Régions

Fès-Mairie: Des projets à foison

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5385 Le 02/11/2018 | Partager
Zone industrielle, Technoparc, valorisation de la ville…
Deux milliards de DH seront mobilisés pour les concrétiser
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Driss El Azami El Idrissi appuie la création d’une CGEM unifiée entre Fès et Meknès. Le maire de la capitale spirituelle alerte quant à la dualité «nocive» entre les opérateurs des deux villes ancestrales. «Nous devons profiter de notre proximité pour réaliser le développement escompté» (Ph. YSA)

Driss El Azami El Idrissi veut rassurer les opérateurs économiques. Le maire PJD de Fès qui a annoncé le lancement imminent de plusieurs projets, a vivement défendu son action à la tête du conseil communal. C’était lors d’une rencontre, tenue mercredi dernier, à l’initiative de nos confrères d’Economie Entreprises. L’Economiste revient sur les principaux chantiers présentés par l’élu de la capitale spirituelle.

■ Tourisme, offshoring, industrie…en priorité
A mi-mandat, El Azami dit «avoir travaillé sur deux niveaux d’intervention» pour sortir Fès de son marasme économique et social. «D’abord, au niveau local, et avec le Conseil régional, nous tenons à renforcer l’attractivité de la ville et promouvoir le tourisme. Au niveau national, nous cherchons par tous les moyens à instaurer un environnement propice pour développer la région», souligne le maire. Pour le premier volet, les résultats du tourisme sont probants et Fès réalise une croissance à deux chiffres en termes d’arrivées et de nuitées. L’autre secteur qui a le vent en poupe est celui de l’offshoring. Lequel «verra incessamment le lancement de la 2e tranche du parc Fès Shore, déjà autorisée par la commune». Avec le secteur privé, la Commune travaille sur le lancement imminent d’une nouvelle zone industrielle de 80 ha, à Aïn Chegag, tout près de Fès. A terme, celle-ci pourrait être étendue sur 350 ha supplémentaires. «Elle sera dotée également d’une zone franche, avec l’appui du ministère de l’Industrie», confie Mohamed Berrada Rkhami, président de la CGEM Fès-Taza. Toutefois, pour le maire, «tout le défi est d’éviter la spéculation foncière et surtout offrir un foncier industriel au prix de 250DH/m²». Chose que le Parc industriel intégré (P2I) de Ras El Mae ne pouvait pas réaliser, «car il nécessitait une subvention de 200 millions de DH. Et c’est pour cette raison que le projet P2I a été abandonné». Mais par crainte,
El Azami a voulu redonner de l’espoir en appuyant « au niveau central, l’orientation des investissements publics et privés vers les différents territoires régionaux, y compris Fès-Meknès». Ceci se sentira davantage grâce à la réforme des CRI ainsi que l’instauration de la régionalisation avancée. «Ce n’est pas seulement un changement du statut des CRI qui est visé, mais plutôt un réel changement de modalités de prise de décision et de lutte contre la bureaucratie qui sera enclenché», affirme le président du groupe parlementaire PJD.

■ Prime à l’emploi, Technoparc, coût de la logistique…
Les entreprises installées à Fès Shore bénéficient d’une contribution de l’Etat à concurrence de leur CA réalisé à l’export. Ceci, de sorte à ce que la charge de l’impôt sur le revenu soit plafonnée à 10% du montant des revenus bruts imposables par individu, outre une prime à l’emploi. «Celle-ci est accordée par les Conseils régional et communal, et MedZ», rappelle El Azami. Selon une convention liant les trois partenaires, l’objectif est d’encourager la création d’emplois dans la zone de Fès Shore. La Région Fès-Meknès et la Commune de Fès s’engagent à accorder une aide financière de 6.000 DH pour chaque emploi créé dans le secteur. Le montant total de la subvention allouée est de 12 millions de DH. De son côté, MedZ, la filiale de la CDG, s’engage à ouvrir un compte spécial à la Trésorerie Générale du Royaume (TGR), afin de verser la subvention à toute entreprise bénéficiaire, à signer un accord spécial avec les entreprises désireuses de bénéficier de la subvention et à prendre toute mesure en liaison avec cet accord, à la demande de la Région ou de la Commune. Par ailleurs, El Azami annonce la réalisation d’un projet de Technoparc à Fès dont les gros œuvres sont réalisés et «la finition sera bientôt amorcée». «Ce projet vise la création de startups et l’accompagnement des entreprises», explique-t-il. En outre, pour les autres industries, l’Etat devrait prendre en charge le surcoût de la logistique (le transport notamment) afin d’encourager les investissements dans les zones loin des ports. «Cette disposition figurant dans la loi de finances de 2018, attend toujours son décret d’application», regrette le maire.

■ Grands axes, quartiers sous-équipés, médina…
«Nous avons 2 milliards de DH de projets prévus», souligne El Azami. Ainsi, la réfection des grands axes et la mise à niveau des quartiers sous équipés, d’un montant global d’un milliard de DH, sont confiées à Al Omrane, dans le cadre d’une maîtrise d’ouvrage déléguée.
Ce volet sera financé principalement par les ressources du ministère de l’Intérieur et du ministère de l’Habitat. Il sera exécuté, sous la supervision de la Commune qui assurera le suivi de tous les projets. «Il suivra tous les détails que ce soit le choix des projets et leur priorisation, ou bien la mise en œuvre des projets, le suivi et le contrôle des chantiers», renchérit le maire. Le 2e axe, selon lui, concerne la valorisation du patrimoine historique de la médina. S’inscrivant dans le cadre d’un projet royal, ce chantier nécessitera également près d’un milliard de DH (2018-2022).
Sa réalisation est menée par l’Agence pour le développement et la réhabilitation de la médina (Ader-Fès). Ce programme, adopté lors de la session communale, mobilisera près de 583 millions de DH pour l’axe relatif à la valorisation et 400 millions de DH pour l’aménagement des parkings. Globalement, ce chantier vise la restauration et la restructuration des ouvrages touristiques et la dynamisation de l’activité commerciale (Drazate, Foundouks…) et économique de la ville outre la réhabilitation des infrastructures de l’ancienne médina et le renforcement de son attractivité. Y participent notamment les ministères de la Culture et des Habous.

De notre correspondant permanent, Youness SAAD ALAMI

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