Entreprises

Wifi: Les campus universitaires toujours débranchés

Par L'Economiste | Edition N°:5379 Le 25/10/2018 | Partager
Le projet Net-U annoncé début 2016 peine à démarrer
Il prévoyait de couvrir tous les établissements pour près de 120 millions de DH
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En attendant l’aboutissement du programme Net-U, les étudiants n’ont qu’à prendre leur mal en patience. Or, aujourd’hui, le wifi s’impose parmi les services les plus élémentaires dans l’enseignement, surtout pour les millennials (Ph. Libre de droits)

Annoncé en grande pompe il y a près de trois ans, le programme Net-U, censé équiper toutes les universités publiques du wifi, n’a finalement pas abouti. L’ancien ministre de l’Enseignement supérieur, Lahcen Daoudi, s’enthousiasmait pour ce projet d’envergure, auquel un budget de près de 120 millions de DH avait été alloué. Mais depuis, Net-U s’est perdu dans les dédales de l’administration.

Le marché public de ce programme a bel et bien été lancé, et plusieurs opérateurs y ont soumissionné. Toutefois, très peu ont pu répondre aux spécifications du cahier des charges imposé. Le ministère, qui souhaitait faire les choses correctement en s’appuyant sur des sociétés hautement performantes, a peut-être trop corsé ses conditions. L’appel à projets a finalement été infructueux. Et comme la finance publique est un processus qui tourne au ralenti, reprendre l’opération nécessite beaucoup de temps.

Net-U n’a, cependant, pas été abandonné. Le ministère est en train de revoir son cahier des charges afin de lever tous les blocages. En attendant, le «retard numérique» des universités publiques s’aggrave. «Chaque université peut financer elle-même ce service, puisque la technologie est aujourd’hui à la portée de tous», relève le président de l’université Hassan II de Casablanca, Driss Mansouri.

«Nous avions notre propre projet de connexion wifi, mais comme le ministère avait lancé ce programme national, nous avons préféré attendre la conclusion du marché», poursuit-il. L’université Hassan II n’a donc pas ouvert de marché groupé pour l’ensemble de ses établissements. Ce qui lui aurait permis de réaliser des économies d’échelle et d’harmoniser les technologies utilisées. Certains de ses établissements ont lancé des initiatives mais elles restent insuffisantes.  

Les étudiants n’ont donc qu’à prendre leur mal en patience. «Nous n’avons pas d’accès wifi à la cité universitaire. Si ce n’est un faible débit à la buvette qui est pratiquement inutilisable. A la faculté, il n’y a aucune connexion non plus», témoigne une étudiante de la faculté des sciences Aïn Chock de Casablanca. Comment donc avancer dans la recherche, profiter de Mooc (Massive open online courses), ou innover en matière d’approche pédagogique (pédagogie inversée) sans connexion haut débit dans les espaces d’enseignement?  

En matière de connexion internet, fixe ou mobile, le Maroc, à l’instar de l’ensemble de la région Mena, accuse un sérieux retard. La région affiche le plus faible débit par abonné au monde, selon la Banque mondiale.
A l’ère du digital et de l’intelligence artificielle peut-on encore se passer du wifi dans l’enseignement supérieur?!

 

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