Entreprises

Gestion d’actifs: Un potentiel de diversification encore inexploité

Par L'Economiste | Edition N°:5379 Le 25/10/2018 | Partager
Il faut sortir des produits et stratégies de placement classiques
Les gestionnaires d’actifs doivent innover dans un marché peu diversifié
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Ouafae Mriouah, DGA en charge du pole Investment Management chez CDG Capital: “Les gestionnaires d’actifs peuvent et doivent capitaliser sur leur proximité avec les investisseurs pour mieux comprendre leurs besoins spécifiques et les traduire en stratégies de gestion plus personnalisées” (Ph. CDG Capital)

Organisée par CDG Capital, la seconde édition de l’Investment Management Forum qui s’est tenue hier a permis d’apporter des éclaircissements sur les nouvelles solutions d’investissements face aux défis de la gestion institutionnelle. L’occasion également de comparer la gestion active des portefeuilles d’investissement et la gestion passive. Ouafae Mriouah, DGA en charge du pole Investment Management chez CDG Capital revient sur l’évolution du métier de gestionnaire d’actifs ainsi que sur le rôle qu’il doit jouer dans le développement du marché de capitaux  

- L’Economiste: Quelle analyse faites-vous de la croissance soutenue du marché de la gestion OPCVM au cours des dernières années?
- Ouafae Mriouah:
En effet, les encours OPCVM ont connu une évolution remarquable avec  une croissance annuelle  moyenne de plus de 10% sur les dernières années. Ils se chiffrent actuellement à près de 423 milliards de DH, soit plus de 40% du PIB. Les OPCVM sont désormais, aux côtés du système bancaire, un acteur majeur dans le financement de l’économie. Cette tendance est d’abord expliquée par l’effet mécanique de croissance des marchés financiers, en particulier le marché actions qui a cumulé des performances très positives en 2016 et 2017. Mais elle tient surtout aux injections opérées par de grands institutionnels de la place qui continuent de réaliser une collecte nette positive de l’épargne.
De manière plus globale, nous constatons une professionnalisation du marché ayant renforcé la tendance de délégation du service de la gestion d’actifs, autrefois très fortement internalisée.

- Cette évolution n’est-elle pas paradoxale avec le contexte des marchés financiers, plutôt atone? Quels sont les enjeux de votre industrie dans ce contexte?
- Elle peut paraître paradoxale dans le sens où la gestion d’actifs, de par le monde, a accompagné l’élargissement des marchés financiers et la sophistication des produits offerts aux clients investisseurs en réponse à leurs besoins, à la fois standards et spécifiques.
Sur le marché financier marocain, bien que les sous-jacents restent encore limités, que les produits dérivés tardent à être mis en place, et que même les marchés traditionnels arrivent à saturation, la gestion d’actifs continue d’afficher des niveaux de collectes intéressants.
Les gestionnaires d’actifs sont alors amenés à résoudre la difficile équation de création de valeur ajoutée au profit de leurs clients dans un marché financier étroit, à faible liquidité, où les marges de manœuvre et les possibilités de différenciation tendent à se réduire.

- Les gestionnaires d’actifs devraient-ils jouer pour contribuer au développement des marchés des capitaux?
- Le marché des capitaux et celui de la gestion d’actifs sont structurellement interdépendants. Un marché financier dynamique est indispensable pour une diversité des produits et stratégies offerts par les gestionnaires d’actifs. Et inversement. C’est cette même diversité qui crée, sur les marchés financiers, des besoins différents, à l’origine d’un flux transactionnel important.
Les gestionnaires d’actifs peuvent et doivent capitaliser sur leur proximité avec les investisseurs pour mieux comprendre leurs besoins spécifiques et les traduire en stratégies de gestion plus personnalisées. Malgré sa croissance en volume, le marché de la gestion n’exploite pas pleinement son potentiel de diversification, en restant encore très cantonné  dans des produits et stratégies classiques à dominantes benchmarkées.
Ils devraient par ailleurs accompagner les efforts de mise en place de nouveaux instruments et produits par l’identification des solutions les plus adaptées, apportant des réponses réelles à leurs problématiques de gestion, notamment la couverture des risques.

Un savoir-faire made in CDG Capital

«Nous avons toujours mis cette notion de valeur ajoutée au centre de nos préoccupations, pour essayer d’approfondir sa compréhension, sa faisabilité, sa perception, sa mesure et son impact réel sur le client final», assure Ouafae Mriouah, DGA en charge du pole Investment Management chez CDG Capital. Elle souligne que la société de gestion d’actifs qu’elle chapeaute mène en permanence une réflexion profonde sur le besoin réel de sa clientèle en l’accompagnant dans la construction d’une offre de gestion adaptée à ses vrais objectifs et ses contraintes. Ce qui mène à l’adoption de benchmarks adossés à des portefeuilles gérés avec des objectifs de performance et une tarification adéquate. Pour y parvenir, «nous établissons des stratégies claires, en précisant leurs horizons de constatation, et surtout la nature et l’ampleur des risques tolérés». Cela se traduit concrètement par une gestion ayant  «un impact positif réel sur la situation financière des clients».

Propos recueillis par Moulay Ahmed BELGHITI

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