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Le thermomètre de la conjoncture: Inflation en hausse, chômage au plus bas…

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5385 Le 02/11/2018 | Partager
Les risques s’amplifient sur la croissance
La BCE peaufine ses instruments monétaires
L’analyse de Natixis
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Au troisième trimestre 2018, la croissance a nettement ralenti dans la zone euro. Pour de nombreuses institutions internationales comme le FMI, les tensions commerciales pourraient faire chuter les prévisions. Les chiffres sur le chômage demeurent extrêmement variables

La reprise de la croissance n’est pas solide, l’inflation s’est approchée de l’objectif fixé par la BCE et le chômage poursuit sa baisse. C’est le constat d’Eurostat qui vient de publier ses récents indicateurs. En effet, le taux d’inflation annuel de la zone euro est estimé à 2,2% en octobre 2018, contre 2,1% en septembre, selon une estimation rapide publiée par l’Office statistique de l’Union européenne.

S’agissant des principales composantes de cette inflation, l’énergie devrait connaître le taux annuel le plus élevé en octobre (10,6%), suivie de l’alimentation, alcool & tabac (2,2%), des services (1,5%) et des biens industriels non énergétiques (0,4%). Pour la Banque centrale européenne, une inflation annuelle très légèrement inférieure à 2% sur un an est considérée comme un signe de bonne santé de l’économie. La BCE a confirmé récemment l’abandon progressif de son vaste soutien à l’économie, malgré les risques pesant sur la conjoncture.

Globalement, l’institution a jugé comme les mois précédents que les risques sur l’économie demeurent équilibrés, affichant sa sérénité face au protectionnisme, aux fragilités des marchés émergents et à la volatilité des marchés financiers. L’institution avait confirmé ses indications de juin et réaffirmé sa décision d’arrêter fin décembre les achats nets d’actifs sur le marché ou «QE, assouplissement quantitatif», un programme déjà limité à 15 milliards d’euros d’achats par mois depuis octobre. Les taux directeurs ont été maintenus au plus bas et le resteront au moins jusqu’à l’été 2019, une échéance qui sera progressivement précisée l’an prochain.

«Le niveau élevé du risque européen a les effets attendus sur les marchés financiers de la zone euro (faiblesse du marché des actions, ouverture des primes de risque, faiblesse de l’euro)», indiquent les experts de Natixis dans une note économique. Il faut souligner qu’il est favorable aux Etats-Unis: «le transfert des capitaux de la zone euro vers ce pays lui facilite le financement du déficit public et du déficit extérieur, fait progresser le marché des actions, évite la dépréciation du dollar…».

Il est à rappeler que les difficultés ponctuelles de l’industrie automobile allemande et l’activité stagnante en Italie ont pesé au troisième trimestre sur la croissance économique de la zone euro (voir aussi notre édition N° 5383 du mercredi 31 octobre 2018).

Celle-ci progresse à son rythme le plus faible en quatre ans, suscitant un certain pessimisme. L’activité des 19 pays ayant adopté la monnaie unique n’a crû que de 0,2% entre juillet et septembre (0,3% dans l’ensemble de l’UE). Ce chiffre marque une rupture avec les deux premiers trimestres de l’année, où le Produit intérieur brut (PIB) avait coup sur coup progressé de 0,4%.

«Nous sommes en crise financière…»

Baisse du volume des exportations due aux tensions commerciales, incertitudes liées aux négociations du Brexit, avaient poussé la Commission européenne à revoir à la baisse dès juillet sa prévision de croissance pour 2018, à 2,1%. Un chiffre qui paraît désormais compliqué à atteindre. Bruxelles doit présenter le 8 novembre ses nouvelles prévisions économiques.

«On s’interroge souvent sur le risque qu’une nouvelle crise financière globale apparaisse. Mais en réalité, cette crise est déjà présente», indiquent les experts de Natixis. Celle-ci est due à plusieurs facteurs:  «dépréciation forte des devises des pays émergents depuis le début de 2018, recul des cours boursiers, particulièrement en Chine, pour les banques européennes, mais en réalité global».

Ces chocs financiers, «qu’on peut appeler une crise financière, vont freiner la croissance des pays émergents, de la Chine, de l’Europe. Ils peuvent être attribués à une hausse de l’aversion pour le risque liée: aux grandes difficultés de certains pays émergents (Turquie, Argentine), aux politiques protectionnistes, qui ont surtout l’effet de créer une forte incertitude en Chine, sur la croissance mondiale et la crise italienne, qui se transmet à l’ensemble des banques européennes». Pour les experts de Natixis: «Il faut réviser à la baisse les hypothèses de croissance, car cette crise aura des conséquences négatives sur elle».

Eurostat a également communiqué les chiffres du chômage qui demeurent très variables. Dans la zone euro, le taux s’est établi à 8,1% en septembre 2018, stable par rapport à août 2018 et en baisse par rapport au taux de 8,9% de septembre 2017. Cela demeure le taux le plus faible enregistré depuis novembre 2008.

Dans l’UE28, le taux s’est établi à 6,7% en septembre 2018, stable par rapport à août 2018 et en baisse par rapport au taux de 7,5% de septembre 2017. Il s’agit du taux le plus faible enregistré dans l’Union depuis le début de la série mensuelle sur le chômage en janvier 2000.

Sur un an, le taux de chômage a baissé dans ving-sept Etats membres et est resté stable en Estonie. Les baisses les plus marquées ont été observées à Chypre (de 10,2% à 7,4%), en Croatie (de 10,5% à 8,2%), en Grèce (de 20,9% à 19,0% entre juillet 2017 et juillet 2018), au Portugal (de 8,5% à 6,6%) et en Espagne (de 16,7% à 14,9%).

Le chômage des jeunes

Eurostat s’est également intéressé au profil des chômeurs. En septembre 2018, 3,333 millions de jeunes de moins de 25 ans étaient au chômage dans l’UE, dont 2,403 millions dans la zone euro. Par rapport à septembre 2017, le nombre de jeunes chômeurs a diminué de 385.000 dans l’UE et de 212.000 dans la zone euro. Il y a trois mois, le taux de chômage des jeunes s’est établi à 14,9% dans l’UE28 et à 16,8% dans la zone euro, contre respectivement 16,5% et 18,3% en septembre 2017. Les taux les plus faibles ont été observés en Tchéquie et en Allemagne (6,3% chacune) ainsi qu’aux Pays-Bas (7,5%). Tandis que les plus élevés ont été enregistrés en Grèce (37,9% en juillet 2018), en Espagne (34,3%) et en Italie (31,6%).

F. Z. T.

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