Politique

Chambre des conseillers: Benchamach rempile

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5373 Le 17/10/2018 | Partager
Une large victoire face au candidat du PJD
Nouveau coup dur à la cohésion de la majorité
L’Istiqlal opte pour l’abstention à cause de «l’ambiguïté des positionnements»
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Réélu à la tête de la Chambre des conseillers, avec une large différence de voix par rapport à Nabil Chikhi, Hakim Benchamach a insisté dans ses premières déclarations sur l’importance de l’action collective et de la logique de consensus. En face, le PJD, dont le candidat n’a pas été soutenu par les autres groupes de la majorité, semble de plus en plus isolé au sein de sa coalition (Ph. Bziouat)

Sans surprise, Hakim Benchamach a été reconduit pour un nouveau mandat à la tête de la Chambre des conseillers. Il a obtenu 63 voix sur les 91 exprimées. Son seul adversaire, Nabil Chikhi, candidat du PJD, n’a eu que 19 voix. Parallèlement, 9 bulletins ont été annulés et 28 conseillers se sont abstenus. Il s’agit essentiellement des membres du groupe de l’Istiqlal à la 2e Chambre.

Le parti de la balance avait déjà annoncé sa position par rapport aux élections de renouvellement des instances de la Chambre des conseillers à mi-mandat. Le PI, qui avait décidé de ne pas présenter un candidat, a préféré prendre ses distances par rapport à cette opération.

Sa direction a expliqué cette position par le fait que «la concurrence électorale saine ne concorde pas avec des pratiques et alliances qui vont à l’encontre de la consécration d’une démocratie basée sur le pluralisme, avec des choix clairs et des programmes convaincants, à même de donner lieu à des positionnements clairs et logiques».

Au vu des résultats des élections qui se sont soldées par le maintien de Benchamach à la présidence de la Chambre des conseillers, la cohésion de la majorité semble mise à rude épreuve. En dépit des déclarations rassurantes d’El Othmani sur l’homogénéité de la coalition qu’il dirige, les faits sur le terrain mettent à nu la fragilité de cette alliance. Nabil Chikhi, candidat du PJD qui dirige la majorité, n’a obtenu que les voix des conseillers de son parti et de son bras syndical (UNTM).

Les autres composantes de la majorité ont plutôt voté en faveur de Benchamach, représentant de la 1re force de l’opposition à la 2e Chambre. Le PJD, qui n’avait pas réussi à convaincre ses alliés à s’unifier autour d’un candidat, avait préféré la fuite en avant. Lors de la dernière réunion du secrétariat général, tenue le week-end dernier, cette formation a décidé d’approuver la candidature de Chikhi.

Cela, à cause de «l’absence d’un accord au sein de la majorité sur une candidature commune, et vu qu’un seul candidat s’est présenté à ce poste, en contradiction avec les règles de la concurrence démocratique», selon le communiqué publié par ce parti à l’issue de cette réunion.

Un nouveau coup dur pour le parti d’El Othmani, qui se retrouve isolé au sein de la majorité qu’il dirige. Cette formation, déjà fragilisée par des luttes intestines, se dirige en rangs dispersés vers les prochaines élections. Les divergences au sein de la majorité risquent également de peser sur les performances du gouvernement lors de la prochaine période, au moment où les chantiers stratégiques lancés nécessitent une mobilisation générale et une homogénéité de l’équipe gouvernementale.

Après la réélection du président de la Chambre, les conseillers devaient poursuivre le renouvellement des autres instances, en conformité avec l’article 63 de la Constitution. Il stipule que «le président de la Chambre et les membres du bureau, ainsi que les présidents des commissions permanentes et leurs bureaux, sont élus en début de législature, puis au terme de la moitié de la législature».

Ses priorités

Reconduit pour un nouveau mandat à la tête de la Chambre des conseillers, Hakim Benchamach veut jouer un rôle de «rassembleur». Juste après son élection, il a insisté sur «la nécessité d’œuvrer de concert avec toutes les composantes de la Chambre, dans une logique de consensus et de coopération». Il a mis l’accent sur l’importance de «l’action collective pour mener les chantiers stratégiques comme l’élaboration du nouveau modèle de développement, l’accélération du processus de régionalisation, la mise en place d’une stratégie intégrée pour les jeunes». Benchamach a fixé les priorités de la prochaine période. Il s’agit de la justice sociale et territoriale, la relance de l’économie, la reformulation du cadre référentiel des politiques publiques relatives aux ODD. Au niveau du fonctionnement interne de la 2e Chambre, il a promis une «gestion efficace de la chose parlementaire, la modernisation de l’administration de la Chambre et le renforcement des acquis sociaux».

 

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