Société

Chasse: Le poids économique se confirme

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5365 Le 05/10/2018 | Partager
Il est estimé à 1,18 milliard de DH par saison de chasse
L’investissement privé s’élève à 265 millions de DH
L’économie solidaire et sociale se propage
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Source : Haut commissariat aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification

Les recettes de la chasse sont en hausse de 87% pour s’établir à 43,4 millions de DH la saison écoulée contre 23,2 millions en 2007-2008. Cela s’explique principalement  par l’augmentation du nombre de chasseurs et des recettes générées par l’amodiation du droit de chasse

Le Haut commissariat aux eaux et forêt veille à l’organisation des territoires de chasse. Ainsi, dans le but de la reconstitution du gibier et de la conservation de la faune sauvage et de la biodiversité, un nouveau jeu de réserves pour la période 2018-2021 a été mis en place. Deux catégories de réserves ont été distinguées. La première représente les réserves permanentes qui constituent des espaces où la chasse est interdite, d’une façon régulière pour toutes les espèces. Celles-ci couvrent une superficie de 13,1 millions d’hectares. Les territoires des provinces du Sud y sont également classés. La deuxième concerne les réserves temporaires qui sont des territoires où la chasse est interdite pendant une période. Elles sont réparties, d’une manière équilibrée, en deux jeux: A (13,3 M ha) ouvert à la chasse  et B (13,4 M ha) fermé à la chasse durant la même période et vice versa. A côté de 430 secteurs forestiers assurant l’encadrement de proximité des différents territoires de chasse, 16 unités de surveillance et de contrôle de la faune sauvage parmi 24 unités créées ont été affectées dans différentes régions du Royaume. Ces unités, qui agissent sous la responsabilité hiérarchique des directeurs régionaux des Eaux et Forêts, sont chargées de la lutte contre le braconnage et du suivi des populations de gibier et de la faune sauvage.

Outil de développement local

Pour Abdeladim Lhafi, «le secteur cynégétique revêt actuellement une place de choix sur les plans socio-économique, environnemental, culturel et récréatif, mais également en raison de son intégration réelle aux plans de développement du pays qui visent à améliorer les conditions de vie des populations concernées». En effet, la chasse est non seulement une pratique de gestion rationnelle des populations de gibier, mais également un outil de développement local dans la mesure où plusieurs secteurs parallèles tirent profit de cette activité. C’est le cas notamment des équipements de chasse, des armuriers, du transport, de l’hôtellerie, la restauration et des unités de production de gibiers d’élevage. Il participe également au développement régional et à l’amélioration des recettes de l’État. Cela se fait à travers la création d’emplois en milieu rural (955.000 journées de travail permanentes et 213.000 journées temporaires). Le secteur génère des recettes annuelles de plus de 43 millions de DH au profit du Fonds national de la chasse et de la pêche continentale. L’investissement privé s’élève à 265 millions de DH. Ce qui fait dire à Abdeladim Lhafi que le poids économique du secteur est estimé à 1,18 milliard de DH par saison de chasse, versé par plus de 79.000 chasseurs.
Aussi, cette activité connaît une dynamique sociale en plein essor, dont le support principal est la société civile. Actuellement, le nombre d’associations cynégétiques légalement constituées est estimé à plus de 1.500 dont 870 disposent de lots de chasse amodiée. Ces associations participent activement à la gestion des territoires de chasse à travers des investissements en matière de réalisation des actions d’aménagement cynégétique. Le montant moyen investi annuellement est de 190 millions de DH dont 30% réservé à l’effort de repeuplement des territoires de chasse, en vue d’assurer le développement de certaines espèces de gibier. A ce montant s’ajoute l’investissement annuel des sociétés de chasse touristique qui s’élève à 70 millions de DH.
Cet investissement développe un esprit de solidarité et génère en même temps une économie sociale et solidaire qui s’illustre dans l’hébergement et la restauration chez l’habitant, la commercialisation des produits du terroir… Par ailleurs, ce secteur constitue, à travers les initiatives développées et les modes de gestion des ressources cynégétiques établis par le Haut commissariat aux eaux et forêts, le noyau d’une politique de développement durable. Celle-ci concilie à la fois l’impératif de l’essor économique local et la nécessité du respect des équilibres naturels des écosystèmes et de la biodiversité.

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