Régions

Marrakech: Le gouvernement n’a pas convaincu

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5257 Le 23/04/2018 | Partager
Une armada de ministres et de promesses, mais rien de concret
Autoroute Marrakech/Sraghna/ Safi, station solaire, offshoring…
A noter l’absence remarquée du département du Tourisme
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Le chef du gouvernement Saâdeddine El Othmani, accompagné d’une quinzaine de ses ministres, s’est arrêté samedi 21 avril à Marrakech pour écouter les opérateurs, diagnostiquer les besoins et tenter d’y répondre. Mais visiblement, personne n’y croyait (Ph. Mokhtari)

Après Drâa-Tafilalet, Khénifra-Beni-Mellal, Fès-Meknès et l’Oriental, le chef du gouvernement Saâdeddine El Othmani, accompagné d’une quinzaine de ses ministres, s’est arrêté samedi 21 avril à Marrakech.

Dans la délégation, Aziz Akhannouch, ministre de l’Agriculture et de la Pêche maritime, Aziz Rabbah, ministre de l’Energie,  des Mines et du Développement durable, Abdelkader Amara, ministre de l’Equipement, Anas Doukkali, ministre de la Santé… L’absence remarquée du ministre du Tourisme, Mohamed Sajid, a suscité des spéculations. Une grande partie des projets annoncés concerne le tourisme.

Cette tournée initiée en 2016 par le chef du gouvernement devait, pour son étape de Marrakech, faire le point sur les projets économiques lancés dans la région et asseoir l’esprit de la régionalisation avancée dans la gestion des services publics et le pilotage de l’investissement. «Il ne sera plus question d’attendre qu’un projet fasse des allers-retours entre la région et les départements ministériels à Rabat», déclare le chef du gouvernement.

Dans son allocution, El Othmani a insisté sur l’instauration d’un contrat-programme qui liera désormais l’Etat à chacune des 12 régions. L’autre objectif de cette visite était de traiter les difficultés qui entravent la mise en œuvre des projets d’infrastructure socioéconomiques.

Les opérateurs qui ont participé à cette rencontre ont été triés sur le volet. Seules les grandes entreprises ont été conviées. Sur la forme, la rencontre avait tout d’un rendez-vous exceptionnel avec la présence de plusieurs ministres. Mais au final, elle s’est avérée maigre.

Le chef du gouvernement  a avancé que 150 projets sont en cours de réalisation dans la région Marrakech-Safi pour un coût global de 15 milliards de DH sans préciser lesquels, et 100 autres en programmation. «De la poudre aux yeux», a tempêté un acteur local présent dans la salle. «Nous n’avons jamais entendu parler de certains de ces projets et s’ils existent réellement, ils méritent d’être mieux présentés», corrige Youssef Mouhyi, élu à la Chambre des conseillers.

Il s’agit, entre autres, d’une autoroute de 383 kilomètres qui devra relier Marrakech/Kelaât Sraghna et Safi pour un investissement de près de 14 milliards de DH. Un autre projet présenté concerne la station solaire  à Safi pour un investissement de 24 milliards de DH.

De son côté, le président de la région, Ahmed Akchichen a présenté son programme de développement régional qui fixe un objectif de hausse de 50% de la contribution au PIB à horizon 2022 autour de filières innovantes, comme la transition énergétique, l’agriculture durable,  les industries chimiques et portuaires...  (cf. L’Economiste du 29 novembre 2017).

Ce programme, qui se décline en 60 projets pour un investissement total de plus de 17 milliards de DH, a été adopté en 2017. Il attend toujours l’approbation du ministère de l’Intérieur et  l’implication des autres départements. 

Dans le tourisme, parmi les projets structurants, un parc d’exposition, une des plus grandes attentes des professionnels et qui souhaitent disposer d’infrastructures capables d’accueillir des opérations d’envergure, comme l’a rappelé Hamid Bentahar, président du Conseil régional du tourisme. Les études ont été réalisées, le foncier identifié et les partenaires mobilisés.  A Essaouira, l’urgence est l’aérien et le renforcement  des dessertes, insiste Redwane Khan, président du CRT.

Mezouar poursuit son marathon

Les opérateurs économiques étaient très sollicités samedi dernier. Après la rencontre avec le gouvernement, ils ont enchaîné avec Salah-Eddine Mezouar et son binôme Faycal Mekouar  en campagne pour briguer la présidence de la CGEM. «Nous ne sommes pas venus avec un programme figé, mais nous voulons une démarche inclusive et pragmatique, et écouter les propositions des opérateurs de la région», insistent-ils.  Pour Mezouar, le modèle économique et social actuel a connu ses limites, il faut le redéfinir. «Les PME et les TPE qui peuvent devenir, grâce à l’écoute et des actions ciblées, la locomotive de croissance du pays». Un discours que les opérateurs locaux entendent bien. Ils souhaitent notamment que les prochains présidents sortent des sentiers battus et que la CGEM ne reste plus un club casablancais. Le deuxième tandem candidat à la présidence du patronat Hakim Marrakchi et Assia Benhida seront attendus à Marrakech mercredi 25 avril.

De notre correspondante permanente, Badra BERRISSOULE

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