs secteurs visés

Six mois après avoir claqué la porte de l’accord sur le nucléaire iranien, les Etats-Unis ont confirmé qu’ils rétabliraient dès lundi 5 novembre de nouvelles sanctions contre Téhéran. Celles-ci visent plusieurs secteurs dont le pétrole et les banques. L’UE, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne (signataires de l’accord de 2015 censé empêcher les autorités iraniennes de se doter de la bombe atomique) ont aussitôt regretté cette décision.

L’été dernier avait vu le retour d’un premier train des mesures levées en 2015. Le second volet entrera en vigueur lundi. Il s’agit de sanctionner, en leur barrant l’accès au marché américain, tous les pays ou entreprises qui continueront d’acheter du pétrole iranien ou d’échanger avec les banques de la République islamique.

Beaucoup d’entreprises ont d’ores et déjà annoncé leur retrait, sans attendre la création éventuelle par l’Union européenne d’une entité censée permettre les transactions avec l’Iran, mais dont la mise en place s’avère complexe. Plusieurs secteurs (automobile, aéronautique, énergie, industrie ferroviaire et navale, pharmacie, tourisme..) sont concernés (voir aussi notre édition N° 5332 du 09/08/2018).

Huit pays (dont la liste sera connue lundi) seront toutefois autorisés à continuer d’acheter du pétrole iranien pendant au moins six mois supplémentaires. Car ils «ont fait preuve d’efforts importants pour ramener leurs importations de brut vers zéro». Les prix du pétrole ont perdu près de 15 dollars en moins d’un mois, après avoir culminé début octobre à leur plus haut niveau depuis deux ans et demi, avec un baril de Brent à plus de 85 dollars.

Le président américain Donald Trump répète qu’il est prêt à rencontrer les dirigeants iraniens pour négocier un accord global sur la base de 12 conditions américaines: «des restrictions beaucoup plus fermes et durables sur le nucléaire que le texte de 2015, jugé laxiste par Washington, mais également la fin de la prolifération de missiles et des activités jugées déstabilisatrices de Téhéran au Moyen-Orient (Syrie, Yémen, Liban...)».

Pour de nombreux experts, cette stratégie est encore compliquée par le récent refroidissement des relations avec l’Arabie saoudite à la suite du meurtre du journaliste Jamal Khashoggi. Riyad est un allié clé de Washington, qui espérait créer une Alliance stratégique au Moyen-Orient, réunissant les pays arabes du Golfe, l’Egypte et la Jordanie, afin de contrer l’Iran.

F. Z. T. avec agences

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